Small is beautiful #41 : Une patate à vélo, Forest, Aqualin, Olé Guacamolé, Blitzkrieg, Gasha, Last Message, Sobek 2 joueurs…

Le mois dernier, c’était les soldes.

Vous y étiez ? Parce que l’air de rien, il y  avait de quoi faire. À la fois super pour payer moins, se prendre la boîte sur laquelle on hésitait, mais aussi déprimant au vu des titres proposés : Objection (survendu par l’éditeur ?), Race for the Galaxy (trop cher pour une réédition ?), The Great race (le KS est passé et la version boutique est incomplète ?), Machi Koro Legacy (trop cher ?), Ecos (gameplay trop entre deux chaises ?), Animix (trop passé inaperçu ?), Lewis et Clark (mauvaise idée de rééditer celui-là ?), Zombicide Night of the Living Dead (trop niche ?), Agricola Famille (celui de trop ?)… Il n’y a pas si longtemps, les soldes se faisaient sur les jeux de l’année passée, aujourd’hui sur ceux du trimestre dernier. « Oui, on sait, il y a trop de jeux, mais que voulez vous, si ce n’est pas moi qui le sort, ce sera quelqu’un d’autre… ». Les matières premières commencent à se faire rare, les boutiques se retrouvent avec les invendus… Arrive-t-on bientôt au fameux moment de l’éclatement de la bulle ? 

 

S’il vous reste encore quelques deniers à dépenser, c’est maintenant.

 

 

UNE PATATE A VÉLO (Randolph)

 

 

Mes années aux côtés de Sherlock Holmes Detective Conseil ont aiguisé mon sens de l’indice. Donc quand je vois que sur une boite de jeu est écrit « le jeu » mon esprit est immédiatement en alerte. À raison. Cette patate à vélo est d’abord un livre pour enfants, un véritable succès vendu à 60 000 exemplaires. Certains auront trouvé la démarche un peu facile, ce côté non sens sans rien derrière, il n’empêche que les enfants se seront vite appropriés la phrase récurrente « ça s’peut pas ! ».

Suivant le principe du livre qui propose des situations incongrues (un brocoli qui compte jusque 10, une carotte qui prend son bain…) le jeu, grâce à ses cartes, permet de multiplier les situations en mélangeant les propositions. Le brocoli peut maintenant prendre un bain, chanter ou mettre des lunettes. À   chaque tour on retournera deux cartes et chaque joueur devra choisir si ça se peut ou si ça se peut pas. Si le groupe a opté pour la même réponse, la patate avance sur son plateau. À la fin des 15 propositions, si le pion a atteint 8 ou plus, c’est gagné.

 

Est ce que ça se peut un small qui parle de Twilight Imperium ?

 

La patate ou patate trac ?

Avant cette boîte, je ne connaissais pas Elise Gravel. J’avoue que les illustrations et le décalage des situations m’ont amusé. Le matériel est mignon, les cartons de vote bien identifiés avec deux couleurs et le déroulement est intuitif, générateur de discussions et de rigolades. Même si on a ajouté cette piste de score, on peut se demander si cet exercice est vraiment un jeu ? Car il n’y a pas grand-chose à faire, ludiquement parlant. Voyons cela comme une extension au livre, un épisode 2 et 3 qui ne seraient pas parus. Ce n’est pas dérangeant. Les enfants continuent à adorer et si vous, adultes, aimez l’absurde, c’est un détour à effectuer, je suis sûr que quelques associations sauront vous tirer le sourire.

 

FOREST (Helvetiq)

 

Helvetiq s’améliore avec les années et parvient à régulièrement à surprendre. Maintenant, quand je vois une de ces petites boîtes au format reconnaissable, je fais plus attention. Encore plus si l’auteur s’appelle Leo Colovini (Cartagena/Intrigues à Venise). Si la couverture est moyenne, les cartes sont toutes charmantes, peuplées de petites créatures allant des hiboux au Père Noël, lutins et autres Peau d’âne des contes de fées. Mais que fait tout ce beau monde dans les bois ? Avant d’avoir une réponse, il va déjà falloir débusquer ces personnages.

