Magnum opus : la bonne formule ?

1583, date où Rodolphe II, roi de Bohème, transfère le siège de la cour impériale d’Allemagne à Prague. Ah Prague… Le pont Charles, la place de l’horloge, son cimetière et… ses alchimistes. À ce moment, Prague n’est pas encore la ville du tourisme, mais celle des arts occultes. On y va pour chercher des formules « magiques » et de mystérieux composants. Ce que vous allez faire, comme les autres. Que dis-je, mieux que les autres !

 

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Magnum opus c’est d’abord cette couverture qui en jette et ce matériel assez classe : des cartes format tarot superbement illustrées, deux mini plateaux et ce pion circulaire « ouroboros » en métal digne d’un palier kickstarter. Mais une fois encore, je trouve la boite bien trop imposante pour son contenu.

L’auteur s’en explique en commentaire du Ludochrono : «  La taille de la boîte a été débattu 100 fois, elle aurait certes pu être plus petite, mais l’adéquation du prix de vente et de la taille de la boîte, la visibilité en rayon, les planches de punchs, la lisibilité d’un livret de règles format A4, la volonté de laisser de la place à l’illustrateur pour une grande couverture, la nécessité d’avoir un thermoformage qui évite à l’ouroboros de tout détruire dans la boîte sont autant de raisons qui ont poussé l’éditeur à ce choix, que j’apprécie car le résultat est un bel objet ». C’est dit. 

La partie de Magnum opus va se jouer en 5 tours. Les jetons alchimie seront placés sur deux lieux : la place de l’horloge et la ruelle d’or. Chaque joueur reçoit un paquet identique de 9 cartes, 3 sous et choisit un contrat. À noter qu’un paquet neutre supplémentaire est utilisé par le possesseur de l’ouroboros. Le but : réussir à compléter les formules et réunir des paires de composants précis pour marquer des points.

Les phases d’actions sont simples :

  • Remettre des composants à disposition en début de manche.

  • Choisir une personnalité, via un draft, puis une autre que l’on pose devant soi. Le joueur possédant l’ouroboros se sert dans le paquet neutre et place le paquet qu’il vient de recevoir sous l’ouroboros.

  • Une fois six personnalités placées devant chaque joueur, on regarde les majorités dans chaque valeur en commençant par le 1, puis le 2, etc.

 

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les petites valeurs plutôt dans l’attaque.

 

L’important est donc ici de gagner les majorités pour activer les pouvoirs du personnage ou de créer des égalités pour les bloquer, empêchant ainsi votre adversaire de progresser. Chaque carte offre généralement deux possibilités : Vous pouvez activer un effet, récupérer un/plusieurs sou(s) et une faveur (achat d’un composant sur un marché réservé) OU solliciter un achat de composant bien précis si vous pouvez vous le payez.

Les pouvoirs des personnages sont expliqués au dos du livret de règles. Les pictogrammes sont clairs et seront vite assimilés. Certains ne donneront pas de d’argent et de faveur, mais auront des effets d’attaque (Wolrad – 1 -) qui détruit une carte ; Ludmilla – 2 – qui échange deux cartes…) . D’autres permettront le vol (Venceslas – 5 –), l’achat de personnage chez un autre joueur (Jezebel – 4 –) ou seront très généreux (Lukas, renommé Radek – 9 –  qui vous offre 4 sous). Chacun d’eux permettra l’achat de composant dans un des deux lieux.

Le décompte tombe à la fin de la cinquième manche : On marque selon son contrat (la carte Magnum opus), par composant acheté et paires identiques réalisées.

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les lieux d’achat : Ruelle d’or ou Place de l’Horloge…

 

Magnum opus : l’Alchimie ou la dèche

Après un début difficile et quelques jeux dispensables (Nightmarium, Cthulhu : l’avènement), Bragelonne semble mieux cibler ses produits avec la Vallée des marchands et maintenant ce Magnum Opus. L’éditeur sait proposer de beaux jeux et celui-ci se situe pile dans la continuité : matériel soigné, illustrations léchées, on apprécie de manipuler les éléments (petit bémol : je vous conseille de protéger les cartes, elles ont tendance à marquer). Malgré les explications de l’auteur données plus haut, j’aurais été ravi de de posséder une boîte plus facilement transportable.

 

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Les nobles, ça rapporte !

 

Côté mécanismes, nous voilà dans un jeu à base de draft et de majorités. Autour de la table, les joueurs l’auront rapprocher de Koryo avec l’activation par valeur croissante et majorité (la différence est qu’ici toutes les cartes sont en nombre identique). Si le premier tour est hésitant, on comprend très vite la subtilité de la chose. Ouh Pinaise ! S’il est important de prendre une majorité, il est tout aussi important de la garder, de veiller à ce que les effets soient réalisables (ai-je assez d’argent, est-ce qu’on risque de me voler mon personnage, le composant qui m’intéresse est-il disponible, si je dois échanger une carte, laquelle vais-je donner sans favoriser quelqu’un…?). Cette phase de questionnement alliée à une prise de carte vous mènera parfois loin dans les hypothèses. Parfois, ce sera plus simple selon ce qui est posé et si vous êtes le détenteur de l’ouroboros. Ce paquet neutre vous permet de posséder au départ toutes les cartes en double et, si cela se passe bien, de prendre d’entrée une majorité. Mais puisque lui aussi se passe de mains en mains…
Petit détail qui a son importance, les paquets sont de différentes couleurs ce qui vous donne des indications sur ce que vous pouvez espérer ou non.

 

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L’ouroboros, un élément de poids

 

Magnum Opus est un jeu qu’on pourrait qualifier de minimaliste avec ses 9 cartes. On sent que c’est un jeu fignolé avec minutie où l’interaction est privilégiée tout autant que la réflexion et l’adaptation. Attendez vous à ce qu’il soit plus long que les 30 minutes annoncées sur la boîte pour les premières parties, ensuite vous serez plus alerte.  

 

   

1 Commentaire

  1. Photo du profil de Laurent Denis
    Laurent Denis il y a 2 jours
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    Merci beaucoup pour cet article, c’est un jeu qui me tente car j’adore ce mécanisme, il rejoindra sans doute ma ludo. J’ai juste peur qu’il fasse doublon avec Nine (récent jeu de SWAF que j’adore et qui est une reprise un peu plus poussée que Koryo)… Mais bon quand on aime on ne compte pas 🙂

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