Boss Fighters QR : des boss et des bosses
Boss Fighters QR est un jeu hybride réalisé par Lukas Zach et Michael Palm qui ont déjà officié ensemble sur Dorf Romantik chez Pegasus Spiel. Comme sa petite particule l’indique, le jeu fonctionne avec des QR codes. Un boss Battler, dix boss très différents qui vont nous donner du fil à retordre.
Boss Fighter QR est-il le Chaînon manquant entre le jeu vidéo et le jeu de société ? Quels avantages apportent l’application ? Est-elle trop présente ?
Une campagne
Boss Fighters se joue en campagne, on commence par créer son personnage de manière assez simple, nous avons quatre archétypes : Elfe, Troll, Nain et Halfeline que l’on mixe avec des classes. J’ai commencé avec une Halfeline Druide, mais j’aurais très bien pu construire un Mage troll, un Elfe Roublard, etc. Ce personnage débute avec un certain nombre de points de vie et un deck de 16 cartes formé de ces associations.

Et c’est parti !
Une fois nos personnages créés, on peut jouer sans avoir besoin de plus de règles que cela. Le tout premier boss n’est qu’un punching-ball présent pour nous apprendre les rudiments. Je ne saurais vous conseiller de passer au premier boss rapidement sous peine de ne pas percevoir l’intérêt du jeu.
Chaque joueur commence avec une main de cartes, le boss a plusieurs types d’armures liées aux trois types d’attaques : attaque au corps à corps, à distance ou magique. Pour lui infliger des dégâts, il faut d’abord briser cette armure. Dans de nombreux jeux coopératifs, la communication et l’écoute sont cruciales : qui commence, quelle stratégie mettre en place, etc. Tout cela dépend de notre main.

À votre tour, scannez le code QR en plaçant la carte au-dessus de la tablette, après un léger temps d’attente, l’application enregistre et calcule l’effet, puis c’est au joueur suivant, jusqu’à ce que chacun ait joué tous leurs tours.
À la fin de la manche, le boss réplique et inflige des dégâts à tous les joueurs. On connaît à l’avance le nombre de dégâts, à nous de nous y préparer. On peut augmenter notre défense ou celle d’un coéquipier, c’est ainsi qu’on peut voir nains et elfes s’entraider ^^.

Les cartes ne se bornent heureusement pas qu’à l’attaque ou la défense, vous pouvez aussi soigner un coéquipier, ou bien faire piocher un joueur, donner une action à un joueur, etc. Certaines cartes nous donnent des effets immédiats en plus de l’action de notre tour, ce qui crée des petits combos sympathiques.
Pas de stress administratif
Si l’application reste omniprésente, elle a l’avantage de réduire tout le stress administratif, pas de jetons de points vie à poser ou enlever, pas de bouclier, pas de calcul à faire pour soustraire la puissance de l’attaque au bouclier, etc. Sept phases qui passent comme une lettre à la poste. (barré) comme un mail dans un serveur.

Mieux encore, le choix de l’application permet des surprises, un des tout premiers boss réplique parfois quand on l’attaque. Cet aléatoire ne pourrait pas être géré par un joueur humain. Et puis, en réalité ce n’est pas aléatoire, cela demande à analyser le comportement de l’ennemi. Dans ce cas, c’est plutôt simple, dans d’autres un peu moins. Le dragon n’a pas le même comportement en l’air qu’au sol, cela nous demande de l’adaptation et, là encore, l’application le gère tout en laissant un peu de mystères.
Attention ! Pas de retour en arrière ! Si vous scannez une carte que vous ne pouvez pas jouer, l’application l’enregistre et vous avez perdu votre action ! C’est un choix des développeurs, impossible de tricher, à l’exception des points de vie qui sont eux matérialisés physiquement sur notre roue.