Chaque joueur part avec trois cartes. On pose, on pioche. Chaque carte représente une portion de forêt avec arbres et personnages. Vous pouvez jouer les troncs en vertical ou le feuillage horizontalement. Le but : poser le septième membre d’une famille et ainsi remporter toutes les cartes où figure le personnage. Si jamais vous ne le voyez pas ou faites un mauvais calcul, tant pis pour vous, le joueur suivant pourra réclamer votre récompense.

 

 

Court Forest ou bon sang de bois ! ?

Ce jeu est normalement à destination des enfants. Ils auront, du moins au départ, une vision plus parcellaire que les adultes, se concentrant sur un type de personnages et laissant passer une occasion qui leur tend les bras. Ce qui peut aussi arriver aux grands, avouons-le. Les illustrations jouent beaucoup sur l’intérêt du jeu et on passe un bon moment. Pour corser la difficulté, on peut jouer avec la variante qui demande de ramasser le moins de cartes possible, on marchera alors sur des œufs (sûrement ceux des hiboux) en essayant de ne pas atteindre 7 ou en oubliant de le dire. Personne n’a rien vu, c’est bon ?

 

OLÉ GUACAMOLÉ (Le scorpion masqué)

 

 

Le Scorpion se spécialiserait il dans le jeu de mots ? Après Decrypto et Master Word, jouant plus sur les associations d’idées et la déduction, on s’occupe aujourd’hui plus particulièrement des lettres et de leur assemblage. Tirez une carte dans la pioche : B. Il va falloir donner un mot sans la lettre B comme aventurier. Nouvelle lettre, M, le nouveau mot ne devra comporter ni les lettres B ni M, et avoir un lien avec aventurier : chapeau. On continue ainsi jusqu’à… Si on se trompe, le mot contenant une lettre présente, ou si on ne trouve pas, on ramasse les cartes. Il faut bien sûr en avoir le moins à la fin de la partie. Des cartes spéciales qui font rejouer, passer son tour ou donner deux mots, pimentent le tout. Des cartes avec deux lettres mettent un peu la pression.

 

et bien…pied !

 

J’appelle mon avocat ou servez-moi encore de la tequila ?

Mélanger party game et jeu de lettres n’est pas évident ! Plus proche d’un Gutenberg sorti en fin d’année, l’esprit va être mis à rude épreuve. Facile de se débrouiller avec trois ou quatre lettres, plus difficile par la suite. Le point fort du jeu est de laisser le thème totalement libre, on peut donc la jouer adulte ou plus familial. Pour le reste, il faut être habitué à la gymnastique mentale et littéraire. Une variante maison fait que si deux lettres sont sur la table, il faut alors placer cette lettre dans le mot, et éviter les autres. Une autre propose que si quelqu’un sèche, le joueur qui trouve le mot peut rendre une carte qu’il a en stock. Vous en faites ce que vous voulez, c’est cadeau.  
Si vous aimez les circonvolutions littéraires, laissez-vous tenter, le jeu verse plus dans le cérébral que dans la déconne (quoiqu’avec les bons partenaires, les fous rires peuvent être au rendez-vous !), mais le challenge reste plaisant et intéressant. La boîte en forme d’avocat sera, en plus, du plus bel effet dans votre cuisine.

 

AQUALIN (Iello)

 

Aqualin chez ie l’eau ?

 

Après Gorinto, exercice abstrait mais accessible, nous plongeons dans les profondeurs aquatiques pour y collectionner coquillages et crustacés, ou, si la forme vous ennuie, les couleurs de l’océan. Jeu à deux, avec des pions carrés et une grille, le challenge est simple mais diffère d’un joueur à l’autre : L’un doit en effet rassembler des animaux de même type, et le second des animaux de même couleur. 

