Le monde est fouuuuuu !

Le monde est fouuuuuu !

Bon, j’avoue, on est du genre sérieux avec les jeux d’ambiance chez nous.

Faut que ça soit marrant, facile d’accès, pas trop violent, original, frais et bigarré, ou rien.

Le jungle speed ? Au secours, j’ai peur de me faire mal aux mains. Vous rigolez, il y en a qui sont morts pour moins que ça. Petits meurtres et faits divers ? Excellent, mais exigeant, surtout quand on est le coupable. Non seulement faut pipeauter son monde, mais en plus faut mener une enquête, écouter les autres témoignages et repérer les mots magiques… C’est pas à la portée de tous d’être à l’aise en Colombo du rire. Le monde est fou de Chris James (chez le Scorpion Masqué) a lui, directement attiré mon attention. Je me souviens lui avoir accordé une magnifique news avec des références de très haut vol (Benny b, Pauline Ester…). La classe américaine. Pourquoi ce coup de foudre ?

Deux arguments forts

1/ je savais qu'avec mes amis, ça prendrait assez vite
2/ je savais qu'avec mes amis, ça prendrait assez vite

Ne vous y méprenez pas, ce ne sont pas les deux mêmes arguments.

L'important dans le premier argument c'est l'aspect « mes amis ». En effet, ces jeux-là, il faut le public pour. Soit des gens qui arrivent à se lâcher un peu devant les autres, voire légèrement acteurs sur les bords. Pas la peine que tout le monde sorte du cours Florent non plus. Mais si quelques éléments mettent le feu aux poudres parce qu'ils sont à l'aise dans ce genre d'exercice, l'ambiance monte, et c'est l'escalade de la violence. Alors le jeu peut prendre son envol. Je savais donc que j'avais ça sous le coude.

Dans le 2nd argument, le point fort c'est le « assez vite ». Le jeu s'explique en quoi ? 2 minutes ? Voilà. Je peux toujours dire « on tente un tour ou deux et si ça vous plaît pas on arrête ». Sur ce, je distribue quelques cartes à tout le monde et je sais que c'est gagné. Pourquoi ? Parce que les gens lisent les cartes. Et que les cartes sont excellentes. 

Le jeu s'explique donc en 2 minutes.
Un joueur sort de la pièce (chez nous, il allait au pipiroom pour la vidange) laissant ses 10 camarades de jeux avec les cartes. Ils vont devoir se mettre d'accord sur leur trouble psychiatrique commun.

(En chuchotant)

« Hey, ça c'est marrant, écoutez : "Vous croyez que le psy est un feu de camp" hihihihi ça vous dit ? »

(Un autre, toujours en chuchotant)

« c'est drôle, moi j'ai "Vous croyez que le psy est votre otage", on pourrait lui passer le téléphone et lui faire dire des trucs sous la menace d'une arme imaginaire et tout ! »

(En parlant normalement)

« Moi j'en ai une drôle ! "La moitié d'entre vous croit être des super-héros et l'autre moitié croit être des super-vilains" ! En plus, ça le ferra marrer lui qui aime les Comics !»

(Voix à travers la porte)

« Heu..j'ai tout entendu pour les supers-héros! !»

(Reprenant plus bas)

« Ha. Grmpf.»

(Un autre joueur)

« Héhéhé et celle-là c'est facile : "Vous devez faire un bruit bizarre dès qu'un joueur évoque une couleur" .. !».

(Les autres)

« Ouais… allez on commence par ça ! »

(Les fous en criant)

« Tu peux reveniiiiir !»

Le psy revient, il prend un papier et un crayon pour avoir l'air d'un psy (c'est vraiment pour le style car ça sert à rien) et commence à questionner les joueurs, un par un :

Installez-vous sur le canapé…

Le psy : « Hmm Bonjour Jim…Parlez-moi de votre relation avec votre mère…

Le fou : « Haaa… ma mère… c'était une femme très autoritaire vous savez…avec mes frères, on en voyait de toutes les couleurs… [Les autres : « KKrr » / « gzzz » / « p f ! » / « rrrrrrron » ! « atchoum !! » etc] quand elle nous emmenait à l’école elle nous disait toujours « soyez le 1er sinon rien ! », c’était pas tout rose [Les autres : « KKrr » / « gzzz » / « p f ! » / « rrrrrrron » ! « atchoum !! » etc]… »

Le psy : – …Hmmm…hmmm… merci de vous être ainsi confié Jim…

Et le psy de passer au joueur suivant (une question par joueur). Après que tout le monde ait donné une réponse, le psy formule une proposition :

« Vous êtes tous couleurophobes ! »

Oui, bon, nos psy aimaient bien inventer des termes techniques.

