Participatif, la sélection naturelle N° 141 du lundi 08 juin 2020

  

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N° 141

 

 Salutations ludico-participatives ! 

► L’actualité du participatif ludique est particulièrement chargée en ce moment. Même si aucune grosse campagne n’est en cours, il y a en revanche une multitude de petits et moins petits projets intéressants en ce moment, dont plusieurs français. Vous le savez, cette chronique est une sélection, le temps qui m’est disponible pour la rédiger n’étant jamais suffisant, et j’ai choisi cette semaine de concentrer mon attention sur trois de ces projets français, tous auto-édités par leur(s) auteur(s), et méritent à mon humble avis qu’on se penche sur leur cas.

Mais préparez-vous, dans un futur très proche j’aurai à vous parler d’un autre projet français proposé par un tout nouvel éditeur. Mais là, c’est du lourd. Du très lourd. Teasing, teasing…

► Je m’autorise encore une fois à placer un message un tantinet racoleur en faveur de Ludovox, qui a toujours autant besoin de votre soutien. Que ce soit via le Tipeee ou les liens d’affiliation si avez des achats ludiques en ligne à effectuer, toute aide aussi modeste soit-elle est particulièrement importante, et appréciée à sa juste valeur.

 

 Bonne lecture, à la semaine prochaine (ou celle d’après 😉 )

et surtout continuez à faire attention à vous !

 
 
 

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Évolution des campagnes en cours la semaine passée

 

 Celles qui se terminent cette semaine…

 

 
 okko-oni-hunters-boitefr Le gros ralentissement de la semaine précédente pour la campagne d’Okko: Oni Hunters par The Red Joker s’est confirmé, quoiqu’un léger mieux a été noté le vendredi. C’est en gros une quarantaine de nouveaux soutiens qui sont arrivés au cours de cette semaine. Espérons que le rappel des 48 heures donne un coup de fouet bienvenue à ces chiffres (actuellement 28 800/8 000 € et 580 soutiens. Fin le 09 juin). 
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 Plus de 16 000 contributeurs, 800 000 $ et un financement à 53 fois pour Tiny Epic Pirates par Gamelyn Games, et ce à un jour du rappel des 48 heures. Le million n’y sera peut-être pas au final, mais sacré carton quand même (actuellement 838 600/15 000 $ et 16 900 soutiens. Fin le 10 juin). 

 

 

Et les autres…

 

kemet-blood-and-sand-boite-previewfr Pour un coup d’essai sur Kickstarter, ça a été un coup de maître pour Matagot avec la campagne de Kemet: Blood And Sand. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance au vu des quelques particularités de l’offre (on en parle ici), et pourtant… 7 000 soutiens et un financement à plus de 7 fois au moment où j’écris ces lignes. Et un rythme quotidiens de plus de 150 nouveaux contributeurs, à dawnshade-box-artpeine entamé par la mini polémique consécutive à l’arrivée d’un add-on sur le thème de Chtulhu (actuellement 516 200/75 000 $ et 7 100 soutiens. Fin le 16 juin). 

 Encore une semaine de dégringolade pour Dawnshade : The Watchers Prophecy par Highborne Games. Les trois jours vaguement en positif sont très très loin de compenser les pertes en soutiens des quatre autres, et pour ce qui est des sous c’est encore pire. Je pense que pour l’éditeur l’attente de la fin de la campagne va être trèèès longue. Genre interminable, vous voyez…(actuellement 70 200/49 000 $ et 644 soutiens. Fin le 17 juin).
 

bullet-box-artBaisse constante du nombre de nouveaux soutiens depuis le milieu de la semaine pour Bullet♥ par Level 99, pour finir à la veille du week-end à trois fois moins qu’au début. Et bien entendu le dit week-end n’a pas arrangé les choses… Peut-être le début du fameux nemesis-lockdown-boiteventre mou ? On va le savoir très vite. Malgré cela, les 3 000 contributeurs sont à portée de main et la campagne est d’ores et déjà financée à trois fois  (actuellement 154 400/50 000 $ et 2 930 soutiens. Fin le 18 juin).

fr Avec une moyenne quotidienne supérieure à 600 soutiens sur toute la semaine, on peut dire que Nemesis : Lockdown par Awaken 0ealms se porte comme un charme. Les 30 000 contributeurs sont bientôt dans la poche et le financement à 9 fois également (actuellement 3 645 500/40 000 £ et 28 760 soutiens. Fin le 18 juin). 
 
