Kraken Attack : Le jour des Tentacules !

Je me souviens enfant avoir lu les aventures de Jules Verne (en bande dessinée). Je me remémore encore le combat épique contre le calamar géant. Ça tombe bien ! Kraken Attack propose à quatre pirates en culottes courtes (dès 7 ans) de renvoyer dans les fonds marins le terrible Bikolor (rien qu’à l’évocation de son nom, on frisonne non ?). Kraken Attack c’est une création de Antoine Bauza aidé par son fils Esteban Bauza. Une sorte de Tower defense à destination des enfants, par le papa de Ghost Stories, moi qui suis fan de ce dernier datant de 2008, il n’en fallait pas plus pour m’embarquer.

 

 

Tout le monde sur le pont, souquez les artimuses !

Les enfants ! Astrid, Samuel, Elena et Billy se retrouvent dans une sale posture : leur bateau est pris en tenaille par les tentacules du Kraken… Cependant ils ne manquent pas de ressources pour faire reculer cette menace : sabre, boulets de canon et pistolet. Attention toutefois à ne pas céder aux assauts du kraken, quand un tentacule traverse la coque, le bastingage n’y survit pas. Au prochain assaut, le tentacule va fracturer le pont et un bateau percé, ça ne flotte pas super bien !

On retrouve un peu ici la mécanique de Ghost Stories que j’apprécie tant. D’abord, on réalise l’action du « mal » (ici, le Kraken), en lançant les dés de couleur qui font avancer les tentacules inexorablement vers notre coquille de noix. Puis, c’est au tour de notre héros d’agir avec une des deux cartes qu’il a devant lui.

Chacune de ces cartes comporte des icônes : pour se déplacer sur le frêle esquif (jamais en diagonale), se battre au sabre, tirer au pistolet ou au canon afin de faire reculer un tentacule un peu trop vaillant. Non seulement on a deux choix, mais en plus on peut réaliser toutes les icônes dans l’ordre souhaité, cela offrant une sensation de contrôle et de liberté très agréable. À vous d’optimiser vos cartes en fonction de la situation. 

 

 

Au tout début, on n’a que deux dés à lancer donc ça va, la menace reste assez facile à gérer. Mais chaque fois que l’on utilisera une carte avec une grimace on énervera le Kraken qui avancera sur sa piste libérant plus dés à lancer, jusqu’à l’arrivée du terrifiant céphalopode. Quand on doit résoudre 6 dés ce n’est plus tout à fait la même histoire !

Chaque héros bénéficie d’une capacité spéciale qu’il faudra utiliser à bon escient : Samuel grâce à sa longue-vue ne tient pas compte des méchants « oeil de kraken », Astrid peut répéter une même action, Elena est une as de la gâchette, elle peut tirer sur un tentacule où qu’elle se trouve. Quant à Billy, il est imbattable au canon et fait reculer tous les tentacules du côté où il tire. Radical. 

Il suffira de toucher le calamar géant par trois fois pour qu’il retourne dans les profondeurs, pour gagner la partie on n’a pas d’autres choix que de le laisser venir. Petit petit… viens prendre ta fessée…!

 

 

Poulpe Fiction

J’adore les jeux coopératifs : ils savent nous faire ressentir des émotions fortes et nous souder dans les moments difficiles. Ghost Stories reste mon chouchou en la matière, avec son thème original, cette difficulté bien calibrée et puis probablement parce qu’il est à l’origine de ma passion pour les jeux de société… Mais pour les enfants, on oublie. Son thème un peu angoissant ne le destine pas vraiment à un jeune public, de même que sa réédition hélas (Last bastion).

Ce que réussit sans peine ce Kraken Attack, fort heureusement. Le jeu est très visuel, on voit les tentacules en 3D avancer sur notre bateau, on se sent submergés et parfois pris en étau, mais l’ambiance reste cartoony et fun. L’édition est vraiment excellente, les illustrations de Betowers sont très colorées et rappellent les livres pour enfants. Chaque personnage possède son identité visuelle, sa petite patte.

Le matériel participe à l’immersion, notre bateau à un côté 3D avec ses bastingages en plastique, les protagonistes sont en meeples de bois colorées et peints, le poulpe et ses tentacules donnent envie de manipuler tout cela. 

Quand je joue avec mes enfants à Kraken Attack je me tais, je les laisse faire, et c’est plaisant de les voir faire les bons, mais aussi les mauvais choix, et de les assumer.

 

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Brochette sucrée de calamars géants

Le seul petit défaut du jeu reste sa trop grande facilité. En soi, c’est normal, la cible reste enfantine, le but n’est pas de les frustrer comme peut le faire un Ghost Stories sur des adultes… Pour les plus téméraires d’ailleurs on peut ajouter des jetons tourbillons pour accélérer les mouvements des tentacules, même si avec quatre jetons ça devient assez ingérable. On a rapidement eu envie de rajouter des petites règles maison pour corser le tout. Du coup j’ai proposé de ne pouvoir utiliser nos pouvoirs qu’une fois par partie, et on peut en réactiver un quand le bastingage craque. Autre élément que l’on a modifié pour le fun et un peu de théâtralisation : quand Bikolor arrive, il se jette sur notre bateau et fracasse un bastingage ! BAOUM !

Retour de mer

Kraken Attack propose une mécanique de Tower défense simple à partager avec ses enfants. Il faudra jouer avec l’opportunisme, en fonction de nos cartes, ce qui peut donner l’impression de ne pas tout maîtriser et d’avancer au gré du vent. L’avancée de Bikolor et de ses tentacules se résout avec des dés et on peut là également avoir la sensation de ne pas maîtriser l’issue, même si cet aléatoire donne aussi du peps au jeu. Si vos petits joueurs sont déjà des amateurs de stratégie en trois coups, ils pourraient se lasser assez vite de ce Kraken. Mais sachez que si le jeu affiche 7 + il peut en réalité très bien se pratiquer à moins, avec un peu d’accompagnement si besoin (on a même vu des petits de 5 ans se jeter à l’eau !). Et sinon, n’hésitez pas à corser le challenge avec nos règles maison ou les vôtres bien sûr !

Il n’en reste pas moins que pour une première collaboration familiale, Esteban et son père ont réussi un bien joli coup, un Tower defense qui donne envie avec un matériel qui sort de la table, aux parties rebondissantes, le tout diablement fun. 

   

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