► E.D.I.T.O. La question écologique chez les éditeurs de jeux de société

La problématique écologique et ses nombreuses interrogations sont aujourd’hui au centre du débat sociétal (86% des Français et des Françaises se sentent concernées par la question). Quoi de plus naturel que le jeu de société s’y confronte, lui aussi ?

On vous en avait déjà parlé ici ou là, l’Union des Éditeurs de Jeux, association professionnelle regroupant les entreprises francophones d’édition du jeu de société, a mis en place depuis 2018 une commission dédiée au sujet de l’écologie et du développement durable pour notre hobby en pleine explosion. L’UEJ a en particulier commandité une étude permettant de faire le point de manière documentée sur les coûts écologiques d’un jeu. Au départ, l’une des envies de l’UEJ était de pouvoir mettre au point un “label vert” fiable et pertinent pour les jeux issus des éditeurs membres de ce collectif. Mission impossible ?
Éclairage. 

 

L’engrenage

De la conception à la fabrication, du transport jusqu’au SAV, des matériaux du jeu en lui-même au fonctionnement plus global des entreprises qui les produisent et les fabriquent : les éléments à prendre en compte pour mesurer le coût écologique d’un jeu sont nombreux et complexes.

Pour y voir plus clair, l’étude s’est penchée sur trois cas-types, le petit jeu comme The Crew ou Twin it, le jeu moyen, du format de Chakra ou Draftosaurus, et le gros jeu, comme Outlive ou Root. En valeur absolue, sans surprise, il apparaît que plus le jeu est petit, plus son impact écologique sera faible. Mais il est intéressant de souligner un détail que l’étude permet de mettre en avant : dans un gros jeu ou un jeu moyen, plus de la moitié du total de l’impact écologique provient des éléments de jeu tels que le plateau, les punch boards, les cartes et les règles, devant la boîte elle-même, et surtout devant le transport. Ainsi, réduire les formats s’avère une réelle source de solutions et là, tout se joue à la conception. Une question complexe pour l’éditeur, d’autant qu’elle restera invisible pour l’acheteur. Tout ce qu’on a choisi de ne pas mettre, par définition, ne se verra pas, tant que cela ne fait pas défaut. Cet effort est sans doute l’un des plus importants que l’éditeur peut pourtant fournir en matière d’écologie et restera difficile à faire valoir. “La bonne nouvelle, c’est que l’on voit que les auteurs de jeux sont pour leur part de plus en plus ouverts et compréhensifs sur cette question. C’est pas forcément évident d’accepter une réduction de matériel quand on a une envie précise pour son jeu !” commente Simon Villiot, de l’éditeur Blam et membre de la commission verte de l’UEJ.  

La part du transport dans la production d’un jeu occupe une portion non négligeable dans l’empreinte écologique, variant de 13% à 16% de l’impact total d’un jeu selon son format. Mais le mode de transport, ferroviaire ou maritime, reste la partie la plus complexe à analyser. “Il y a beaucoup d’éléments divers à considérer, est-ce que le train est au diesel, sur combien de tronçons… en termes de logistique, de mécanique et d’infrastructure, c’est très difficile de calculer les données et de les comparer. Il reste beaucoup d’incertitudes. À défaut de chiffres vraiment concrets pour comparer les balances, le résultat de l’analyse tend à nous dire qu’il n’y a pas de différences très importantes entre le train et le bateau”. À cette question s’ajoute également celle des derniers kilomètres : ceux qui acheminent le jeu jusqu’à la boutique, une distance effectuée en camion parfois significative par rapport à l’ensemble du parcours.

  

Évidemment, plus la production sera locale, plus l’impact sera réduit, même si cela implique de multiplier les acteurs et les intermédiaires. Par exemple, L’empereur, de l’éditeur hexagonal Jeux Opla, entièrement made in France, comptabilise environ 10 fois moins d’effets néfastes sur le changement climatique que s’il avait été produit en Chine. À noter que si le produit est fabriqué en Europe, le scénario Pays-Bas ressort comme étant le moins impactant, essentiellement car les usines fonctionnent plus au gaz naturel, qui reste moins polluant que le charbon (utilisé en très grande majorité dans les usines polonaises).