 bristol-1350-box-artGros carton pour Bristol 1350 par Facade Games qui gagne rien moins que 3 500 soutiens sur la semaine et « accessoirement » 150 000 $. Il en manque encore un peu pour égaler les 11 500 soutiens de Tortuga 1667 ou les 14 000 de Deadwood 1876. Mais le reste encore deux semaines pour y arriver (actuellement 456 000/30 000 $ et 8 440 soutiens. Fin le 26 juin). 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

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Les projets qui ont le plus attiré mon attention (en bien comme en mal)

 

 
chronica-universalis-bannierefr J’ai parlé rapidement de Chronica Universalis par Chronica Universalis la semaine dernière en me promettant d’y revenir. En effet, ce projet français mérite qu’on s’attarde sur son cas.
 
Tout d’abord, et afin d’éviter la perte d’un temps toujours précieux à une frange non négligeable d’entre vous, je précise d’emblée que nous allons parler d’un JCC. Un vrai, avec starter deck, boosters, cartes communes, rares et très rares. La totale quoi. Et pour enfoncer un peu plus le clou, c’est sur Ulule. Si.
 
Maintenant que la moitié des lecteurs est passée au projet suivant, je m’en vais causer aux ceussent qui restent de quoi t’est-ce donc qu’il s’agit vlà. Bon, c’est un JCC, ça tout le monde l’a compris. Le thème est très original puisqu’il se base sur l’histoire de France, mais en version uchronique. Uchronie obligatoire puisqu’à terme les decks des joueurs vont mélanger (enfin, devraient, si le succès est au rendez-vous) des cartes qui couvrent plusieurs époques.
 
chronica-universalis-carte-saint-yvesL’une des particularités de Chronica Universalis est son aspect pédagogique assumé. Chaque carte possède un descriptif qui place le sujet dans le contexte historique et procure d’intéressantes données historiques. Amoureux d’Histoire avec un grand H, vous allez être comblés ! Mais bien avant le « fluff » des cartes, ce qui frappe en premier lieu, ce sont les illustrations.
 
Œuvres d’une jeune et talentueuse aquarelliste prénommée Madeleine (j’imagine qu’elle a un nom de famille, comme tout un chacun, mais comme il n’est pas précisé…), ces illustrations son toutes des…. des… aquarelles, c’est ça, y’en a au moins un qui suit ! Ces magnifiques aquarelles donc, associées à une mise en page des cartes très classieuse, donnent un cachet inimitable au jeu. Et ce n’est pas au détriment de la lisibilité. Toutes les informations nécessaires sont immédiatement identifiables. Très important pour la fluidité des parties.
 
chronica-universalis-carte-multiplesChaque starter deck tournera autour d’une époque ou d’un aspect de l’histoire de France. Pour ce qui est de la campagne qui nous occupe, c’est le Moyen-Âge qui est à l’honneur. Pour le futur du jeu, tout est possible, tout est imaginable. Les seules limites sont la véracité historique dont devra faire preuve chaque carte. L’éditeur a évoqué ce qui est en réflexion à savoir les époques de la Renaissance et de l’Antiquité et des thèmes comme les savants ou les explorateurs.
 
Mais comment cela fonctionne-t-il ? Hé bien, je laisse la place à l’éditeur, dont je recopie in extenso, et surtout sans vergogne, le post de présentation du gameplay qu’il a laissé sur Cwowd : « Chaque joueur possède sa propre Province de huit emplacements, en deux lignes de quatre (frontière et arrière-pays). L’objectif est d’y attirer les Personnages les plus marquants de l’Histoire, et d’y bâtir les édifices les plus prestigieux, tout en empêchant l’adversaire de faire de même.
 
Chaque emplacement peut accueillir une carte personnage ou édifice. Les édifices de votre province peuvent être occupés par vos personnages, renforçant ainsi la place. Les personnages peuvent également être envoyés en mission chez l’adversaire pour réduire ses efforts à néant par la guerre, la persuasion, la sublimation ou tout autre moyen qui vous semblera bon ! Choisissez bien votre mode d’action cependant, ou votre Honneur pourrait en pâtir…

chronica-universalis-carte-et-boite-metalIl existe deux possibilités de vaincre : avoir plus de points de victoire que l’adversaire lorsqu’une des deux Provinces sera complétée, ou réduire les points d’Honneur de l’adversaire à zéro. Chaque partie dure entre 10 et 30 minutes, sans presque aucune mise en place. De quoi tester moult decks ! ». Voilà, vous savez tout.

