Harry Potter : Bataille à Poudlard – Défense contre les Forces du Mal

  La douleur se propageait dans mon corps tout entier, me forçant à abaisser ma garde. Tous les regards étaient tournés vers moi, et je pouvais voir la crainte se dessiner dans les yeux de Ginny. Comment avais-je pu être assez naïf pour croire que mon adversaire n’oserait pas user d’un sortilège interdit ?

Les mots raisonnaient encore dans ma tête, alors que je commençais à perdre l’équilibre. « Endoloris..! ». Ma vision se brouillait à mesure que l’écho de l’évocation du sort finissait par se perdre à l’intérieur de mon crâne.

Dumbledore restait impassible pendant que mon adversaire jubilait, un sourire cruel se dessinant sur ses lèvres. Je distinguais difficilement les traits d’Hermione et de Ron qui ne bougeaient pas d’un pouce. Personne n’allait donc faire quelque chose, et c’était dans l’indifférence générale que je disparaîtrais…?

Je m’éveillais alors en sueur, dans mon lit, à l’abri de ma couette. Il ne s’agissait que d’un simple cauchemar, et même si ma cicatrice semblait pulser plus rapidement que mon propre cœur, je reprenais pied peu à peu dans la réalité.
Le cours de Défense contre les forces du mal n’allait se dérouler que dans l’après-midi, et j’avais encore du temps pour me reprendre. « Endoloris« … C’était impossible. Personne s’oserait prononcer ces mots au sein de l’école… pas vrai ?  

 

VOUS ETES APPELÉ À FAIRE DE GRANDES CHOSES

Chers élèves, bienvenue dans ce cours de Défense contre les forces du mal. Avant toute chose, vous devrez vous souvenir de tout ce que vous avez pu apprendre en salle de classe et dans les livres. Faites appel à toutes vos connaissances, car ce cours va vous demander une intense concentration !

Je vois que vous êtes impatients de commencer. Bien. 
Afin de vous exercer, vous allez vous confronter les uns contre les autres, sous forme de duels, dans des conditions réelles. Chacun d’entre vous prendra place au milieu de la salle. Vous vous mettrez alors en position d’attente jusqu’à ce que je vous donne le signal. Attention, il n’est pas question de se blesser mortellement : vous cesserez donc l’assaut lorsque votre adversaire ne sera plus en capacité de se battre. Mme Pomfresh s’occupera de vous à l’infirmerie en cas de besoin.  

Mettez vous en place, nous allons commencer ; choisissez votre allié !

Très bien. Vous deux, approchez. Les autres, écartez-vous et faites place.

ET DANS LES CARTES, LES LIER

    Harry Potter, Bataille à Poudlard, Défense contre les forces du mal (en voilà un titre !), est un jeu à deux de deck-building dans lequel deux joueurs vont s’affronter au meilleur des 5 manches. Chacun commence la partie avec 7 cartes de sort Alohomora, 1 carte Baguette, 1 carte Chaudron, et un allié de votre choix. Armé de la sorte, et après avoir choisi votre Maison (notez que faute de droits, ce sont les noms anglais qui apparaissent sur les cartes), vous êtes prêt pour le duel !

À votre tour, vous piocherez 5 cartes de votre pile, et vous profiterez au mieux des symboles et capacités présents sur celles-ci. Il existe trois symboles :

L’influence, qui vous permettra d’acquérir de nouvelles cartes dans la salle de classe (ces cartes rejoindront la plupart du temps votre défausse)

  – Les dégâts, qui feront reculer votre adversaire d’une case sur la piste de duel

  – Les vies, qui vous feront avancer d’une case sur la piste de duel (sans toutefois dépasser la case de départ)  

Comme vous l’avez sans doute compris, votre objectif sera de repousser votre adversaire en dehors de la piste centrale en l’accompagnant par la main jusqu’à la case « Etourdi ». Faites cela trois fois (on remélange l’intégralité des cartes pour une nouvelle manche), et vous serez la fierté de Dumbledore

 

L’ORDRE DU PHOENIX

     Il existe trois principaux types de cartes en jeu : les sorts, les objets et les alliés. Outre votre allié de départ, vous pourrez acquérir de nouveaux alliés et profiter de leur expertise : ils ont une capacité qui peut être utilisée une fois par tour, et demeure sur le terrain une fois joués. Tout comme votre personnage, ces alliés appartiennent à une maison, et cette notion est d’importance : certaines cartes ont une capacité de base, mais aussi un bonus qui ne peut être déclenché que si vous possédez une carte de la maison correspondante. Ainsi, si vous voulez les exploiter au maximum de leurs possibilités, cela vous demandera de diversifier vos alliés.

 

Cela vous permettra aussi peut-être d’éviter les Maléfices. Ceux-ci sont des cartes mortes pour votre jeu, car elles occupent un espace dans votre main tout en apportant un effet négatif qui se déclenchera au tout début de votre tour. Comble du bonheur, ces cartes vont finir par se cumuler et envahir votre jeu comme de la mauvaise herbe… Attention aux retournements de situation, où après avoir remporté les deux premières manches, vous sombrer dans les ténèbres (situation vécue !).  