Dans le collimateur

Un autre élément de jeu est pointé par l’étude. Souvent décrié, y compris par les joueurs eux-mêmes : l’insert plastique thermoformé. Constitué de plastique, remplissant une boite souvent bien vide, ajoutant du poids et surtout du volume dispensables dans les transports comme dans la ludothèque, parfois mis directement à la poubelle à l’ouverture du jeu tant son utilité est discutable… Bonne nouvelle, l’étude met le thermoformage sur la sellette. En évitant l’ajout de thermoformages sur 1000 petit jeux, on réduit nos émissions de gaz à effet de serre de 5%. De plus, la suppression du thermoformage va directement dans le sens de la réduction des formats. S’ils peuvent être justifiés pour la protection de figurines, ils sont pour le reste bien souvent dispensables.

Les inserts modulables de Ragusa : une alternative en carton au thermoformage

 

L’étude permet aussi de se rendre compte que la boîte métal fabriquée en Chine est clairement plus impactante écologiquement que le carton.
“Nous n’allons pas stigmatiser telle ou telle pratique, précise Simon. Chaque éditeur voit sur quel axe d’amélioration il peut travailler, car c’est du cas par cas, selon les entreprises et selon les jeux. Par exemple, nous n’allons pas juger la petite boîte métal de
Hanabi comme étant polluante alors qu’on a un gameplay fort avec très peu de matériel, essentiellement des cartes, dans un format ultra compact. Un éditeur peut jouer sur de nombreux tableaux. On peut avoir une gamme en boîte métal et à côté de ça être un éditeur qui ne fait pas payer un remplacement de jeton au SAV, permettant d’allonger le cycle de vie de son jeu. Il faut avoir une vision d’ensemble.”
Et c’est exactement la raison pour laquelle créer un label pertinent qui jugerait les jeux est une affaire complexe, au point qu’elle est à ce jour mise de côté par l’UEJ en attendant d’avoir des outils efficaces pour mesurer de façon juste l’impact de chaque jeu, en particulier, l’effort de réduction du matériel effectué lors de la conception, si difficile à évaluer. 

 

Vous l’avez sans doute déjà vu, le léger film plastique qui emballe le jeu (seul élément de déchet pur dans un jeu de société) est parfois remplacé par une petite pastille. D’aucuns avaient remonté le fait que la suppression du film pouvait poser des problèmes (la clientèle se plaignant d’un jeu qui ne semblait pas neuf, ou trouver du matériel abîmé) mais l’étude démontre que ces plaintes restent suffisamment à la marge pour être globalement ignorées. Par contre, il s’avère qu’entre la colle et la peinture que nécessite la pastille colorée et le film plastique extrêmement fin, difficile de savoir ce qui est mieux, même si l’impact psychologique de la pastille n’est pas anodin.
Au final, on retiendra surtout que se contenter de retirer ce film et communiquer là-dessus comme le font certaines maisons d’édition tout en continuant en parallèle à produire en Chine des grosses boîtes avec énormément de plastique, parfois même des piles, etc., ne peut que s’apparenter à une manœuvre de greenwashing.  

Bilan carbone 

“Si l’étude aura permis aux éditeurs de voir sur quel axe ils pouvaient travailler dans le cadre de leur entreprise, nous aurons réussi notre pari. Avant, on ne savait pas ce qui était vraiment significatif. Maintenant, on a des données. Chacun peut réfléchir à comment réduire son impact : sur l’éco-conception, sur le transport, sur l’utilisation de fibres certifiées PEFC ou labellisées FSC, etc. Certains font des choix au niveau de l’entreprise en elle-même, en installant des panneaux photovoltaïques sur leur toit. Pour la suite, nous allons discuter avec les fabricants pour essayer d’harmoniser les pratiques, instaurer des normes. Mais notre objectif premier désormais est d’accompagner chacun des éditeurs dans ses décisions. Mais la prise de conscience est là. Reste à ce que cela soit le cas aussi dans les autres maillons de la chaîne, de la boutique, aux médias, et bien sûr, aux acheteurs. Mais on sent bien que c’est un milieu déjà sensibilisé, avec notamment l’utilisation du prêt, de la deuxième main. On l’a bien vu avec les jeux à usage unique où tout le monde a intégré le fait que c’était des jeux qu’on allait faire passer” nous dit Simon. 