À votre tour, vous pouvez déplacer un pion présent sur la grille, en ligne ou colonne, c’est ce mouvement qui fera la différence. La tuile doit être glissée le long de la ligne ou de la colonne qu’elle occupait, et peut s’arrêter où bon lui semble (mais s’arrête au premier obstacle). Puis, piochez un nouveau pion au marché, une rivière plutôt (6 pièces), et placez-le. Sur n’importe quelle case vide du plateau. C’est tout. Une fois la grille remplie (36 cases), c’est le décompte. Plus votre banc de poissons (tuiles adjacentes) est important, plus vous marquez. Pas la peine de se compliquer la vie !

 

 

On touche le fond ou c’est le grand plongeon ?

Boîte au matériel agréable à manipuler, au thème qui en vaut bien un autre, Aqualin est donc un jeu abstrait sur lequel il n’y a pas grand-chose à dire si ce n’est de l’essayer : la simplicité des règles devrait vous en convaincre. Attention néanmoins il faut se familiariser avec formes et couleurs parfois approchantes. Les joueurs habitués pourront apprécier l’idée, ceux, moins rompus à ce genre d’exercice, pourront aussi y trouver leur compte et progresser. On se demande comment, avec des règles aussi légères, on arrive à se prendre autant la tête, la faute à la phase de déplacement qui fait réfléchir sur deux tableaux à la fois. Si pour vous abstrait rime avec ennui, cette parenthèse marine va vous faire boire la tasse. Dans le cas contraire, voilà un exercice bien dosé pour les amateurs de nage en eaux profondes.

 

GASHA (Bankiiiz)

 

 

Inspiré par les distributeurs japonais de joujoux ou « tir à 100 balles » de nos fêtes foraines, ce jeu de contrat s’articule autour de deux axes : Piocher les bons objets/personnages (les cartes gasha) pour remplir les contrats ou, autre action possible, échanger ses gashas contre un contrat pour marquer des points. Pour ne pas laisser totalement le hasard décider de la partie, le dos des paquets vous donne une indication sur le symbole que vous pouvez récupérer. Quand vous avez réuni les symboles demandés, prenez le contrat. Si ce dernier est illustré d’un ticket, essayez d’en avoir un deuxième pour prendre un jeton bonus (points, rejouer…). On continue à piocher jusqu’à ce que la pile contrat soit vide ou que les jetons bonus aient tous été distribués.

 

Gasha suffit ou Gashâââ lovely ?

Le jeu est mimi avec ses couleurs éclatantes. On pourra reconnaître Goldorak ou Sailor Moon parmi les personnages, petit clin d’œil sympathique. Niveau jeu, on a beau essayer de lui trouver des excuses et tenter de deviner à qui il s’adresse : « Les débutants, les enfants, les Ehpad, les amoureux du Japon… », il reste toujours cette question en suspend « pourquoi ? ». Pourquoi éditer un jeu aussi plat ? Un jeu où on manque cruellement de choix. Prend des cartes, essaye de réunir les bons objets et valide ton contrat. On n’a rien à faire de plus, on recommence encore et encore la même action jusqu’au moment où on a ce qu’il faut. Le côté automatique renvoie certes bien aux gashas mais bon… 

 

SOBEK 2 JOUEURS (Catch Up Games)

 

 

Sobek repart en Egypte avec ses collections de vaches, de papyrus, poissons et autres. Des gains qui ne valent rien sans leurs multiplicateurs (nombre de cartes x nombre de scarabées) et un nouveau système de sélection des tuiles comme l’expliquent les auteurs dans un petit texte livré avec la boîte. 

