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New Dawn, dernier round, ding ding ding !

Ou les Grecs dans l’espaaaaaace, le retour.

Je tiens tout d’abord à préciser que ce Kickstarter se termine dans les 24 heures donc, si ça vous tente, ne traînez pas.

Artipia, vous connaissez ?

Artipia est une maison d’édition grecque dynamique, sympathique et productive, à qui l’on doit ces dernières années Among the Stars, Archon, Shadows over the Empire, Drum Roll, ou encore Briefcase.

Artipia est connue pour des campagnes KS très réussies, toujours au moins 300% de financement, près de 1000% pour Shadows over the Empire et jusqu’à 1250% pour la réédition d’Among the Stars !

Ils sont également connus pour des stretch goals nombreux et enrichissant le jeu, autant esthétiquement (miniatures, nouveau plateau, pièces en métal) que ludiquement (cartes événements, nouvelles races, …). Je parle ici de ce que je connais, à savoir Among the Stars.

Avec une telle expérience, on pouvait s’attendre à ce que la campagne de New Dawn soit un plein succès, mais non, ils ont bien foiré. Mais rassurez-vous, il est financé !

Je m’explique plus bas, pour ne pas barber ceux qui sont intéressés uniquement par le jeu.

Le jeu proprement dit

Le thème

New Dawn est la suite thématique d’Among the Stars. Le jeu a été créé par Konstantinos Kokkinis (Drum Roll) et Sotiris Tsantilas (Archon). Il est illustré par le tandem d'Among the Stars, Antonis Papantoniou et Odysseas Stamoglou, garantie de magnifiques illustrations de vaisseaux spatiaux et de bases orbitales.

Dans AtS, après une guerre interstellaire qui a ravagé la galaxie, les différentes races sont confrontées à un ennemi bien plus puissant qu’elles, et sont alors forcées de s’allier. Après beaucoup de pertes, l’Alliance, confrontée à la ruine de ses civilisations respectives, décide de poursuivre dans la voie de la paix. Ils collaborent alors pour construire de gigantesques stations spatiales, qui cimenteront leurs nouvelles relations pacifiques.

Dans New Dawn, des années plus tard, on constate que la construction des stations s’avère plus difficile que prévue (hé oui, même dans le futur, on a du retard dans les plannings). Les différentes races partent alors en exploration dans les systèmes dévastés par la guerre, afin de retrouver des modules technologiques leur apportant les ressources indispensables à la poursuite de la construction des stations.


Pratiquement, nous avons un jeu pour 2 à 4 joueurs, d’une durée de 90 à 120 minutes, de pose de tuiles (cartes dans ce cas-ci), contrôle de territoire, gestion de ressources, avec de l’interaction plus ou moins présente selon l’humeur belliqueuse ou pas des joueurs.

On retrouve 8 des 14 races d’AtS (14 avec les extensions et promos BGG), avec chacune leur plateau individuel, un pouvoir de race et un deck de technologie également propre à leur race. Les plateaux se présentent à la manière de ceux d’Eclipse. Il y a trois tracks de ressources (économique, militaire, scientifique), dont chacun des emplacements est recouvert par des miniatures de bases spatiales Au plus on va poser de bases sur le plateau central, au plus on va débloquer de ressources disponibles à chaque tour.

Egalement, au plus on construit de MHQ (Mobile Head Quarters) et plus on pose de cartes technologies, plus cela rapporte de PV.

Le plateau central, plutôt joli, se compose de 6 x 6 cases (limité à 6 x 5 en configuration trois joueurs et 5 x 5 pour deux), où l’on va donc poser ses modules.

Un tour de jeu décortiqué

1. Récolter des ressources

On procède tout d’abord à la récolte de ressources, dépendant du nombre de cases découvertes du plateau individuel.

2. Piocher 4 modules

Les joueurs piochent ensuite, face cachée, 4 modules. Ceux-ci sont au nombre de 112 en tout, à prendre au choix dans l’une des 4 piles (pour les 4 types, soit les trois ressources + hostile) et sont tous différents. Ceux-ci constitueront leur main.
Les modules sont également de deux niveaux de puissance (A pour tours 1 et 2, B pour tours 3-4-5).



 3.  Placer un module

Dans la phase d’exploration, on peut placer un module sur le plateau, tant qu’il est adjacent à un autre. L’originalité vient ici du fait qu’on bénéficie du pouvoir de la carte, qui ne sera activé qu’à la pose, mais qu’on ne contrôle pas pour autant le module en question. 


4. Acheter et placer une carte technologie

Les joueurs peuvent alors, s’ils ont assez de ressources, acheter une carte technologie de leur deck et la placer sur leur plateau. Celles-ci sont également de deux niveaux de puissance et pourront être utilisées chacune une fois par tour. 

5. Déplacer une de ses MHQ

Lors de la dernière phase avant les actions proprement dites, chaque joueur peut déplacer un de ses MHQ sur n’importe quel module du plateau. 

