eXplorers : Terra incognita ?

Roll and write, flip and write, draw and write, des dés, des cartes, des polyominos, tout ou presque a été fait dans la famille des jeux à cocher comme on dit en français. Peut-on encore faire montre d’originalité dans ce domaine ? Avec Explorers, le prolixe Phil Walker-Harding (Sushi Go, Imhotep, Gizmos…) nous propose une espèce de mix de tout cela dans une course à l’exploration. Cochons voir !

 

À l’aventure compagnons

Nous voilà donc parti à l’aventure durant quatre saisons (soit quatre manches) dans des territoires sablonneux, maritimes, de montagnes ou bien encore de plaines.

En début de partie, vous sélectionnez quatre tuiles paysages et les placez dans votre plateau domaine, les autres feront de même, de sorte que l’on ait tous la même configuration. Vous clipsez aussi les tuiles de scorings dans le plateau et en avant l’aventure !

Trace droit devant toi !

Trace ton chemin ! Si Cartographers demandait de dessiner des polyominos ou Welcome des numéro de rue, ici on va tracer des croix et cocher des cases sur son plateau à partir du village de départ. Nous faisons cela afin de ramasser le long de la promenade des aliments (poissons, pomme, carottes), récolter des gemmes, ou récupérer des clés et ouvrir des temples. Évidemment il n’y a pas de liberté sans lois : on doit toujours cocher une case adjacente à une autre case déjà cochée.

La mécanique reste celle du flip and write, mais là où Welcome ou Demeter nous proposent plusieurs cartes, ici on en retourne une seule avec deux choix possibles. Le joueur actif sélectionne son terrain et coche trois croix sur ce terrain, les adversaires peuvent cocher trois cases aussi, mais ils devront le faire sur l’autre terrain proposé. Ils peuvent éventuellement choisir le même que le joueur actif mais dans ce cas, ils ne cocheront que deux cases (et on sent bien que ce n’est pas optimal).

 

L’inconvénient de ce genre de jeux, en général, c’est que l’interaction est très limitée, chacun se concentre sur son plateau. Dans Explorers sans être centrale, l’interaction est néanmoins présente dans la course aux temples (les premiers gagneront plus que les suivants). Pour ce faire, il faudra d’abord aller chercher une clé, par conséquent on se surprend à surveiller les camarades : où en sont-ils ? a-t-on le temps de batifoler avant d’aller dans un des temples ?

En fin de manche, on va marquer des points selon les scorings, pour chaque gemme que l’on aura cochée par exemple, ainsi, plus on les coche tôt et plus on scorera à chaque manche (comme les pièces dans Cartographers) ; les aliments fonctionnent par manche, c’est du périssable sous forme de collection (par exemple deux points si vous en avez un, et dix si vous avez coché les trois dans la même manche). En fin de partie, on ajoutera aussi les points des villages aux alentours et ainsi on aura un·e gagnant·e. Dans ce jeu, on ne pourra pas tout faire, il faudra choisir son ou ses axes stratégiques : les gemmes, les aliments, la course au temple, les villages…

 

Explorers se démarque sur sa richesse et sa variété. Avec son système de setup, il faut savoir que l’on a 8 tuiles différentes et chaque partie se joue avec 4 uniquement, mais on peut les tourner dans les sens souhaités. De plus, les tuiles scorings, ainsi que le plateau, sont recto verso, ainsi on peut choisir si on gagne des points avec les gemmes, ou si au contraire on en perd pour chaque gemme non cochée. La collection d’aliments est différente aussi, et même les temples peuvent au lieu de rapporter plus de points au premier donner le même ratio de points mais permettre au primo arrivant de cocher trois cases en plus sur son plateau. Cela n’a l’air de rien, mais on appréhende plus du tout le terrain de la même façon.

 

En plus, on peut ajouter des objectifs supplémentaires en retournant 1 à 3 tuiles terrain, ce qui peut enrichir des dilemmes ou encore augmenter l’aspect course. Comme il y a 32 tuiles différentes, ça vous donne une rejouabilité importante (non, je ne vous donnerais pas de stats ^^).

 

Explorers marquera-t-il le jeu de société ?

L’édition est assez exceptionnelle puisque chaque plateau est effaçable, mais aussi les cartes, les cadres, etc. Cela peut sembler anecdotique, mais avec des enfants, c’est un vrai plus (le jeu indique 8+). Armé d’un feutre en main c’est rapidement l’accident ; ici ils peuvent s’en donner à cœur joie et même dessiner sur les cartes s’ils le désirent, restera seulement à tout effacer avant de ranger dans la boite. Pour chipoter, on regrettera le fait qu’il manque une petite éponge pour nettoyer tout cela. Les illustrations de Sabrina Miramont ne sont pas ultra immersives, mais l’objectif était sans doute plutôt de réaliser quelque chose de très clair et propre ergonomiquement parlant, et de ce côté là, c’est réussi, le jeu est toujours très lisible, au contraire d’un Cartographers.

On reste en terrain connu certes, et l’on ne peut pas dire que l’on soit soufflé par l’originalité de la proposition, mais le titre a le mérite d’être très accessible et très rejouable. Par ailleurs, il propose tout de même des choix intéressants (je me suis surpris à me prendre au jeu), l’interaction n’est pas en reste même si elle ne réside que dans la course aux temples, cela suffit à lever le nez (plus que sur bon nombre de jeux du genre).
Les chevronné·e·s resteront probablement sur leur faim avec cet opus grand public et préféreront des défis plus taillés pour eux comme Très Futé, Demeter, etc. Mais qu’on se le dise, cet Explorers conviendra très bien à un public moins expérimenté et plus familial.

 

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