8Bit Box : rétro-gaming artisanal

Quand on habite pas loin de chez Iello, à Nancy, on a de petits avantages (vraiment petits, je vous rassure) : on voit parfois débarquer dans sa boutique préférée les hommes en jaune (en vrai, ils s’habillent comme vous et moi) avec leurs nouveautés sous le bras. Et là, la grosse nouveauté de la rentrée chez Iello, c’est la 8 Bit Box, une console en carton, avec des manettes en carton et des jeux…en carton. Mais je la branche où ?

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Si le concept old-school back to les années 80 titille la nostalgie de celui qui a jadis joué à Pong, Space Invaders et Galaxian … l’adaptation de l’univers vidéo en jeu de société attise, elle, la curiosité du joueur à tout crin.
À quoi servent les manettes ? Une console de jeu de société ? L’argumentaire marketing en profite et joue à fond la carte du retro. « Une ergonomie parfaite et sans fils pour une autonomie illimitée », « Une connectivité avancée pour être compatible avec tout type de tables »… Il y a même une prise péritel dessinée sur la boîte ! 

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Le concept et son marketing décalé tapent vraiment fort et intriguent. Peut-être même que certains seront persuadés d’acheter une vraie console électronique !
Mais au-delà de la bonne idée, qu’en est-il du contenu ?

La Box est livrée avec 3 mini-jeux. D’autres viendront, des auteurs prestigieux comme Bruno Cathala ont déjà été contacté pour poursuivre l’aventure et créer de nouvelles « cartouches ».

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Les cartouches, ce sont donc ces petites boîtes de jeu. Elles seront vendues autour de 12 € et se rangent dans la console. Pour l’instant donc, il y en a 3 de disponibles dans la boîte de base (qui est vendue pour 33€ environ), chacune d’un niveau de difficulté supérieur à la précédente. Le dénominateur commun de ces jeux ? La manette (il y a en 6 dans la boîte) : 

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Quelqu’un est aux manettes ?

Qui dit jeu vidéo dit manettes. Celles-ci sont calquées sur la Super Nes (arrondies) et sont divisées en 3 parties, que nous n’utiliserons pas forcément ensemble. Le bouton de gauche est constitué de flèches (droite / gauche / haut…). Celui de droite laisse apparaître trois symboles. La roue du centre est numérotée.

 

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La manette vous la retrouverez donc dans toutes les cartouches à venir. Voilà un défi que j’aurais envie de relever si j’étais auteur. Un véritable exercice de style. 

Par exemple dans Pixoïd, vous utilisez la roue gauche direction pour signifier que votre pion va aller en bas. Vous choisissez ensuite sur la roue du centre le nombre de cases qu’il va parcourir : 4.

Quand vous révélez aux autres joueurs votre programmation, vous avancez vers le bas de 4 cases.

Pour Outspeed, vous vous servirez uniquement du bouton droit en choisissant un symbole parmi 3. Ce symbole indiquera quel couloir vous avez choisi.

 

Pour se faire la main et faire connaissance avec votre « console », partons courir comme un dératé au cœur d’un labyrinthe, poursuivi par des fantômes, des machins pas cool… Quoi ? Des bugs !

 

Pixoïd

Hommage à Pac-man, ce Pixoïd propose à chaque joueur d’incarner une fois par partie le Pixoid poursuivi par les Bugs qui essaient de le coincer. Ici pas de pastilles qui permettent d’éradiquer momentanément la menace, il faudra survivre un certain nombre de tours pour gagner les points de victoire. Cet asymétrique « un contre tous » se joue par programmation de ses déplacements.

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En bas de l’image la fameuse manette qui sert à programmer

 

Que ce soit Pixoïd ou les Bugs, chacun va choisir une direction et un nombre de cases (attention aux murs). Chacun essaie de deviner ce que les autres vont programmer. Si vous incarnez un Bug vous devez deviner ce que va faire le Pixoid : Va-t-il tourner à droite, revenir sur ses pas, bon sang comment le coincer je suis super loin… !! Il faudra aussi essayer de comprendre ce que vos camarades vont jouer pour se coordonner au mieux, ce qui s’avère assez frustrant puisqu’on ne peut pas parler. 
Tout le monde programme sur sa « manette », révèle et on avance. 

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Ce jeu d’introduction est ultra familial, le côté guessing avec le résultat des programmations peut être assez amusant. On peut y jouer à partir de 6 ans, la partie dure environ 20 minutes pour 3 à 4 joueurs. Les adultes préféreront sans doute la version « partie courte » qui permet d’éviter que la session ne dure trop et ne laisse un goût de « tout ça pour ça ».
En bref, c’est tout bête mais l’adaptation est plutôt réussie et l’ombre du camembert jaune plane au-dessus du plateau de jeu. Dans l’idée, c’est le mini-jeu qui respecte le plus l’esprit rétro-gaming au final. 

 

Outspeed

Avec Outspeed, nous sommes dans la course de vaisseaux, façon Wipe out. La simplicité des manœuvres fait mouche et offre un jeu qui s’en sort mieux que bien des adaptations de course de Kart copiant le plombier italien.