6. La phase d’action

Chaque joueur, à tour de rôle, peut accomplir un total de 3 actions parmi les suivantes :

  • Prendre une ressource de son choix
     
  • Etablir une base
    Choisir un module non-contrôlé sous ou adjacent à un de ses MHQ et payer le coût en ressources (en bas à gauche de la carte, et de la ressource de la couleur de la carte)

     
  • Prise de contrôle
    Si on a un MHQ dessus ou sur un module adjacent, on peut tenter de prendre le contrôle d’un module, soit inoccupé, soit déjà contrôlé par un autre joueur. C’est là qu’interviennent les dés. Il y en a de quatre types, vert – blanc – jaune – rouge dans l’ordre croissant de force (par exemple, les verts ont comme faces 0-1-1-2-2-3, tandis que les rouges ont 3-4-5-5-6-6).

    – Pour une prise de contrôle d’un module neutre
    L’attaquant doit, avec un dé par MHQ adjacent ou sur le module, faire plus que la somme du coût d’achat d’une base de ce module et des PV de celui-ci (soit le total des chiffres en bas à gauche et à droite de la carte du module).
    – Pour une prise de contrôle agressive
    Le défenseur lance lui-même le ou les dés, un pour sa base et un par MHQ présent ou adjacent.

    On peut également à ce moment-là faire usage de divers tokens (+2 à son dé, relancer le dé, ajouter un dé vert, …).

    Une fois le module capturé, on dépense en ressources correspondantes (à nouveau économique, militaire ou scientifique) le coût indiqué sur la carte et on pose une de ses bases du track approprié, libérant part la même occasion une case de ressources de plus.

    La dernière phase de la prise de contrôle est un mécanisme original, qui consiste à choisir l’orientation de la carte du module. Il faut en effet savoir qu’au début de la partie, on dépose aléatoirement 1 carte « avantage des bases » sur chaque côté du plateau. Chaque module a un certain nombre de flèches, de 1 à 3, pointant vers un ou plusieurs côtés du plateau, ce qui fait que le contrôleur peut ainsi choisir de quel avantage il va bénéficier.

    Le bon déplacement des MHQ est donc primordial afin de garantir une bonne défense, mais également en soutien pour une prise de contrôle efficace

  • Faire appel à un ambassadeur
    Les ambassadeurs sont placés sur le côté du plateau et peuvent être utilisés chacun une fois par tour maximum. Ils apportent divers pouvoirs au module sur lequel ils sont placés

     
  • Construire un MHQ supplémentaire et le placer

7. L'aide à l'Alliance

Intervient enfin la dernière phase, l’aide à l’Alliance. Trois cartes représentant des vaisseaux sont dévoilées au début de chaque tour. Elle affichent chacune une combinaison de ressources valant plus ou moins de PV. Par exemple, on a un vaisseau demandant 1 ressource économique et 1 scientifique et rapportant 1 PV. Chaque joueur, à tour de rôle, et s’il le peut, paye les ressources demandées et prend la carte pour lui. Les cartes sont remplacées immédiatement, ce qui fait qu’on a toujours le choix entre trois combinaisons.

Fin du jeu

Le jeu se termine après 5 tours, et ce n’est qu’alors qu’on comptabilise les PV, ceux des modules sous son contrôle, le total des cartes « aide à l’Alliance », plus les PV bonus selon le nombre de cartes tech et de MHQ construits.

La première impression de votre serviteur

Honnêtement, le jeu me paraît très prometteur et avec certains mécanismes originaux, malgré des emprunts flagrants (à Eclipse entre autres). Côté rejouabilité, c’est tout bonnement excellent : 8 avantages des bases, 8 races avec pouvoirs et technos différents (9 avec les SG), 112 modules uniques, c’est Byzance smiley. Le jeu peut être « pimpé » grâce à des add-ons (payants) avec des pièces design en métal pour les ressources (24$) et de jolies miniatures à la place des tokens des ambassadeurs (28$, également utilisables dans AtS).

Si cela vous plaît, vous savez ce qu’il vous reste à faire wink

 

>> la campagne KS.

 

Comment rater son Kickstarter

(mais bien s’en tirer quand même grâce à sa bonne réputation)

Enfin, rater, c’est un grand mot, je m’explique.

La campagne s’étalait sur 33 jours.
Après un départ en flèche et un financement de $20,000 atteint dès le troisième jour, c’était bien parti !

Par contre, ils avaient annoncé les règles, une vidéo de gameplay et des critiques disponibles dès le début, et c’est là que ça a commencé à mal tourner.
Les règles (provisoires) furent disponibles après 5 jours, ça va encore, mais les critiques continuaient à briller par leur absence. Les updates étaient rares, mais heureusement intéressants et expliquaient bien les phases de jeu.

Il faut avouer qu’il y a tellement de projets KS enthousiasmants que certaines personnes (moi inclus) ont besoin d’au moins un avis d’un testeur professionnel pour se faire une première idée. D’autant qu’à force de regarder les critiques vidéo sur Internet, on sait quel testeur a plus ou moins les mêmes goûts que soi.