« C'est pas ce qui est écrit sur la carte » disait le maniaque de service. Mais on valida quand même la proposition.

Troublée, moi ? 

Les troubles à base de choses à faire quand un mot est dit sont faciles à jouer. C'est bien de commencer par eux du coup, ça sert d'échauffement. Les autres troubles demanderont plus d'imagination. Le trouble « vous croyez être des tops models » a donné lieu chez nous à une véritable pièce de théâtre.

Quand le psy arrive, une amie se lève pour aller se faire un café en marchant avec la longue démarche d'un top model, faisant des arrêts comme sur un podium, prenant ensuite la pause façon Cyndi Crawford (de José Garcia) derrière la machine à café, tandis que les autres, gardant leur fous rires pour plus tard, discutaient entre eux : « Ho un café elle ne devrait pas, ça jaunit les dents et puis elle a déjà avalé toute une salade d'endives tout à l'heure, oui darling, coco a raison, sois raisonnable ! » bon, je vous passe les blagues plus crues sur la cocaïne comme coupe-faim et je vous laisse imaginer la tête du psy.

D'ailleurs, c'est souvent ça qui est bien drôle, en dehors du cocasse des situations, c'est la tête du psy.

Une fois qu'on était lancés, c'était fini. C'est bien simple : chaque situation -plus déjantées les unes que les autres- a donné lieu à des fous rires.


« vous croyez être perdus dans la forêt »
« vous croyez être dans la station spatiale internationale »
« chaque réponse doit contenir beaucoup de détails intimes sur votre vie »
« vous répondez toujours à la question qui a été posée à votre voisin de gauche »

 

Ha pour celui-ci, ce fut aussi un grand moment aussi.

« vous répondez toujours à la question qui a été posée à votre voisin de gauche »

Le psy pose sa première question :
« Bon, ça y est, vous êtes prêts les fous ? Jo, penses-tu que l'anarchie vaincra ? »

Le 1er joueur, Jo, voulait donc répondre à côté de la plaque. Il se servit un peu de l'autre question hors-jeu pour répondre, façon Edouard Bear croisé avec Jean Claude Van Damme, quelque chose comme : « Mais je ne crois pas qu'il est question d'être prêt ou pas prêt, la vraie question c'est qu'est-ce que la folie, je veux dire, c'est important de se demander, est-ce que les futurs citoyens du monde ont envie d'être fous, un peu, beaucoup ? A la folie ? Etre fou à la folie, est-ce raisonnable ? Moi ce que je dis, c'est merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie…je suis peut-être fou mais je ne suis qu'amour ! En fait, tu as l'air malin mais moi, je suis au top tu vois.».

Le psy, à la fois amusé et impassible, enchaine avec le joueur d'après : « Comment tu trouves mon t-shirt ? »

Et le 2e joueur de répondre « Aujourd'hui je ne sais plus. Hier encore, je t'aurais dit ouaiis !!! Mais aujourd'hui… vu la situation, je n'y crois plus… ». Vous avez suivi, il répondait à la question « penses-tu que l'anarchie vaincra ? ».

Le psy, finaud, avait compris notre manège et avait décidé de s'en servir pour nous piéger. Malheureusement, la bienséance m'interdit d'en écrire plus ici. Mais demandez-vous, quel genre de questions le psy a t-il bien pu poser pour que le joueur suivant soit bien feinté en étant obligé d'y répondre…. Je vous laisse à vos divagations personnelles… ! ;)

La Raison c'est la folie du plus fort.

 

Bref, vous l'aurez compris, cette petite boîte, incluant uniquement des cartes, vous promet de très grands moments de délires pour peu que vous soyez avec les bonnes personnes et en assez grand nombre ! Typiquement, c'est le genre de jeu où plus on est de fous…

Le principe et l'édition en eux-mêmes sont élémentaires mais les propositions sont diablement efficaces et il y en a un peu pour tous les goûts. Le monde est fou ? Oh oui !

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