Le matériel est plus conséquent avec 6 petits (tout est toujours petit dans la 8 bit Box) vaisseaux, ses tuiles « couloirs à prendre », ses 3 plateaux et ses jetons bonus / malus (pour attaquer, se défendre ou récupérer du fuel).

Une piste, des directions et des obstacles.

Il faudra manœuvrer votre vaisseau intelligemment pour passer devant les autres. Comment ? Bien souvent en profitant d’eux.

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Placez vos petits vaisseaux 3D sur le départ et révélez une tuile. Chaque tuile est divisée en 3 parties, correspondant aux trois couloirs à prendre sur le trajet et aux 3 symboles de votre manette.
Les tuiles vous proposent donc 3 choix articulés autour du nombre maximum de vaisseaux par couloirs (passera, passera pas !), du coût en fuel (perdez x jetons carburant pour avancer) et du gain (fuel, bonus et nombre de cases à parcourir). Better, faster, stronger.

Il faudra donc gérer ces ressources et tenter de deviner le choix de vos adversaires pour réussir. Cette cartouche revisite donc un autre classique du jeu vidéo. Voilà un jeu de course simple, mais à la fois fun et tactique. On peut y jouer jusque 6 mais il faut être un peu plus grand pour prendre le volant, l’âge requis étant de 8 ans pour une durée de 30 minutes. 

 

Stadium

Stadium est le plus adulte des trois, c’est aussi le plus riche. Dans la lignée du jeu sportif Track and field (1983), Stadium vous propose un panel d’épreuves renouvelables (boxe, volley, course, dopage (si, si !)) puisque seules 10 épreuves sur les 16 seront praticables à chaque partie.

Ce jeu se joue en équipe (4 ou 6 joueurs), vous aurez par moment besoin d’épauler votre co-équipier en sacrifiant des ressources pour ne pas laisser l’adversaire l’emporter. Ce jeu se gagnant tout au long des épreuves, c’est sur la durée qu’il faudra être bon. Les épreuves seront plus ou moins faciles et de type différents (stop ou encore, enchères ou repos).

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Construisez votre piste d’athlétisme et placez 10 tuiles faces cachées.  
Vous les révélerez une à une, promesse de rejouabilité. Outre le fait de ne pas avoir toujours les mêmes sports, ceux-ci n’apparaîtront pas dans le même ordre, c’est important pour votre gestion des points à engager (vous partez avec 25 points d’énergie). Si les épreuves sont variées, la base ludique est souvent similaire : parier son énergie. Plus vous misez, plus vous gagnez, mais rappelez-vous, ce jeu se gagne sur la durée, que se passera-t-il si vous n’avez plus de jus ?

Stadium est pour le moment le plus complexe et le plus varié des cartouches 8 bit. Selon les sports, vous lancerez des dés, vous engagerez de l’énergie, vous aurez interdiction de communiquer…
Il faudra faire preuve d’opportunisme, de gestion et d’esprit d’équipe. Cet épisode franchit un cap et demande un peu de réflexion, voire d’expérience pour y jouer, en dessous de 10 ans, ce sera complexe.

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Stadium
est aussi un mini-jeu qui vous fera couiner et où il faudra être fin, se comprendre et s’entendre. Un bémol néanmoins : Stadium  donne la part belle aux enchères. Perso ce n’est pas mon truc et si la découverte des minis-jeux m’a vraiment plu, j’ai galéré toute la partie et je ne suis pas sûr de me lancer à nouveau dans le challenge pour cette raison. 

 

On se console comme on peut

Enfin ! J’ai pu voir à quoi ressemblait ce curieux objet du désir que je voyais apparaître ici et là sans vraiment comprendre ce dont il retournait. L’idée, le design me plaisait mais j’avais un doute : objet marketing parfait réveillant la nostalgie du geek devenu vieux avec pouvoir d’achat ? En gros, un truc beau et creux ? Cette séance de découverte aura chassé ces mauvaises pensées de la table. Ce multi-mini-jeux d’ambiance tape juste, il a de la gueule et du contenu simple mais efficace.
« C’est la première fois qu’absolument tous les éditeurs étrangers auxquels on a proposé le jeu ont dit « d’accord, on prend » » dixit monsieur Iello. Si ma mémoire est bonne, c’est 60 000 pièces qui vont débarquer sur la planète dans les mois qui arrivent. Il risque d’y avoir des 8 bit-box sous les sapins. 

« Faire du neuf avec du vieux » n’aura jamais été aussi vrai. Personnellement, j’admire la simplicité (certains diront la légèreté, les avis étant mitigés sur les cartouches, je le sais bien) et l’intelligence du propos, le côté décalé de la console et la qualité des adaptations des jeux proposés. Le matériel est hélas cheap et fragile, de la boîte de la console aux tuiles des jeux, ce sera mon seul reproche. Attention : si vous êtes surtout 2 joueurs, la 8 Bit Box ne s’adresse pas à vous, les trois jeux nécessitent d’être 3 ou 4 minimum. 

8 bit box est promis à un bel avenir et on attend déjà les prochaines cartouches pour voir comment les auteurs auront adapté leur jeu aux contraintes de l’édition.

 

 

   

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