Comme tout JCC, il sera de bon ton que chaque joueur ait son propre deck de 30 cartes préconstruit pour se confronter à son adversaire. Mais Chronica Universalis a pour ambition de sortir autant que faire se peut les joueurs de ce « carcan » du deck préconstruit pour permettre à de non-initiés à ce type de gameplay de jouer, mais aussi tout simplement pour le découvrir le jeu.
 
Le set de base contient donc 52 cartes, et il est possible de faire une partie à deux avec ce set en faisant pioche commune, au lieu d’avoir chacun la sienne propre. Certainement moins stratégique, mais c’est une autre façon d’accéder au jeu qui a le mérite d’exister. Et qui va très certainement permettre de jouer avec des gens allergiques aux JCC « pur jus » (comme moi, au hasard…).
 
chronica-universalis-carte-louis-viCe qui fait peur à beaucoup avec les JCC, c’est le prix lorsque l’on a mis le doigt dans l’engrenage. L’éditeur de Chronica Universalis a sur ce sujet l’ambition d’être raisonnable. Point de foultitude de nouveaux decks et pire encore de boosters qui poussent soit à décrocher soit à vendre un rein pour suivre la cadence. Effectivement, le prix du pledge de base, à savoir le jeu de 52 cartes, est à 15 €, frais de port inclus. Très raisonnable donc. D’autres pledges allant jusqu’à 150 € sont proposés, mais qui ajoutent seulement des choses telles que des sleeves, un tapis de jeu individuel, des reproductions de certaines aquarelles, etc.
 
Et ces fameux boosters alors ? Et bien, ils sont encore à venir et seront composés de 10 cartes aléatoires : 8 communes et 2 rares, dont une potentiellement très rare. Il est prévu de sortir 100 à 150 nouvelles cartes par an, disponibles dans ces boosters dont le prix exact est encore à définir mais qui est annoncé comme modéré.
 
La campagne sur Ulule se déroule ma foi plutôt bien. Le jeu est à plus du double de son financement et si les 400 % sont atteints, les soutiens obtiendront un booster gratuitement pour la commande de la future extension. Pledger le jeu est clairement un pur acte de soutien à un jeune éditeur qui ose se lancer avec un concept de jeu un peu plus culturel et instructif que la moyenne (actuellement 13 200/5 000 € et 255 soutiens. Fin le 19 juin). 
 
 
 
barouf-box-artfr Toujours provenant d’un nouvel éditeur français, toujours un jeu de cartes et toujours sur Ulule, voici Barouf par David et Eliaz. Ici point de JCC, on est sur un jeu « normal » d’affrontement en duel pour deux joueurs.
 
Dans la belle province de Castagna (j’adore le nom, très bien trouvé), deux héros (à choisir parmi quatre) dotés de capacités uniques vont se mettre la misère par créatures et objets interposés. Thème éculé et principe simple, on pourrait en rester là. Sauf que… les parties vont se dérouler dans une atmosphère totalement déjantée, atmosphère qui provient tant des illustrations (j’y reviendrai) que des noms des cartes. Ces derniers sont prétexte à de joyeux jeux de mots aussi idiots que goûteux. Vous l’aurez donc compris, le sérieux n’est ici pas de mise et il sera de bon ton de se foutre sur la tronche dans la joie et la bonne humeur.
 
barouf-carte-heros-seve-rousseMais comment ça fonctionne pour se maraver le museau dans la rigolade ? Chaque héros possède un certain nombre de Points de Ferveur (bon, des points de vie quoi…) le but étant pour l’un d’amener ceux de l’autre à zéro. Et vice-versa dans l’autre sens. Chaque joueur prend un deck de cartes composé de cartes Créature, Effet et Équipement ainsi qu’un deck de cartes Ecus. Un deck de cartes d’événements est placé au milieu de la table, chaque joueur pioche 5 cartes et… c’est parti mon kiki !
 
Au début de chaque tour, les joueurs piochent une nouvelle carte et prennent 3 cartes écus qu’ils mettent sur l’emplacement Bourse. Puis, s’ils le désirent ou le peuvent, ils invoquent chacun une ou plusieurs Créatures et/ou un ou plusieurs Effets, lesquelles on un coût qui doit être réglé en cartes Ecus. Ces créatures ne pourront combattre qu’au tour suivant.
 