Les stars du jeu : les boss
Les dix boss sont très différents. Le jeu ne cherche pas à nous raconter une histoire, notre mission est de réduire leurs points de vie à zéro et de passer au suivant. Un prince crapaud, une harpie, un calmar géant, un ogre à trois têtes : chacun d’eux possède ses spécificités.
Certains nous empoisonnent, ce qui signifie qu’ils vont nous causer des dégâts permanents (sauf si nous nous soignons), et d’autres nous maudissent, une mécanique de carte qui va nous infliger des dégâts selon une condition et nous pousser à jouer autrement. Sans trop divulgâcher, parfois avant d’atteindre les points de vie du monstre, il faudra d’abord s’en prendre à ses tentacules ; oui, mais comment ? On analysera les forces et faiblesses des adversaires avant de taper.

Après avoir vaincu, l’application révélera les récompenses, qui sont des cartes Butin à récupérer dans la caisse de bronze. Chaque joueur pourra en ajouter une à son jeu, ce qui orientera sa stratégie. Mon Halfeline est devenue une experte en soins, je l’ai construite comme un personnage de soutien.
À l’inverse, Shaman a fait de son Mage Troll, un tank qui encaisse les dégâts et qui empoisonne notre némésis. Cette partie est relativement simple tout en restant impactante, c’est un gros point fort du jeu. Entre chaque niveau on pourra modifier son deck pour le rendre plus flamboyant, on peut aussi épurer notre deck des cartes qui nous semblent faibles, même si l’on ne doit pas descendre en dessous des 20 cartes. Les joueurs gardent une flexibilité et une grande liberté dans sa création.
En mode facile le jeu est accessible dès la première rencontre, à condition de ne pas commettre d’erreurs majeures. Cependant, si vous augmentez la difficulté, il faudra planifier, gérer sa main de cartes et réaliser les combos les plus efficaces, parfois temporiser ou se soigner selon les réactions des boss.
Avec mon groupe, on a vaincu tous les boss (en mode normal). Certains nous ont donné du fil à retordre et nous ont obligés à modifier notre jeu, afin d’y parvenir. Le jeu parvient à créer une bonne tension avec des moments où l’on sent la fin arriver, et l’emporte souvent sur le fil. La création et l’évolution de son personnage sont jouissives. Plus on avance et plus ils deviennent forts, et plus on a envie d’affronter des boss plus puissants.
Le Chainon manquant entre le jeu vidéo et le jeu de société ?
On est loin d’un jeu expert comme Spirit Island, Earthborne Rangers, Kinfire Chronicles, etc. La mécanique simple de Boss Fighters QR est destinée aux familles déjà un peu joueuses. Le tutoriel permet une mise en jambe assez rapide, tutoriel que je déconseille aux joueurs aguerris.
Le jeu est rejouable, mais vous perdez un peu de la magie de la découverte, toutefois, on a eu envie d’essayer un nouveau personnage (combo race classe) ou d’éprouver notre personnage stéroidés avec les modes les plus difficiles.

Si vous êtes allergique à l’utilisation de l’application, Boss Fighters QR n’est pas fait pour vous, car elle est au cœur du jeu (de la table) : elle pilote tout, mais cela reste un jeu de société. L’avantage c’est d’éviter toutes les manipulations.
Les jeux nécessitant une application ne sont pas éternels, c’est peut-être la plus grosse critique qu’on peut faire au jeu. Les jeux de société utilisant une application nécessitent des mises à jour régulières, pour ajouter du contenu, mais aussi corriger des bugs ou rendre l’application compatible avec les nouvelles versions Android ou IOS. Je suis sincèrement convaincu que le jeu ne sera pas obsolète en raison de son application dans quelques années, mais plutôt parce que l’on sera passé à autre chose.
On notera que l’éditeur propose une extension qui sortira pour Essen de cette année et, plusieurs fois dans l’année, propose de nouveaux boss promotionnels ou saisonniers (Noël).
Boss Fighters est accessible, l’application reste en arrière plan et gère toutes les tâches ingrates, les joueurs n’ont plus qu’à se concentrer sur la stratégie. Chaque boss est original et dynamique, avec son lot de surprises. Longue vie (tant que l’application est suivie) à Boss Fighters QR.
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