Sobek est pour deux joueurs, a maintenant un plateau, une grille sur laquelle il faudra déplacer l’Ankh pour prendre des tuiles, et ce dans la direction indiquée par la tuile que vous aurez prise. Comme avant, si vous désirez la troisième tuile de la rangée (ou colonne ou diagonale) il faudra ajouter les intermédiaires à votre stock de corruption. Vous croiserez des personnages pour vous aider (Vizir vole une tuile à votre adversaire/Marchand prend une tuile sans déplacer l’Ankh…) et quand vous aurez réussi une livraison, c’est-à-dire posé une série de symboles, vous pourrez prendre une pirogue (attention, il n’y en a que cinq). Là encore vous récupérez un bonus (rejouer et orienter l’Ankh, gagner 7 PV, + 2 scarabées sur un lot…). Il n’y a plus de pioche, la partie est terminée. On regarde celui qui a le plus de corruption, son adversaire peut alors piocher x jetons dans le sac de Deben (PV).

il est frais mon poisson !

 

Je ris de me voir Sobek en ce miroir ou totalement Nil ?

À son époque Sobek avait fait couler de l’encre à la fois de par ses mécanismes et son édition soignée. On retrouve la qualité des deux dans cette redite, avec, en prime les aides de jeu sur les pouvoirs qui faisaient défaut auparavant. Redite, pas tout à fait. Là où on avait un jeu plutôt familial (prendre de la corruption pour prendre la carte désirée) nous faisons face aujourd’hui à un jeu plus abstrait. Sobek ne se joue plus sur une rangée mais sur trois directions. C’est un jeu à contraintes, c’est la tuile que vous prendrez qui vous indiquera où vous diriger au tour suivant. On est alors dans des choix plus complexes sur ce qu’on va laisser mais aussi sur ce que pourrait prendre son adversaire. Le sens du timing a aussi son importance. Reste les personnages, semant le chaos au milieu d’un plan qui se voudrait sans accroc et qui feront couiner certains, jugeant le mélange calcul/hasard, incompatible. La corruption est bien sûr présente et c’est la différence entre les deux piles de chaque adversaire qui donnera à l’un des joueurs la possibilité de piocher des points dans un sac. La fin peut être assassine si on abuse de la corruption, on peut tirer dans le sac un 9 comme un 3 et perdre le jeu si on est serré au score. Sobek 2 est un peu plus sérieux que son ancêtre, ce qui ne signifie pas qu’il soit dénué d’intérêt, au contraire.

Atom vous livre aussi ses impressions ici !

 

 

BLITZKRIEG (Matagot)

Autant la couverture du livret donne le ton, autant le visuel de la boîte me questionne, ce mélange dessin/photos ne semblant pas savoir ce qu’il veut. Heureusement, le nom de Paolo Mori (Libertalia) fait de suite balancer ce produit au matériel un peu cheap (plateau non plat, paravent qui se gondole et règles loin d’être irréprochables) du bon côté de la balance.

Blitzkrieg Bob, presque un titre des Ramones !

 

Blitzkrieg peut rebuter de par son côté wargame, ce qu’il n’est pas. La guerre en 20 minutes est la promesse faite aux deux joueurs qui vont s’affronter. L’idée générale est plutôt celle d’un tir à la corde sur cinq théâtres d’opération (cinq lieux). En piochant ses armées maritimes, terrestres ou aériennes d’un sac, en se positionnant sur les campagnes, et ainsi gagner des bonus (détruire un jeton adverse, récupérer une arme spéciale, prendre des PV, avancer son marqueur de x cases…), il va autant falloir avancer que bloquer son ennemi. 
Les batailles se finalisant rangée par rangée, celui qui met fin à une campagne ouvre la voie à l’adversaire. Le choix des effets des cases étant important, on se demande s’il faut parfois obtenir la victoire ou perdre et se concentrer ailleurs. Le sel du jeu est bien là, prendre ou laisser. Les choix seront tantôt contraints (on n’a plus assez de jeton derrière son paravent) tantôt cornéliens (prendre des points et donner l’accès aux bombes et à la perte d’un jeton…). Le premier qui atteint 25 points est le gagnant.

Faut que G.I ou Axe c’est bon ?