Vient ensuite la phase de combat, combat qui vont être résolus en comparant les points de Force et de Défense de chacun des protagonistes. Au cours de cette phase, il est toujours possible de jouer des cartes Équipement qui vont venir apporter un peu de piquant en modifiant les forces en présence. Si au cours du combat une créature n’a plus d’adversaire à combattre, elle attaque directement les PF du héros d’en face. Auquel cas, une carte Événement est alors tirée qui va apporter des bonus ou des malus qui vont affecter les deux joueurs au tour suivant.
 
barouf-carte-demon-litionBien sûr, je vous décris les grandes lignes, il y a des petites subtilités dans la résolution des combats non mentionnées ici mais globalement, le jeu est très simple et les tours vont s’enchaîner rapidement. Typiquement le genre de jeu qui servira de « filler » ou qui permettra de jouer avec des enfants, même si certains jeux de mots pourront leur échapper.
 
L’un des points forts du jeu, si ce n’est LE point fort pour moi, c’est la direction artistique. Les deux auteurs, David et Eliaz, sont des étudiants en Arts Graphiques et sont donc aussi les artistes qui ont réalisé toutes les illustrations. Lesquelles sont juste magnifiques et collent à merveille à l’univers du jeu. De surcroît, elles sont chacune la parfaite représentation du jeu de mot débile qui sert de nom à la carte. Vraiment un joli travail.
 
On en arrive au nerf de la guerre, les sous ! Plusieurs pledges sont disponibles. Je passe rapidement sur le premier à 20 € dont l’utilité m’échappe un peu dans la mesure où il n’est que pour un seul joueur. Autant pour Chronica Universalis qui est un JCC cela fait sens, autant là…
Bref, le vrai premier pledge, pour deux joueurs donc, est à 30 €, frais de port inclus il faut le souligner ! Pour 50 € on vous y ajoute deux plateaux de jeu individuels, deux cartes Évènement bonus et un poster. Poster qui sera remplacé par deux dessins A4 encrés et dédicacés pour 150 €
(actuellement 4 950/3 000 € et 110 soutiens. Fin le 29 juin). 
 
 
 
maztec-box-art fr La campagne en cours pour Maztec par, à nouveau, un éditeur français, Fresh Creative Games, est un reboot, la première ayant été stoppée dans son élan car lancée avec un manque de préparation évident. Après refonte complète de la page de campagne et une révision de l’offre, le voici donc de retour.
 
Je passe rapidement sur le thème : vous êtes un archéologue expert en civilisations anciennes et vous avez été commissionné par le gouvernement pour résoudre l’énigme du temple de la civilisation Maztec et en percer les secrets. Mais les Maztec étaient taquins et au moment où vous commencer à farfouiner dans le temple, une tremblement de terre survient pour vous empêcher de mener à bien votre quête. Il va vous falloir résoudre très rapidement l’énigme pour stopper l’écroulement du temple qui ne manquera pas d’arriver sans cela.
 
Maztec est un jeu qui combine avec bonheur le puzzle (jigsaw, in angliche) et le jeu de plateau traditionnel. En y ajoutant une composante casse-tête évidente. S’il est tout à fait jouable coopératif, et donc en solo, il s’agit malgré tout d’un jeu compétitif dont l’objectif est pour les joueurs (jusqu’à 4) de se débarrasser le premier de toutes ses pièces de puzzle.
 
Maztec-piecesAu cours des 28 tours de jeu, rythmés par une pile de 28 pièces de puzzle, chaque joueur va piocher des pièces et tenter de les agencer en fonction des symboles et des gemmes de couleur qu’elles présentent pour au final s’en débarrasser. Cet agencement peut se faire sur son aire de jeu propre, sur le plateau central (le temple) ou, plus taquin, sur l’aire de jeu d’un adversaire, mais au risque de l’aider en lui permettant de placer plus facilement l’une des pièces qu’il aura en mains. Car la finalité des agencements de pièces sur son aire de jeu est de pouvoir in fine prendre le groupe ainsi constitué pour aller le placer d’un coup sur le temple.
 
