Mega boîte avec thermoformage, couvercle intérieur et paquets de cartes conséquents, ce jeu qui en jette est un jeu solo. Quelle débauche de matériel pour jouer tout seul ! L’exercice solitaire (on peut jouer à plus sans vraiment grand changement si ce n’est discuter la décision ou se souvenir de ce va demander telle carte) se déroule le long d’un récit dont les paquets forment les chapitres, c’est donc fortement narratif. Pas vraiment du kilo de texte, mais plutôt des situations et un choix. Selon votre réponse, la carte peut revenir le tour/jour suivant avec ses bons ou mauvais effets ou disparaître. Cela peut permettre d’anticiper. Il faut tirer des cartes, faire des choix pour gagner des ressources, se battre, prendre une direction… les chapitres sont articulés jour/nuit. Le but est de réussir le contrat du chapitre dans un temps donné ou de trouver une solution alternative (plusieurs fins sont possibles pour clore le chapitre) en évitant que les points de vie ne tombent à zéro ou que la peur s’installe, occupant jusqu’à saturation de leur meeple crâne, les espaces de la réserve. Au cours de son périple notre lapine gagnera des objets et des compétences qui serviront à avancer plus loin. Ne vous fiez pas à sa bonne bouille d’album pour enfant, la vie d’Eila n’est pas de tout repos. On va donc avancer de la forêt à la mine…jusqu’à la montagne. Chaque chapitre propose une mécanique différente, via de la pose de tuiles ou du deck building.
Pour moi qui n’aime pas les jeux solos, j ai passé un bon moment avec cette héroïne. Si les 4 premiers chapitres sont narratifs, prenants (et faciles), le dernier est d’un coup plus rude et moins fourni niveau récit. On se fait surtout attaquer, affamé car il fait froid et il est dur de progresser (vous avez vu « The raid » c’est un peu pareil). Il faudra s’y reprendre à plusieurs fois avant d’arriver au sommet. Car les choix des chapitres précédents ne vous mènent pas forcément à la « bonne »fin. Oui, il y en a une. Gadget ou pas, cucul ou touchant, je vous laisse juge, mais ne boudons pas notre plaisir sur ce petit plus ludique. J’ai donc repris toute l’aventure depuis le début en explorant d’autres lieux et directions, en m’équipant autrement, en agissant différemment. Ce second périple, appréhendé d’une façon différente, est loin d’avoir été une redite, le fait d’avoir une connaissance plus précise du jeu et de ses demandes a aidé et le plaisir était au rendez-vous. J’ai failli à un objet prêt et j’avoue que cette fois je n’ai pas repris des le début. La rejouabilité à des limites. Pour moi, Eila est une vraie aventure immersive partage le même esprit que « les animaux de Baker street chez le même éditeur », ce qui est un compliment.