Par cette démarche, l’UEJ témoigne d’une prise de conscience et de la nécessité d’agir collectivement en amenant le secteur à s’interroger sur ses habitudes sans pour autant imposer des pratiques à ses membres. Il manque encore des éléments pour affiner les données en particulier sur les transports, mais peu à peu les impacts du jeu de société se définissent plus clairement et chacun peut faire ses choix en connaissance de cause. Le fait de pouvoir désormais négocier avec les fabricants pour instaurer des normes permettra à terme une optimisation de l’utilisation des ressources et une réduction du gaspillage considérable, d’autant que de nouvelles usines destinées à produire des jeux éco-responsables voient le jour. Si pour le moment l’élaboration d’un label reste trop complexe à mettre en œuvre, la commission continue de réfléchir à des outils pertinents qui le rendraient peut-être un jour possible. 

 

Cette réflexion n’est évidemment pas un écho dans le désert. D’ailleurs, on trouve aussi des initiatives à l’étranger. Dernièrement, l’écossais Iain Chantler, diplômé en design et innovation de l’Open University, lançait le site web Sustainability in Games. Son but ? Fournir des ressources gratuites pour la conception et la fabrication de jeux durables, et proposer un service de conseil aux acteurs du secteur et aux consommateurs. « Bien que les jeux de société ne soient pas le passe-temps le moins durable – ce sont des objets que les gens gardent très longtemps et qu’ils revendent ensuite généralement, de sorte que l’impact environnemental des jeux de société n’est pas aussi mauvais qu’il n’y paraît – il s’agit littéralement de déchets, car il s’agit de matériel dupliqué dont les gens n’ont pas besoin », commente M. Chantler chez nos confrères de Dice breaker. Il tempère néanmoins : « Je ne pense pas que toute l’industrie va changer, et je ne pense pas qu’elle ait besoin de changer. Même les jeux Kickstarter à grande échelle peuvent probablement encore exister ; mais si seulement 20 % des gens veulent des jeux de société plus durables, le fait qu’ils aient la possibilité de les acheter rendrait l’industrie meilleure », conclut-il.

 

   

13 Commentaires

  1. Cormyr 16/06/2021
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    Très bon édito, très intéressant… comme toujours pourrais-je rajouter 😉

    Plutôt qu’un label vert qui me semble en effet très difficile à accoler : à quel seuil de CO2 juge-t-on le jeu « vert » ? Un indice d’écologie, sur une échelle de 0 à 5 par exemple (ou lettres), un peu à la manière de l’indice de consommation sur les produits électroménager serait sans doute plus facile à mettre en œuvre.

    Reste que mesurer l’impact écologique est très compliqué et c’est très bien expliqué dans l’article. Du coup, on pourrait en venir à des mesures qualitative, du genre avec des échelles. Par exemple, lieu de production : France, europe, etc… Les matériaux utilisés : proportion de plastique, carton recyclable ou pas, etc… Poids du jeu qui mesure la quantité de matière mais aussi impact le coût du transport quel qu’ils soit, ..

    Je pense que les consommateurs sont mûrs et commence à prendre en compte ce genre d’argument. Formaliser un indice permettrait d’éviter les tentatives de greenwashing.