Les tours de jeu sont un peu plus complets – et le jeu bien plus riche que ce que je viens de vous décrire sommairement. Je pense même qu’il faut éviter d’entamer une partie avec des joueurs par trop enclins à l’Analysis Paralysis au risque de voir les parties s’étirer en longueur. D’autant plus que la mini extension The Power Of Gems ajoute encore un peu plus de réflexion et de stratégie dans la manière d’aborder les actions à effectuer. Mais quoi qu’il en soit, les amateurs de puzzles classiques et de jeux de plateau devraient arriver à trouver chacun leur bonheur.
 
Maztec-pieces-2Le type de jeu de Maztec n’est pas particulièrement propice aux délires graphiques et aux illustrations qui en jette. Les pièces du jeu ont beau être surdimensionnées, la place disponible à leurs décoration s’avère ténue. On ne s’étonnera donc pas que les décorations se limitent à quelques symboles, fort jolis au demeurant, et une gemme de couleur, le tout posé sur un fond représentant un sol dallé.
 
L’ensemble n’en est pas moins sympathique à l’œil et surtout très lisible, ce qui est largement aussi important que l’aspect esthétique. Pour ce qui est de la qualité du matériel, si elle est déjà fort correcte de base, un stretch goal devrait apporter une finition ESKA Premium, qui est la plus haute qualité de carton dans le petit monde du puzzle. On en apprend tous les jours.
 
Un seul pledge était initialement proposé (hors les deux pour 5 et 10 boîtes) incluant donc la mini extension dont j’ai parlé plus haut, et ce à 44 €. Mais suite à la demande de certains backers, un nouveau pledge proposant uniquement la boîte de base est apparu le week-end dernier au prix de 32 €. À ces tarifs s’ajoutent naturellement 10 € de frais de port pour la France (actuellement 6 000/20 000 € et 120 soutiens. Fin le 29 juin). 
 
 
 
merchants-of-the-dark-road-box-artDans Merchants Of The Dark Road par Elf Creek Games chaque joueur (de 1 à 4) endosse le rôle d’un marchand ambulant qui va chercher gloire et fortune en allant proposer ses articles de village en village depuis la capitale, Highreach. Mais les routes sont peu sûres en cette époque troublée… Il va donc falloir préparer avec soin votre chariot, le remplir de biens d’autant plus rentables qu’ils seront recherchés et convoyer des héros contre rémunération. Les objets précieux ne poussent pas sur les arbres ni ne se trouvent sous les sabots de votre cheval. Aussi il sera intéressant et rentable d’aller explorer quelques dungeons abandonnés et oubliés de tous.
 
Chaque joueur va donc avoir devant lui son plateau personnel représentant le chariot qui va lui servir à trimbaler ses articles à la vente. Un tour de jeu se décompose en quatre étapes. La première est la planification du voyage. Mécaniquement, il s’agit de placement de dés, un dé de la réserve venant remplacer un dé déjà placé pour activer une action bonus. Cette planification impacte directement la deuxième étape qui consiste à se déplacer au sein de la capitale en fonction de la valeur de l’un des dés placés précédemment. Après ce déplacement, la troisième étape consiste à activer, toujours à l’aide dés, les effets du bâtiment devant lequel on se trouve.
 
Il est ainsi possible de faire des achats au grand bazar ; aller cherche des mandats auprès de la Reine, indispensables pour vendre ses articles dans les villages voisins ou y convoyer des héros ; aller explorer les ruines de Yin pour potentiellement y découvrir des objets de grande valeur, exploration qui peut être effectuée avec l’aide de héros recrutés à la taverne ; aller à la taverne, justement, où vous pourrez vendre au juste prix des équipements aux héros, merchants-of-the-dark-road-mockup-carteslesquels se joindront ensuite à vous ; errer dans les ruelles mal famées des bas quartiers pour y trouver des mandats pour des biens de premier prix mais aussi pour y faire des emplettes au marché noir ; et enfin, si vous vous sentez prêts, aller voir Yurg le passeur qui vous permettra d’accéder aux villages éloignés de la ville ainsi qu’aux ruine de Yin.
 
Moult événements viendront pimenter vos voyages et vous aurez bonne grâce à rétribuer largement les héros qui vous auront sauvé la mise. Mise que vous allez ramasser une fois arrivés à bon port et livré les articles demandés. J’ai bien entendu survolé le gameplay du jeu, vous vous en doutez. Mais rien qu’avec cela, vous voyez qu’il y a de quoi faire.
 