 

ACTION, REACTION

 

 

« HPBPDCLFM » (acronyme du titre de cet opus, qui demandera de gros efforts de diction) peut paraître simpliste, surtout si vous êtes un amateur de deck-buildings. Pourtant, il ne pourra pas être joué en dilettante pour autant : c’est l’erreur que j’ai commise sur mes trois premières parties. En effet, jouer au gré du vent sans vraiment savoir où on veut mener son deck est le meilleur moyen de perdre la partie.

Tout commence par le choix de votre allié de départ, qui n’est pas aussi anodin qu’il semble l’être. S’orienter vers le hibou (qui vous permet de stocker une influence non utilisée par tour) ou vers le crapaud (vous soigner de 1 par tour) c’est faire le pari du long terme, alors que le chat (1 dégât supplémentaire si vous jouez trois sorts) vous incitera à raccourcir les parties au maximum.

Bien évidemment, votre jeu dépendra fortement des cartes disponibles à l’achat, et votre choix de départ sera un pari sur l’avenir. Il faut savoir que les meilleures cartes demandent de dépenser beaucoup d’influence : cela prend du temps et demande donc une assise financière importante. Quelle est donc la meilleure tactique ? Construire son jeu durablement en augmentant les cartes rapportant de l’influence, ou partir sur une stratégie éclair avec des cartes moins onéreuses mais distillant régulièrement des dégâts ?

Dans tous les cas, il ne faudra pas perdre de vue le but du jeu : étourdir son adversaire ! Cela passe forcément par une optimisation de son dpt (une libre reprise des lettres dps, les « dégâts par secondes », dans les jeux vidéo – remplacez le « s » par le « t » de tour !), et toutes les cartes ne seront pas bonnes à acquérir. On préférera pouvoir faire tourner son jeu rapidement (heureusement, il existe des capacités de pioche et de bannissement pour épurer votre deck) afin d’expédier son adversaire dans les cordes.

 

 

     Du haut de mes trois parties (et autant de défaites…), je n’ai pas encore assez de recul sur le jeu, mais aucune tactique ne me semble supérieure aux autres, car il existe toujours une parade (à condition de la trouver dans la pioche) : un duelliste vous harcèle avec des Maléfices (dans le but inavoué d’utiliser un sortilège interdit ?), vous chercherez des cartes permettant de les bannir, il cumule de nombreux alliés, vous chercherez des sorts augmentant les dégâts en fonction du nombre d’alliés adverses,… Il y a toujours une solution !

 

LE PRINCE DE SANG MELE

     Que penser de cet opus ? Je ne me risquerai pas à une comparaison avec le jeu coopératif Harry Potter Bataille à Poudlard dont est issu cette version duel, car j’avoue que je n’ai jamais eu l’occasion de m’y essayer. Oui, je sais, honte à moi, car il a la réputation d’être un des meilleurs jeu de société sur ce thème. Cette version duel, malgré ses subtilités, s’avère surtout très accessible, et pourrait être une porte d’entrée au deck-building avec sa thématique grand public. On y retrouve les bases de cette mécanique dans un habillage totalement respectueux de l’univers. On sent qu’il y a eu une réflexion importante autour de cette déclinaison. Le prix de la boite est raisonnable (même si on aurait sans doute pu faire l’impasse sur les jetons, peu utiles) et il fera des merveilles sous un sapin en cette fin d’année.

 

On pourra lui reprocher une part importante de hasard liée aux cartes disponibles à l’achat et à la pioche de sa main, mais les joueurs peuvent maîtriser une partie de cet aléa. On regrettera également une montée en puissance un peu lente, notamment au cours de la première manche, quand les decks sont faibles. Il n’est pas rare que les joueurs se neutralisent en milieu de terrain, et que la situation mette du temps à se décanter. Heureusement, le tout s’accélère au cours des manches suivantes. La mise à mort peut alors être expéditive et il est souvent trop tard pour se remettre à niveau : un petit effet win-win malvenu (mais pouvant être contré par l’utilisation de Maléfices).

En bref, ce Harry n’est pas totalement exempt de défauts, mais fera parfaitement le job auprès d’un public familial, de découvreurs en matière de deck-building ou de passionnés de l’univers. Une très bonne découverte !

   

4 Commentaires

  1. morlockbob 16/12/2020
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    Le jeu est trop poussif. Il met du temps à se mettre en place et lasse.

  2. Umberling 17/12/2020
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    On y a joué dans le Essen @ Home, et en effet, c’est poussif. Y’a des effets combo hyper experts et d’autres vraiment très simples, et si t’arrives à avoir une boucle qui marche, c’est mort pour l’autre. L’agonie de l’autre joueur est longue à cause du tir à la corde… bref, pas surkiffé, malgré un bon matos.

  3. Robin il y a 9 jours
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    Bonjour,

    Quand le hiboux est defaussé par l effet de une carte, les points de influencés dessus sont ils perdu ?

    • Alendar il y a 8 jours
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      Bonjour,
      En l’absence de précisions dans la règle, je dirais que oui car la carte étant défaussée, la capacité du Hibou est perdue
      –> les jetons sont également perdus

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