    À suivre donc 🙂

    • BLUECOCKER 16/06/2021
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      un indice me semble tout aussi biaisé et facilement contournable. par exemple sur la fabrication en france en europe ou en asie ou ailleurs .Si je fais fabriquer aux 4 coins de la france et que je rapatrie dans une établissement d’assemblage, c’est probablement plus émetteur de CO2 qu’une usine en pologne qui manufacture elle-même la plus grande partie de ses composants ou a ses fournisseurs  très proche. autre exemple, la fabrication numérique a petites moyenne echelle se développe : elle est bcp moins consommatrice de papier que l’offset pour le calage des machines ( de quelques feuilles pour l’un a quelques centaines pour l’autre) . autre exemple , mon usine principale en pologne est une usine eco-concue et qui produit ( pour le momment à 70 % mais ils comptent augmenter) sa propre énergie (solaire essentiellement) et ne dépend donc pas du mix énergétique très carbonné de la pologne. Bref je pourrais continuer longtemps. tout ça pour dire que des indices  grossier et réducteurs vont masquer la réalité des choses et seront facilement contournable alors que l’important est de faire des progrès. Ceci dit , l’information  du consommateur final est importante , mais je ne pense pas qu’a part quelques points très précis elle puissent être vraiment simplifiée. Par contre, une vrai fiche produit de conception détaillant et rendant transparent les modes de conception de transport de commercialisation, accessible sur le site de l’éditeur pourrait être une bonne idée pour celles et ceux qui veulent s’informer sur leur consommation. µEn gros , l’information et la transparence oui, mais la simplification non

      • Cormyr 16/06/2021
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        Je suis d’accord simplifier n’est pas toujours aisé et peut-être trompeur. Et de toute façon, on trouvera toujours des petits malins pour biaiser (contourner ?) toute mesure, cf le diesel gate par ex.

        Néanmoins, soit on compte sur les éditeurs, dont tu fais partie :), qui ont à cœur cette transformation et on espère que cela s’améliorera. Soit on compte sur les consommateurs pour faire « pression » par leur pouvoir d’achat sur les éditeurs pour les inciter à faire ces efforts. Notons par ailleurs que les deux ne sont ni contradictoires, ni incompatibles.

        L’histoire économique nous montre plutôt que ce sont les consommateurs qui impulsent les plus gros changements, en s’appuyant sur des producteurs pionniers et vertueux qui font le premier pas. Si on prend l’exemple du bio, cela a commencé par quelques agriculteurs et revendeurs spécialisés qui ont vu  leur chiffre d’affaire augmenter suite à l’intérêt croissant des consommateurs. Quand ce CA a finit par devenir significatif, d’autres acteurs si sont intéressés jusqu’à ce que des grandes surfaces fassent des rayons entier de Bio.

        Il me semble, mais vous êtes mieux placés que nous pour le dire, que faire une production responsable est souvent plus chère que l’inverse, en tout cas pour le moment. Ce coût de production se répercute donc sur le prix du jeu. Si les consommateurs suivent et intègrent ce critère comme un plus et vont préférablement sur des jeux eco-conçus en acceptant le surcoût, sans doute que d’autres éditeurs, plus frileux, se laisseront convaincre. Je ne suis pas persuadé qu’une fiche complète sur le site de l’éditeur permette aux consommateurs de s’y retrouver. Seule une poignée fera l’effort. Un affichage clair, ou une communication claire de la boutique, serait, de mon point de vue, clairement un plus qui aiderait à aller globalement dans ce sens.

        Tu parlais de chiffres concrets : j’ai déjà entendu des boutiques utiliser cet argument d’eco-conception et de made in France pour les jeux Opla ou Bioviva. Il serait intéressant d’interroger le groupement des boutiques ludiques pour savoir si c’est courant, et si ça a un impact sur la décision de l’acheteur. Ou si finalement nous tous ici de doux rêveurs 😀

        • fouilloux 16/06/2021
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          Je ne sais pas si pour le coup le Bio est un bon exemple. J’ai un peu l’impression que le label Bio ne veut plus dire grand chose en terme d’impact sur l’environnement, depuis que les hypermarchés s’y sont mis. (Comme le dit Alain plus bas néanmoins, c’est une impression, c’est pas du factuel)

  2. Francisco Mattéoti 16/06/2021
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    Merci de revenir régulièrement sur ce sujet important et plus complexe qu’il n’y paraît. Intéressant par exemple de constater que le gain environnemental obtenu sur la partie transport en faisant fabriquer son jeu en Pologne plutôt qu’en Chine n’est pas si important que ce que l’on pourrait espérer. Après, globalement, on a quand même une règle assez claire : plus le matériel est réduit et composé de ressources renouvelables, plus il est fabriqué près du lieu de vente, moins l’impact environnemental est important.

