Happy City : Cité Radieuse

S’il y a un thème qui ne se démode pas, c’est bien la construction de villes : qu’il s’agisse de Londres, My City, Minivilles, Suburbia, Welcome to, Alhambra, pour n’en citer que quelques-uns… on n’a que l’embarras du choix. Et bien qu’à cela ne tienne, voici venir Happy City, une création de Toshiki Sato (Legendary Forest, Dice Age, Tekeli-li…) et Airu Sato (dont c’est le premier jeu), plus précisément une réédition (/évolution) de Happiest Town, arrivé en 2018 au Japon.

 

Bâtissez la ville du bonheur

C’est du moins ce que nous dit la maxime sur la boîte, en français chez Cocktail Games. Le but du jeu sera en effet de construire des bâtiments qui vont nous donner des points de victoire en multipliant les symboles cœurs (le bonheur) par les icônes Meeples verts (nos habitants). Les cartes bâtiments montrent en effet un certain nombre de ces symboles. Une fois qu’un joueur a posé 10 cartes, on procède à la multiplication, et celui ou celle qui a le plus de points remporte la partie. La simplicité est de mise : pas de multiples icônes à saisir (deux), pas de multiples ressources (une seule). Difficile de faire plus minimaliste.  
 

 

Avec sa thématique, Happy City nous évoque Minivilles (Machi koro). Les illustrations imaginonaïves de Makoto Takami rappellent celles du titre édité en 2012. On retrouve cette même accessibilité et ce développement de ville via nos cartes. Mais ici point de dés, le hasard est réduit au tirage des cartes bâtiments qui aliment le marché. À chaque tour, vous choisissez dans lequel des trois marchés vous souhaitez tirer une nouvelle carte. Ce petit choix-là peut représenter une prise de risque (aurais-je assez d’argent si je tombe sur une carte qui vaut 7 ou plus ? dois-je plutôt assurer le coup et tirer du côté des cartes moins couteuses mais moins intéressantes ?). Sachez que les rectos comportent les occurrences des couleurs de cartes, on peut donc anticiper partiellement.

On construit nos bâtiments soit pour le scoring en fin de partie, soit pour son revenu. En effet, dès qu’on fait un tour de table tous les joueurs perçoivent leur revenu. Les tours avançant, on amasse de plus en plus d’argent avec une progression rapide et l’on peut donc vite acquérir des cartes dans les marchés plus couteux. De plus, si l’on parvient à réunir certaines combinaison de bâtiments, on pourra peut-être s’offrir un établissement spécial. Cela nous offre une montée en puissance un peu comme dans Splendor.

 

 

En effet, hors marché, disponibles et visibles pour tout le monde, nous avons des bâtiments spéciaux. Pour les acquérir, pas besoin de débourser le moindre sou, il faut juste avoir le prérequis demandé. Ainsi l’école des sorciers requiert 1 bâtiment bleu, 2 verts, 1 orange et une violette et offre trois habitants et un cœur. Généreux, ces bâtiments, mais présents en quantité limité (et on ne pourra avoir qu’une seule carte de ce type devant nous à la fin de la partie de toute façon). À nous donc de choisir celle qui correspond le mieux à notre stratégie et de rusher pour l’avoir. Une course légère qui sait gentiment pimenter les choses. 

 

 

Cité radieuse, cité heureuse ?

Happy City est résolument un jeu super bien calibré pour le très grand public, pour la famille, pour jouer avec les enfants ou papy et mamy. Plus light qu’un Splendor (le jeu va plus vite et ne permet pas de développer de grandes stratégies ou de changer d’axe), mais il ne démérite pas en qualités. 

Nous y avons joué en famille et sa simplicité et surtout son accessibilité a fait mouche avec tout le monde. Ma fille n’est pas habituée aux jeux compétitifs, mais elle a apprécié construire sa petite ville, sans trop se soucier du scoring, elle a aimé cette sensation d’évolution et regrette juste que la partie se termine si vite. Le grand est au collège et il apprécie de se confronter aux jeux plus costauds, il tient d’ailleurs bien la dragée haute à ses parents (nous ^^). Je pensais qu’il allait trouver l’expérience mitigée, surtout qu’il avait peu goûté la campagne de Machi Koro Legacy. Il n’en fut rien, il s’est laissé happer par la simplicité du titre !

 

 

Côté rejouabilité, on ne s’inquiète pas trop : on axe sa stratégie en fonction des bâtiments spéciaux, et il y en a un bon nombre. Il existe aussi une variante “expert” qui propose des bâtiments spéciaux plus spécifiques et là encore il y en a pléthore, du bâtiment qui double les points de victoire si l’on en a moins de 30 en fin de partie à celui qui donne 4 habitants si on n’a aucune cartes vertes (celles qui donnent les habitants en fin de partie).

Bref.

L’édition est agréable : une petite boite bien pensée avec un insert en carton où l’on peut ranger les cartes et l’argent. Les illustrations de Makoto Takami sont mimi, fun et colorées. La mécanique est simple et intéressante à jouer en famille. Les parties sont rapides (le jeu se termine quand on a 10 bâtiments dans notre ville, ce qui va vite). Le décompte est limpide, il implique juste de savoir réaliser une multiplication. La rejouabilité est assez conséquente. Le tout semble très équilibré. En deux mots, Happy City est une petite ville où il fait bon vivre et surtout où il fait bon jouer !

 

   

2 Commentaires

  1. Tasmat il y a 23 jours
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    Intrigué par le pitch, je me suis lancé sur BGA et je suis conquis !
    Comme petit jeu, il fonctionne très bien et semble posséder de quoi renouveler les parties (les différents modes et le nombre de cartes).

    Après encore une boite trop grosse pour le contenu :p

    • Matthieu il y a 18 jours
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      Merci pour ton commentaire qui fait vraiment plaisir. Je ne pense pas que tu aies eu le jeu entre les mains car la boîte est rikiki et tout est bien rempli. Matthieu Cocktailgames

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