Après 13 jours, ils ont fièrement annoncé une preview du jeu, mais par Vangelis Bagiartakis, créateur d’Among the Stars et donc employé d’Artipia !
Avant et après cela, silence radio à propos des critiques.
Inutile de dire que les pledges ont stagné pendant une vingtaine de jours, certains se retirant même.

24 jours après le début de la campagne, Artipia s’excuse et s’explique enfin, qu’ils voulaient fournir aux critiques des prototypes les plus proches possible du jeu définitif (donc également avec miniatures) et que cela a pris bien plus longtemps que prévu.

28 jours après, et donc 5 jours avant l’échéance, deux vidéos, l’une de Tom Vasel et l’autre de UndeadViking. Tout le monde se frotte les mains et déchante immédiatement, la vidéo de Tom Vasel indiquant « This is a paid preview » !!!

Même si, à la fin de la vidéo, Tom Vasel affirme, off the record, que le jeu lui plaît beaucoup et explique pourquoi, cela a provoqué un scandale parmi les backers et sur un sujet de BGG, remettant en cause son intégrité, suite au fait qu’il conclue par « I think you should back this » dans une preview payée par Artipia.

UndeadViking, lui, a fait une vraie critique vidéo, il aime beaucoup, mais on pouvait s’en douter depuis le début du KS, le jeu est tout à fait de son style : des dés, beaucoup d’interaction, …

Entretemps, il restait 5 jours avant la fin de la campagne et, à part dans ces tests, pas de vidéo officielle de gameplay, bravo Artipia  cheeky

En fin de compte, tout ça n’est pas si grave, dans le sens où le jeu est financé depuis longtemps. C’est juste dommage que, suite à cela, un grand nombre de stretch goals sont bêtement « gâchés » car, forcément, on n’en aura jamais débloqués autant en cinq jours qu’en 30.

Bon, ok, je suis peut-être difficile et c’est souvent un réflexe quand on fait beaucoup de KS. On ne regarde plus que les SG et on en oublie que le principal, c’est le financement initial. Mais quelle opportunité manquée quand même pour eux !
Jusqu’ici ont quand même été débloquées des cartes en plus pour les modules et avantages des bases, et une nouvelle race. On a quand même atteint les $80,000 à l’heure qu’il est, ça a bien repris, dommage que ce soit si tard, on aurait pu exploser les paliers, j’en suis sûr.

J’aurais quand même aimé plus de critiques cela dit, et pas nécessairement vidéo.

Que tout cela ne vous décourage cependant pas, je crois que le jeu a tout à fait sa place dans le paysage ludique actuel et qu’il amène son lot d’originalité et de fun. Avec une rejouabilité énorme en plus de cela.

Moi j’ai pledgé en tout cas.

 

A bientôt pour de nouvelles aventures !

   

4 Commentaires

  1. Photo du profil de Wraith75
    Wraith75 31/07/2014
    Répondre

    Dernières nouvelles : Artipia vient de proposer que, tant que le jeu est en production, les précommandes via leur site continuent de compter pour le déblocage des SG.

    On attend juste confirmation.

     

    Un beau geste Artipia, merci !!!

  2. Photo du profil de Wraith75
    Wraith75 01/08/2014
    Répondre

    Et voilà, c’est fini !

     

    Très belle fin de campagne néanmoins, on termine à $107,000 et 538% de financement.

    Si on compte les 5 derniers jours, donc depuis la publication des critiques vidéo, ça fait une augmentation de près de $50,000.

    Avec la poursuite du financement via les précommandes, on peut être assuré d’encore débloquer un SG ou deux.

  3. Photo du profil de Krissou
    Krissou 01/08/2014
    Répondre

    Et bien moi, ils ne m’ont pas convaincue… Tout d’abord je trouve le jeu trop proche d’éclipse. Il m’y a fait beaucoup penser à la lecture des règles mais en version allégé et moins attirante pour moi. 

    Et puis, les campagnes d’Artipia me font de plus en plus penser à des pompes à frics… Oui leur Strech Goal sont souvent attirant (c’est ce qui nous a décidé pour Amoung the star), mais là… Des Strech goal qui donne accès à des goodies payant… Je trouvais ça culloté…

    Mais bon suis contente, le jeu est financé, tu as craqué donc je pourrai quand même y jouer une fois (et voir si j’ai eu tord ou non :p)

  4. Photo du profil de Wraith75
    Wraith75 02/08/2014
    Répondre

    D’accord avec toi que je ne préférerais que des SG qui rapportent quelque chose gratuitement, plutôt que de débloquer un add-on payant.

    Pour le reste, je soulignais dans l’article le rapport avec Eclipse, mais pour moi, ça se limitait quand même aux plateaux individuels avec leurs bases à poser sur le plateau central et débloquant des ressources. A part ça, on est quand même très loin d’un 4X spatial comme Eclipse.

    Donc le jeu reste suffisamment original à mes yeux.

    Et oui, tu auras le droit de l’essayer

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