    Je suis contente de voir que les éditeurs s’intéressent à cette problématique mais je constate tout de même que l’écrasante majorité des jeux proposés par ma boutique sont fabriqués en Chine, y compris lorsque cela ne semble pas nécessaire (exemple récent avec Suspects de Studio H : des cartes, des plans… ah oui un insert plastique qui fait gonfler le volume de la boîte, quel dommage…). Donc entre le discours et les actes…

    • BLUECOCKER 16/06/2021
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      Le but de cette étude est de fournir aux acteurs du marché des données concrètes pour pouvoir faire évoluer leur pratiques. nous verrons ce qu’il en ressort au fil du temps. mais le pays de fabrication  peut être un bon indice. Par contre je tique toujours un peu sur les données floues: « une écrasante majorité » c’est flou. Mais je pense que les boutiques sont très bien placées pour mesurer ça bcp plus précieusement. Un truc qui aiderait pas mal , ce serait que une ou plusieurs boutiques fasse le calcul chaque année précisément : j’ai X références de jeux dans ma boutique, il y en a y % fabriqués en france, z% en europe et w% en asie. Les données précises permettent toujours de bcp faire évoluer les choses.

       

      • Francisco Mattéoti 17/06/2021
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        Oui, bien sûr, l’expression « une écrasante majorité » n’est pas très précise. C’est plus un ressenti et il serait effectivement intéressant d’avoir des chiffres. Mais pour reprendre votre typologie on ne doit pas être loin de w = 80%. Et quels éditeurs font fabriquer leurs jeux en France à part Opla et Bioviva ? Je trouve d’ailleurs que les « grands » éditeurs français, de manière générale, sont loin d’être exemplaires dans le domaine (Matagot, Space Cowboys, Iello…) et que la situation s’est plutôt dégradée ces dernières années. Mais c’est peut être dû aussi à la montée en gamme des usines chinoises qui savent faire des choses uniques et pas uniquement lorsqu’il y a des figurines plastiques. Mais quand je vois que les Sherlock Détective Conseil (papier et carton pour l’essentiel) sont maintenant imprimés en Chine, ça me désole.

        Après, ce n’est que mon ressenti de joueur, j’imagine que les contraintes auxquelles font face les éditeurs sont fortes.

        (Au fait, vous ne voudriez pas faire pas un retirage de Medieval Academy ? Raté à sa sortie et je n’en entends que du bien…)

        • BLUECOCKER 18/06/2021
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          faire fabriquer en france n’est pas l’alpha et l’omega d’un fabrication plus écologique. Je rappelle que seulement 20 % au maximun (20 % en chine, 10 % en france) de l’impact carbonne d’un jeu est lié au transport. donc il vaut mieux d’abrd ( mais ce n’est pas excluant bien sur) s’interesser au reste c’est à dire les matériaux : leur qualité , leur quantité , leur type. Et donc , une production en europe peut être aussi écologique qu’en france . Après OPLA et bioviva sont les champions et réussisse à conjuger qualité écologique des matériaux et production très locale. C’est quand même encore au prix de grosses contraintes ( notamment de choix de jeux) que je ne suis pas encore prêt à subir en tant qu’éditeur.

          Et pour MA, on est en train d’en faire une nouvelle version totalement retravaillée graphiquement qu’on espère sortir l’année prochaine.

           

  3. Crunsk 16/06/2021
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    Merci pour cet edito fort sympathique. A mes yeux, c’est vraiment ce qui vous démarque des autres sites et ce que je préfère.

    • BLUECOCKER 18/06/2021
      Répondre

      faire fabriquer en france n’est pas l’alpha et l’omega d’un fabrication plus écologique. Je rappelle que seulement 20 % au maximun (20 % en chine, 10 % en france) de l’impact carbonne d’un jeu est lié au transport. donc il vaut mieux d’abrd ( mais ce n’est pas excluant bien sur) s’interesser au reste c’est à dire les matériaux : leur qualité , leur quantité , leur type. Et donc , une production en europe peut être aussi écologique qu’en france . Après OPLA et bioviva sont les champions et réussisse à conjuger qualité écologique des matériaux et production très locale. C’est quand même encore au prix de grosses contraintes ( notamment de choix de jeux) que je ne suis pas encore prêt à subir en tant qu’éditeur.

