Butterfly Garden papillons indigo

Rebirth, La traversée du désert, Botswana ou même Hanami, ces titres ont deux points communs, ils sont sortis dans la même période et sont signés par Reiner Knizia. Un auteur que l’on ne présente plus étant donné la longue liste de jeux et rééditions qui sortent chaque année (il a à son actif plus de 839 jeux selon BGG). C’est le cas de Butterfly Garden sorti cet été, édité par Oya, qui est la réédition de Indigo sorti en 2012. Est-ce que le titre est solide, en clair, fallait-il le rééditer ? Indigo a tout de même été finaliste de l’As d’or 2013 et finaliste du Spiel des Jahres 2012. Cela pose tout de même les choses.

 

Ambiance bucolique

Dans Butterfly Garden, sur le plateau, au centre du jardin des papillons de différentes couleurs que nous allons attirer vers nos fleurs, vous avez compris que chaque papillon derrière notre paravent rapporte des points. Dans la version de 2012 nous déplaçions des pierres précieuses, autre temps autres mœurs.

 

Indigo

 

Ce n’était pas si bucolique en fait …

Il s’agit d’un jeu de pose de tuiles, ces tuiles hexagonales comportent différents chemins. Vous avez une seule tuile en main. Vous pouvez la poser où vous le souhaitez sur le plateau et dans la direction désirée. Si vous reliez un chemin avec un papillon, celui-ci s’envole en suivant le chemin, idéalement vers la fleur de votre couleur. Puis vous piochez une nouvelle tuile. C’est au joueur suivant qui va potentiellement prolonger votre chemin, mais en détournant le papillon vers sa fleur.

Ce que je n’ai pas dit, c’est que les zones de fleur sont de deux couleurs, ainsi, le joueur bleu partage une zone avec le joueur blanc et une autre avec le joueur rouge. Si je parviens à ramener ce papillon à notre zone commune, je place le papillon derrière mon paravent, mais mon adversaire en prend aussi dans la réserve.

 

 

Voilà pourquoi on a une réserve de papillons, et voilà aussi pourquoi je déconseillerais d’y jouer à deux. Dans cette configuration, le jeu est plat, et perd de son intérêt. Tandis qu’à trois ou quatre joueurs, ça couine, ça peste, ça râle, ça intimide aussi, vous tenterez de persuader un joueur de poursuivre le chemin que vous venez de tracer. Ce joueur, à son tour, placera une tuile qui déviera le papillon vers une zone qu’il partage avec un autre joueur. Oh le fourbe !

Si jamais deux papillons se retrouvent sur la même tuile, ils partent batifoler (jetons un voile pudique sur leur histoire) et sont enlevés du plateau, une façon de priver un joueur de précieux points de victoire.

Un papillon bleu rapporte un point, un rose deux points et le violet trois points, le décompte est extrêmement simple. Comme nos papillons sont placés derrière un paravent, on ne peut pas les compter. J’imagine que des joueurs avec une bonne mémoire partent avec un énorme avantage.

Cela nous a évoqué Samurai (ou sa réédition : Hanami, notre article) de ce cher docteur où la révélation finale crée parfois la surprise. 

Si toutes les informations étaient connues, le jeu deviendrait un territoire à l’analyse paralysante et ça deviendrait pénible, il faut accepter ce flou qui parfois permet de favoriser un joueur contre un autre.

 

 

Un beau jardin ?

Côté édition, le jeu se présente dans une boite se fermant avec un rabat aimanté, et qui possède des compartiments. La règle du jeu se trouve sur le dos de ce rabat. Je ne sais pas trop quoi penser de cela. D’un côté, on ne perd pas la règle, mais, de l’autre, si une question se pose en jeu, ce n’est pas très pratique. Mais en même temps, elles sont globalement simples et vite assimilées.

Les couleurs choisies et plus particulièrement celles des parterres de fleurs ne sont pas aisément identifiables. En effet, rien n’est rappelé pour nos amis daltoniens qui risquent de souffrir un peu. Pour les papillons ce n’est pas trop gênant (dixit un ami daltonien), mais, pour les fleurs, on aurait aimé des icônes, car il est difficile de s’y retrouver. Surprenant, car, dans une ancienne édition, le jeu avait des jetons plus identifiables.

Le titre possède plusieurs qualités, à savoir sa grande simplicité, l’interaction à coup d’alliance temporaire et de coups perfides qui en font un jeu parfait pour initier le grand public. Évitez la configuration à deux joueurs qui est vraiment plate.

 

La règle sur le rabat de la boite

 

Pour conclure, tout dépend du public que vous ciblez, si vous êtes un joueur confirmé, je vous conseillerais plutôt Hanami (notre article) qui offre des sensations beaucoup plus intenses, chaque décision étant cruciale. Butterfly Garden vous paraîtra plus simple, parfois avec quelques coups évidents (même si on peut utiliser la variante où l’on pioche deux tuiles au lieu d’une).

Cette réédition d’Indigo n’est pas aussi marquante que les rééditions citées plus haut. Je lui préfère Samurai (ou Hanami), beaucoup plus riche, beaucoup plus vicieux, mais aussi moins accessible. Butterfly Garden est plus adapté pour le grand public avec ses règles simples.

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