Ce qui frappe d’emblée ? Les mécaniques du jeu sont en parfaite adéquation avec le thème. Rien ne fait « plaqué » comme cela arrive trop souvent. Et l’ensemble du gameplay est activement soutenu par la direction artistique. Gens de goût amateurs de beau matériel, vous allez être comblés ! Les illustrations, pour commencer, sont magnifiques. Rien que celle de la boîte met immédiatement dans l’ambiance et plonge les joueurs dans l’histoire. Et le reste est à l’avenant. Plateau de jeu, cartes, dés, plateaux individuels en forme de chariots, tuiles de bâtiments, jetons de ressources et de monnaie, tout est beau et donne envie de se mettre autour de la table.
 

merchants-of-the-dark-road-mockup-matérielMais je ne vous parle là que de la bête boîte de base. Parce que la version Deluxe (obligatoire pour tout KS qui se respecte, je le rappelle 😉 ) envoie du gros ! Meeples personnalisés, ressources en résine peintes ou en métal de couleur, il n’y a pas à dire, ça en jette un max ! Mais je sais que beaucoup d’entre vous ne sauraient se contenter d’une vulgaire version Deluxe de prolo. Et l’éditeur le sait aussi. Il propose donc un pledge all-in pour les vrais connaisseurs qui lui ajoute un set de pièces de 3 sortes de monnaie en métal bicolore (juste.. waouhhhh !), un set de 4 bourses en tissu pour les y ranger et des sleeves pour protéger toutes les cartes du jeu…

Comme le dit le dicton, « qui paye son KS s’enrichit ». Alors avant d’aller vous en mettre plein les fouilles à Highreach, il va d’abord falloir passer à la caisse. Il vous en coûtera 49 petits dollars pour obtenir le boîte de base du jeu, 74 pour la version Deluxe et 124 misérables dollars pour le all-in. Les pièces en métal bicolore son en add-on à 39 $, les sacs en tissus brodés à 16 $ et les sleeves à 5 $. Les frais de port sont de 12 $ pour la France, quel que soit le pledge. On regrettera simplement que le jeu soit uniquement proposé en anglais  (actuellement 204 200/35 000 $ et 2 900 soutiens. Fin le 27 juin). 

 
 

Les campagnes dont j’aurais aimé pouvoir vous parler plus longuement…

 
 
the-emerald-flame-box-artThe Emerald Flame par PostCurious, est un jeu d’énigmes pour 1 à 4 joueurs jouant les rôles d’experts historiques qui se lancent dans une quête pour reconstituer la recette d’un élixir légendaire en étudiant des cartes, des dessins, des diagrammes alchimiques et des latte-throwdown-box-artartefacts mystérieux. Le jeu est annoncé accessible à tous, le matériel est juste magnifique mais c’est malheureusement uniquement en anglais (actuellement 136 800/33 000 € et 1 460 soutiens. Fin le 26 juin). 
 
Latte Throwdown par Analog Games Studios est un jeu de placement de dés au thème pour le moins original : vous participez au grand concours de dessin sur café-crème et devez cumuler des points en réalisant des œuvres imposées par des cartes. Gameplay simple donc, mais pas simpliste a priori. La direction artistique, ainsi que le matériel lui-même, sont particulièrement agréables et surtout plongent directement les joueurs dans le thème ! Encore une fois, uniquement disponible en anglais (actuellement 10 200/4 500 CA$ et 220 soutiens. Fin le 28 juin). 
 
die-in-the-dungeon-box-artDIE In The Dungeon par FunDaMental Games est une de mes plus grandes déceptions du moment. Il s’agit d’un dungeon crawler inversé solo, mais jouable à deux, à base de cartes et de dés où vous endossez le rôle d’un monstre qui cherche à s’échapper du souterrain dans lequel rôdent des aventuriers en quête de richesses et de gloire. Règles simples mais gameplay riche, direction artistique sublime et matériel magnifique, prix malgré tout contenu mais frais de port représentant 50 % de ce tarif. Et c’est encore uniquement en anglais ! Argh… Déçu je suis, je vous dis… (actuellement 35 700/27 550 CA$ et 560 soutiens. Fin le 23 juin). 

 
 city-builder-ancient-world-box-artJe n’aime pas les jeux de pose de tuiles mais si cela n’avait pas été le cas, je pense que j’aurais beaucoup apprécié  City Builder: Ancient World par Inside Up Games. Ainsi que son nom l’indique clairement, il s’agit d’un city builder dans un univers Rome antique, jouable en solo, coopératif ou compétitif. À base de pose de tuiles donc. Le jeu ne révolutionnera certainement pas le genre mais semble offrir assez de personnalité pour que les amateurs de ce style s’y intéresse. D’autant que sa direction artistique est très sympathique, on dirait que les illustrations sont tirées d’une BD. Là encore, les frais de port plombent le prix du jeu, mais c’est surtout parce que celui-ci est peu élevé de base. Et c’est encore et toujours uniquement en anglais… (actuellement 27 000/16 631 CA$ et 490 soutiens. Fin le 24 juin). 
 