      Et pour MA, on est en train d’en faire une nouvelle version totalement retravaillée graphiquement qu’on espère sortir l’année prochaine.

       

  4. Djinn42 16/06/2021
    Répondre

    Il faudra que tout le monde dans la chaîne ludique s’y mette sans quoi ça va finir en argument commercial sans rien de plus. Je rigole à chaque fois que je sors ma molette de beurre salé avec son nutriscore E. Un label c’est casse-gueule mais ça a malgré tout le mérite d’exister.

    D’un autre côté est-ce qu’on doit coller une étiquette Ecolo-score partout. De même que l’écriture inclusive, le non-genré, la représentation des minorités, rappeler qu’il ne faut abuser de rien, manger et bouger, respecter les gestes barrières, la distanciation sociale (ou physique), manger 5 fruits et légumes. J’ai peur qu’on insère trop de sérieux dans le jeu et qu’on en oublie l’essentiel : s’amuser. Si les injonctions et les labels avaient le moindre intérêt, on vivrait dans un monde meilleur qu’il y a 20 ans.

    Les joueurs soucieux de ces questions peuvent faire la démarche de s’informer et ils trouveront des projets d’édition très ambitieux. Certainement que les éditeurs ne communiquent pas assez là-dessus. Hormis un certain prosélyte à chapeau de paille qui ne transige avec rien*…

    Il n’y a qu’une chose que l’économie comprend : l’argent. Si le gouvernement voulait bien se pencher sur le secteur du jeu de société et soutenir les projets d’éditeurs soucieux de la question environnementale, on ferait un pas en avant. Fabriquer local (coucou Chronicles of Waral), distribuer avec des moyens de transport sobres, limiter le matériel et faire attention à sa composition, éviter les sachets dans les sachets. Même si c’est à la marge, ça reste fortement symbolique.

    D’un autre côté c’est le consommateur final qui a le dernier mot. On voit encore prospérer des projets Kickstarter avec comme argument les figurines en plastique. Il y a toujours un public pour ça. Sans parler de révolutionner le secteur (il y aura toujours carton, métal et plastiques dans des boîtes), on peut soutenir la sobriété environnementale que certains éditeurs mettent déjà en avant. En incitant les autres sans les contraindre. C’est la demande pour ces questions qui créera les conditions d’une transformation en profondeur, si elle devait avoir lieu.

    Compliqué de se passer de l’Asie pour produire pour nous sans voir les prix augmenter drastiquement. Si on demande de l’austérité niveau matériel en plus, j’ai peur que l’effet soit contreproductif pour le secteur. On peut toujours espérer un progrès technologique comme les algues pour réduire notre dépendance au plastique, de nouvelles encres chimiques, de nouveaux papiers…

     

    (*) Je pensais le faire sourire avec une photo d’un des ces jeux en Nouvelle-Calédonie. Mon frère habite là-bas et il a reconnu le nom de deux copains qui avaient participé au projet. Au lieu de ça il s’est étranglé en imaginant le chemin parcouru par ces boîtes… Autant pour l’exotisme.

    • TheGoodTheBadAndTheMeeple 16/06/2021
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      Parlons marche justement, et mettons-nous a la place des prodcteurs chinois.

      De leur cote, il n’y a pas que le cout qui soit un attractif. Car aujourd’hui, il y a de nombreuses techniques d’impression (UV, encres metalliques, …) de moulage, sur lesquels ils sont pratiquement seuls sur le marche.

      Nous restons dans le monde de consommation et pour attirer les joueurs, surtout dans le monde participatif, il n’y a pas photo. Je suis sur que si ce genre de technique fleurit aussi sur le reste du globe, ca va marcher pour la bonne et simple raison que le transport de boites est devenu un casse-tete interminable pour de tres nombreux editeurs et que le time to market est un indice essentiel dans la force de vente.

      Si le besoin est reel, il est evident que des usines vont voir le jour ailleurs qu’en chine et que cela impactera par effet de bord le cout environnemental a la baisse.

      • Djinn42 16/06/2021
        Répondre

        Je rêve d’un jeu de figurines non pas en plastique mais à base d’algues de Vendée. Je signe tout de suite.

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