Si l’erreur est humaine, le laxisme permanent des traductions et relectures est pénible. Une fois encore, il faut interrompre sa partie pour faire le tour des FAQ sur la bonne utilisation de l’icône recherche. C’est dommage ! Surtout sur un livret aussi peu étoffé. Après papotage avec des gens concernés, j’apprends que les délais de traduction sont très courts pour les localisations, ceci expliquant peut-être cela, mais au bout du compte, c’est quand même sur le joueur que ça tombe, surtout qu’à l’heure où parait cet article on attend toujours une correction…

 

 

Le jeu en tant que tel nous a vite conquis. Le thème, sans être immersif, est bien présent. Sa fluidité, alliée à une prise en main rapide fait mouche. Les questions sont légion : faut-il s’étendre, faut-il au contraire répondre de suite aux attaques, abandonner un lieu ou ne rien lâcher ?  Tout cela est bien entendu subjectif et également tributaire de vos jetons. Dans ce cas, faut-il privilégier un maximum d’armes ? Il n’y a pas vraiment de solution. La bombe atomique, ultra puissante, n’est pas une garantie de victoire, ses dommages collatéraux pouvant pénaliser celui qui appuie sur le bouton rouge… Un jeu où il faut temporiser, s’adapter, s’armer mais pas forcément trop…! Blitzkrieg réussit donc l’entente cordiale entre la simplicité des explications et la tactique du jeu. La guerre c’est moche mais là, on va y retourner avec plaisir.

 

 

LAST MESSAGE (Iello)

 

 

Belle présentation pour cette chasse au trésor à l’inspiration où est Charlie ? 
Les joueurs se diviseront en deux camps, chacun d’un côté du paravent. La Victime tentera, à l’aide de mots ou dessins de donner la position d’un personnage perdu au milieu d’une foule et d’un décor fourmillant de détails. Le Criminel effacera un nombre donné de mots/parties du dessin avant de remettre l’illustration aux Enquêteurs qui, grâce à ces bribes d’indices, essaieront de localiser le personnage au sein du décor.
Il y a six lieux, tous bien fournis. Quatre essais sont possibles avant de rendre son verdict.

 

les 4 étapes du portrait robot

 

A message to you, Rudy ou S.O.S ?

Très bien présenté, avec des planches d’illustration volontairement fouillées et fouillis, ce jeu de déduction et de communication copinant avec l’esprit d’un Mysterium, a de bien beaux atours. On le comparera évidemment avec Micro Macro, même s’il en est très éloigné au bout du compte. Last Message fonctionne par à-coups avec une interaction moindre. Les meilleurs rôles sont ceux de la victime se bataillant avec le criminel, la première pour laisser des détails probants tout en sachant que le deuxième va en effacer une partie. On vous conseille de prendre des photos pour montrer, une fois la partie terminée, votre œuvre aux enquêteurs qui ne la regarderont que par bout. Pendant ce temps les enquêteurs attendent, recevant, surtout au début, une ardoise avec, par exemple, une simple moitié de rond comme indice. La méthode en utilisant des mots est moins amusante (une grille de mots, c’est pas visuellement jojo) et surtout plus facile. Si le déroulement du jeu se comprend sans problème, il manque parfois de dynamisme. C’est dans certains cas même un peu longuet (alors que la durée est en fait très raisonnable). Trois parties plus tard, nous restons un peu sur notre faim. Le jeu donne envie, mais il ne nous a pas pris, il manque l’étincelle pour emmener ses joueurs sur la globalité de la partie.

 

 

+ Le cahier de vacances de tonton Asmo

Mr Asmodée-maître-du-monde, après son opération « 2 jeux achetés 1 jeu offert » du mois de juillet, offre aux vacanciers un cahier publicitaire rempli de cartes à découper, de coloriages et de jeux des différences. Vous pourrez ainsi découvrir plein de titres comme Mimtoo, So Clover ou Top Ten… Si je m’y arrête c’est surtout que l’on y retrouve ce mini Unlock paru chez Spirou il y a quelques années : Ralph Azham, le foie de l’Axolotl. Petit par la taille mais pas par son intérêt. Gratuit dans toutes les bonnes boutiques.