 
 
 
 
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Ils débarquent cette semaine

 

mini-rogue-box-artfr Mini Rogue par Nuts! Publishing – le 09 juin

Campagne pour la version française de ce jeu coopératif pour 1 à 2 joueurs, dans lequel vous jouez un aventurier qui plonge dans un donjon, salle après salle, zone après zone, niveau après niveau, pour dérober le Sang d’Og : une légendaire et mystérieuse gemme. Et hop, auto-pledge pour ma part !

 

 

 

dimentals-unseen-warfare-box-art► Dimentals : Unseen Warfare par Light’N Games – le 09 juin

Le concept du siècle : un jeu de cartes pour deux joueurs (plus avec plusieurs jeux) dont certaines de ces cartes sont imprimées avec une encre spéciale uniquement visible sous une lumière noire. Ou comment confondre originalité avec stupidité…

 

 

 

myths-at-war-box-art► Myths At War par Franciso « Pak » Gallego Arredondo – le 09 juin

Jeu d’affrontement à base de cartes à la Magic (mais sans l’aspect JCC) où chaque joueur va envoyer l’un des mythes de l’histoire se confronter à un autre. La campagne est pour la version anglaise, ce jeu existe en espagnol depuis 2013. Une version française pourrait être proposée, mais rien de sûr.

 

 

 trinidad► Trinidad par Giochix – le 11 juin
 
 Pose d’ouvriers sur fond de la création au 16ème siècle par les colons de ce qui deviendra Buenos Aires. Réimplémentation/dérivé de Rio de la Plata.
 
 
 
 
 
 
shelfie-stacker_box-art► Shelfie Stacker par Arkus Games – le 12 juin
 
Dans Shelfie Stacker, les joueurs rivalisent pour accumuler la plus illustre collection de jeux de société, en remplissant soigneusement leur étagère avec leurs achats les plus récents.

 

 
 

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Légende des symboles utilisés

coeur rouge: Désigne les campagnes conseillées par Shanouillette.

coeur bleu: Désigne les campagnes conseillées par Gougou69.

fr: Désigne les campagnes dont tout ou partie des éléments sont en français.

€ : Désigne les campagnes particulièrement intéressantes sur le plan financier.

Attention 2: Désigne les campagnes que nous déconseillons fortement.

