Le Spiel des Jahres 2026 est…
Comme tous les ans, le jeu de l’année allemand, le Spiel des Jahres, est remis au coeur de l’été. Comme tous les ans, on a des surprises sur qui est sélectionné et qui est lauréat. Cette année, le jury profite de la BerlinCon, convention annuelle berlinoise, pour annoncer les gagnants de ce prestigieux prix.
Pour rappel, le Spiel des Jahres est sélectionné par un jury salarié mais indépendant, financé par l’apposition du logo SDJ sur les boîtes lauréates et sélectionnées. L’association gérant le SDJ n’est pas employée Merz Verlag, la société organisant (notamment) les foires d’Essen et de Nuremberg (bien que Carol Rapp, l’organisatrice d’Essen, soit venue remettre le Kennerspiel des Jahres). En fin de printemps sont annoncés des nommés et une long list (les “recommandations” qui ont attiré l’oeil du jury mais sont passés sous les fourches caudines). Ce statut salarié mais indépendant et ces recommandations sont des différences notables avec l’As d’Or remis lors du Festival international des jeux de Cannes.
Les jeux éligibles doivent être parus l’année précédant le prix (jusqu’à mars-avril) en boutique et en langue allemande, ce qui explique certains décalages, comme par exemple Fantasy Realms, nommé des années après la publication française, et encore plus après l’américaine.
Le Kinderspiel des Jahres est… L’ïle des Mookies !

Ce qu’on pense de la sélection : pas d’auteur allemand ici ! Avec un doublé pour Florian Sirieix (bravo à lui, un beau doublé avec l’As d’Or !). Verflixt Verzaubert n’est autre que Mimose & Sam par chez nous. Cet opus, ainsi que Boo Party, sont des jeux asymétriques pour enfants, ce n’est pas si commun et c’est bien notable !
Le Kennerspiel des Jahres est… Rebirth !

Ce qu’on pense de la sélection : une sélection qui souffle le chaud et le froid, avec de l’innovant (Moon Colony Bloodbath), du classique on-ne-peut-plus-classique (Rebirth, que l’on trouve toutefois tout à fait méritant), et de l’hybride (avec Boss Fighter QR, qui a divisé par chez nous, certains le trouvant intéressant, quand d’autres, fade). Reiner Knizia nous a bien sûr fait l’honneur de son déguisement habituel, avec un costume à tartan. Tous les auteurs avaient déjà été lauréats (Palm & Zach pour Dorf Romantik, Vaccarino pour Dominion et Kingdom Builder, et Knizia pour Keltis).
Le Spiel des Jahres est…Dito !

Ce qu’on pense de la sélection : tout droit venu d’Indonésie, Dito (JinxO pour sa version internationale) est un peu la surprise sortie de derrière les fagots, le jeu qu’on n’aurait pas pu voir venir même si on avait essayé très dur. Il semble classique dans son procédé, avec un potentiel à la Just One, mais nous ne l’avons pas encore essayé. Première nomination pour un auteur de l’hémisphère Sud (à part l’Australie et la Nouvelle-Zélande ! Un classicisme que l’on retrouve aussi du côté de Morty Sorty Magic Shop, un jeu de tableau avec un score peu original (mais avec le foufou Markus Slawitscheck aux manettes). L’originalité vient plus de Cozy Stickerville : peu de jeux narratifs parviennent jusque-là.
Les jurés ont remercié les auteurs, illustrateurs, éditeurs, pour créer les jeux d’aujourd’hui et de demain ; « We see you », a dit la jurée et présentatrice Maren Hoffmann, comme pour désinvisibiliser les petites mains derrière les jeux. Un hommage d’ailleurs a été fait à Reinhold Wittig, auteur de jeux et signataire du dessous de verre à l’origine de la SAZ, la société allemande des auteurs de jeux de société, et décédé ce mois d’avril.
Il y avait 570 jeux à analyser pour le jury, soit +50% par rapport à l’année précédente.
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