 

Et on remercie Sylvie pour la lecture

 

 

ON AURAIT AUSSI PU VOUS PARLER DE …

 

 

LOADING (Lumberjacks)

Le nom ne parle pas de prime abord, le dessin est plutôt pauvre, mais le jeu marche du tonnerre. En se passant rapidement les paquets de cartes de main en main et en fouillant à la recherche de la carte désirée, vous devez construire une pile de valeur dans l’ordre croissant. Les cartes de faibles valeurs rapportent peu de points, mais permettent de continuer l’empilage. Mais il ne faut pas non plus traîner, si vos adversaires sont bloqués et annoncent la fin de partie, vous devrez, vous aussi, stopper et vous aurez à peine chargé votre batterie ! On peut jouer sur les piles des voisins pour leur piquer des points ou, lors d’une variante, poser des couleurs identiques pour baisser les valeurs, repartir de plus belle ou les augmenter au maximum pour ennuyer l’adversaire. Un Ligretto, simple, rapide et terriblement efficace. À découvrir !

 

 

REFLEX (Zebulon)

Reflex me rappelle un jeu d’ado ou de mariage : une liste de mots et 15 minutes pour ramener l’objet s’en rapprochant. Mais en 2021, on est 2.0, et on a juste besoin d’en ramener la preuve par l’image, ce qui peut éviter de tout bousculer dans la maison (ou en dehors). Un objet à prendre en photo + une contrainte commune, puis deux, etc. L’objet devra être de telle couleur, telle forme … À part faire attention à votre téléphone, ce jeu fait la part belle à l’exploration et l’observation. On peut aussi bien y jouer dehors que dedans. Il n’est visuellement pas très glamour, mais pour le reste, il n’y a rien à redire.

 

 

 

GRAAL (Oka Luda)

Dans un univers peuplé des personnages des légendes arthuriennes, Graal propose un jeu de défausse en quatre manches : trois pour obtenir des quêtes, pouvoirs qui donnent un petit avantage s’ajoutant à la compétence de son héros, et le tournoi final où il ne doit en rester qu’un. Avec de belles illustrations et des effets comme rejouer, poser plusieurs cartes à la suite si elles possèdent le même symbole, attaquer un adversaire ou le contrer, ce jeu dynamique revisite bien le …Uno. Pas de honte à ça, c’est bien fichu. Le hasard est présent bien sûr, surtout dans le duel de fin où LA carte peut faire la différence. Le jeu n’est pas bien équilibré, mais ce n’est pas forcément le but ici. Il parvient à créer l’illusion d’une bataille épique pleine de rebondissements et c’est largement suffisant pour l’apprécier.

 

 

 

TICHU (Tiki)

L’éternel retour du Tichu…! Ce jeu de plis par équipe se refait une fois encore une beauté, un maquillage de star cette fois, avec des cartes agrandies et des illustrations soignées évoquant une Chine moyenâgeuse. Les règles sont à l’identique : parier sur sa victoire, donner des cartes en début de manche, utiliser les quatre pouvoirs spéciaux. 
Un bien joli retour pour ce grand must du jeu de plis.

 

 

 

KING OF 12 / LE ROI DES 12   (Corax games)

Le Roi des 12 est une bataille où l’enjeu est d’obtenir le dé le plus fort. On lance notre dé, et il définira notre puissance pour la manche. On joue ensuite face cachée une carte de sa main (tout le monde a les mêmes au départ) pour modifier le résultat du dé à la fin du tour. La plus haute valeur gagne, sauf s’il y en a deux identiques ou si une carte en a décidé autrement. On peut aussi placer son dé sur une face adjacente, etc. Chaque carte a un pouvoir. Il faut regarder ce qui tombe et deviner ce que pourraient jouer les autres. Belles cartes pour un jeu chaotique qui ne nous a pas vraiment convaincus. On a beau réfléchir, s’observer, on pose des cartes et on voit… Une belle édition, des cartes promos offertes (c’est sympa), pour un jeu dynamique mais plus subi que réfléchi.