Le lexique du participatif

  • Add-on : (Nom m.) Ajouts optionnels et néanmoins payants proposés au cours de la campagne. Cela peut-être des packs de figurines, des extensions, des dés plus jolis, mais aussi des objets beaucoup plus dispensables tels que des t-Shirts ou des mugs, voire des pin’s (si si !). Dans tous les cas, les sommes collectées par ce biais participent à l’augmentation de la cagnotte et à atteindre les paliers des stretch goals.
  • Backer [bakeur] : (nom m.) Aussi utilisé, « pledger ». Personne qui avance de l’argent pour la réalisation d’un projet dont la campagne est en cours.
  • Box Upgrade : Modifications apportées tout au long de la campagne (souvent dans le cadre des stretch goals) qui permettent d’améliorer la qualité du matériel du jeu (cartes plus épaisses, carton de la boîte plus fort, dés spéciaux, etc…).
  • CAD$ : Dollars Canadiens (cours bien inférieur au Dollar US)
  • Campagne : Période au cours de laquelle le projet est proposé au souscripteurs. Généralement de 2 à 4 semaines, mais cela peut être moins ou beaucoup plus. Cette durée n’est pas anodine et ne doit pas être choisie au hasard par le porteur du projet. En effet, de celle-ci dépend la forme et la dynamique de la campagne.
  • CMoN : Initiales de l’éditeur “Cool Mini or Not”. Afin de briller en société et avoir l’air du mec (ou de la meuf) qui s’y connait, on le prononcera “Simone” (oui, comme la tata du même nom) et on proscrira les “kmone” ou, pire, les “komone”.
  • DPG : Initiales de l’éditeur “Devil Pig Games”.
  • Early Birds [eurli beurdz] : (Nom m.) Rien à voir avec des oiseaux qui arriveraient en avance. Il s’agit d’un nom poétique donné au pledge à prix réduit (généralement quelques dollars) ou avec un bonus proposé parfois aux tous premiers souscripteurs d’une campagne.
  • FdPI : Initiales de « Frais de Port Inclus »
  • KS : Contraction de KickStarter, la plus grosse plate-forme de financement du monde connu.
  • KS Exclu : Acronyme regroupant tout ce qui est proposé lors d’une campagne et qui lui est exclusif. Par exemple, un add-on ou un stretch goal « KS Exclu » ne se retrouvera jamais dans le commerce et ne pourra plus être acquis en dehors de la campagne. Mais certains porteurs de projets ont des notions bien personnelles de la signification du terme « exclusif ».
  • Mougeon : (Nom m.) Race animale grégaire endémique sur Kickstarter, mi-mouton mi-pigeon. Les spécimens qui la compose ont pour particularité d’avoir, au cours de certaines périodes de l’année qui correspondent peu ou prou à la durée des campagnes de financement les plus en vue, une capacité de discernement inversement proportionnelle à la taille de leur compte en banque.
  • Pledge [plèdj] : (Nom m.) Niveau de soutien proposé lors d’une campagne. Par extension, somme d’argent versée pour y accéder.
  • Pledge groupé (ou PG) : (Nom m.) Regroupement des participations de plusieurs soutiens géré par une personne, généralement pour diminuer (parfois drastiquement) les frais de port et après négociation avec le porteur du projet.
  • Pledger : [plédjé] (Verbe) Action de sélectionner un niveau de soutien et d’autoriser le débit de son compte de la somme correspondant en cas de réussite de la campagne.
  • Pledger : [plédjeur] (Nom m.) Voir « Backer ».
  • PnP : Initiales de « Print and Play ». Il s’agit d’un fichier (généralement PDF) gratuit ou payant, permettant d’imprimer les composants du jeu qui s’y prêtent et ainsi de le tester avant la fin de la campagne.
  • Reboot [rebout] : Deuxième (voire plus) lancement d’une campagne qui a précédemment échoué à être financée. En général, le porteur du projet essaie à ce moment là de corriger les erreurs qui ont mené à l’échec, mais pas toujours…
  • Reminder [wemeyndeur] : Option qui vous averti par mail de l’entrée d’une campagne dans ses dernières 48 heures et vous permet ainsi de juger de la pertinence d’y participer. Utile lorsque l’on est pas certain d’être intéressé en l’état en début de campagne.
  • Reprint : Nouveau tirage d’un jeu qui fait parfois l’objet d’une campagne participative.
  • ROW : Acronyme de “Rest Of the World”. Indique l’ensemble des zones géographiques concernées par des frais de port qui n’ont pas été déjà détaillées.
  • SG : Contraction de « Stretch Goals » (voir explication de ce terme).
  • Stretch Goals [strètch golz] : Paliers de financement qui, lorsqu’ils sont atteints, débloquent un ou plusieurs éléments supplémentaires venant généralement enrichir le jeu. Lorsque ces stretch goals sont spécifiques à la campagne et lui resteront exclusifs, on emploie l’expression acronyme de « SG KS Exclus ».
  • UE Friendly : Définit un projet dont le porteur s’est assuré que les colis de son jeu arriveront dans notre boîte aux lettres sans surcoût lié au passage en douane.

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3 Commentaires

  1. Salmanazar 08/06/2020
    Répondre

    J’étais sûr qu’il y aurait quelques lignes sur mini rogue !

    • Photo du profil de Gougou69
      Gougou69 09/06/2020
      Répondre

      Bien obligé de le mettre a minima dans le calendrier des campagnes lancées dans la semaine. Mais je ne m’interdit pas d’écrire à nouveau un truc pour la semaine prochaine 😉

  2. Reed 11/06/2020
    Répondre

    Je me suis pris Mini Rogue.

    Il ne me reste donc plus qu’une place disponible dans ma limite auto-imposé de 5 Kickstarter à la fois (place qui risque fortement d’être prise par Crazy Farmers).

    Merci pour le boulot de suivi accompli chaque semaine !

     

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