 

 

 

 

INCOGNITO (Gigamic)

Chaque joueur se voit remettre une planche illustrée d’un univers bien typé : l’enfer, le cimetière, le salon de coiffure… Il recevra au cours de la partie, des mots à placer dans un dessin issu de cet univers. Le but : que cela soit trouvable par presque tout le monde pour marquer des points. Ex : une chaussette dans un cimetière, une bière dans le salon de coiffure…Une petite idée plaisante et très accessible, mais qui ne renouvèle pas vraiment le genre. Une boîte plutôt destinée au très grand public, qui vient de remporter le prix du jeu d’ambiance du Grand Prix du Jouet 2021.

 

 

 

OH MY BRAIN (Lumberjacks)

Quatrième pause café avec un jeu de plis lorgnant du côté des Carro Combo, Photograph et autres jeux de cartes un peu tordus. Le thème (conserver son cerveau face aux zomb’ animaux qui veulent le griller au feu de bois façon chamallow) et les super illustrations tapent juste. Dans ce jeu de défausse, il faut toujours monter au-dessus de la valeur précédente, si vous ne pouvez pas, vous perdez un cerveau. Si votre adversaire joue une paire ou un brelan, vous récupérez des cartes que vous placez dans votre cimetière, sorte de réservoir qu’il faudra vider pour gagner. Un jeu en deux temps qui essaie de jouer le décalage, sans réellement y parvenir pleinement. Il pourra lancer l’apéro en légèreté pour certains, d’autres attendront le prochain passage du barman pour reprendre un kawa.

 

 

UNSTABLE UNICORNS (Tee Turtle)

Cartes mimi de licornes colorées avec ou sans pouvoirs, effets d’attaque (Huuue !), de contre attaque (parer les Huuue !), de pioche, de recherche dans la défausse, de destruction…. tout ce qui fait la base des jeux de cartes d’affrontement est réuni ici en mode léger et un peu crétin. Pas vraiment de gestion de paquet subtile, on peut y aller direct en ouvrant la boîte (après lecture des règles quand même). À jouer nombreux pour un maximum d’interaction (tous sur Kevin, sinon il va gagner !!!) et de fun. Quelque part entre Magic et Exploding Kittens.

 

 

   

8 Commentaires

  1. Salmanazar 02/08/2021
    Répondre

    Les sous titres annonçant chaque conclusion sont la Morlockbob’s touch ! Assurément !

  2. 6gale 02/08/2021
    Répondre

    Et l’excellent Contre-Temps ?

    • morlockbob 03/08/2021
      Répondre

      ce sera en septembre mais donne moi ton avis, je serai curieux de savoir pourquoi il est excellent, nous n’avons pas accroché.

      • 6gale 03/08/2021
        Répondre

        Possibilité de changer des situations acquises précédemment, en remontant le temps. Excellent aussi pour le choix éditorial et la rejouabilité. Un grand jeu dans une petite boite.

        • morlockbob 03/08/2021
          Répondre

          l idée est bonne mais au final, si tu as une mauvaise main, ça ne te sauveras pas plus que dans les autres jeux de plis.

  3. alfa 03/08/2021
    Répondre

    Super chronique merci pour le boulot !
    question aux connaisseurs : j’hésite entre 13 jours et Blitzkrieg. Y’a des points communs, non ? Vous préférez lequel et pourquoi ?

  4. morlockbob 04/08/2021
    Répondre

    13 jours fait partie de la famille twilight struggle, guerre froide etc, on y a gagne donc l’ambiance et un thème. je dirais que le jeu est plus axé sur le bluff. Blitzkrieg a un thème bidon, mais ce sont les choix qui le rend intéressant, lâcher la bride à l’adversaire ou pas, finir une bataille en sachant qu’on lui laisse alors la possibilité de larguer des bombes … perso, le second me plaît plus, malgré cette erreur de règle

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