Freigard – InPatience invite Knizia dans sa danse
La gamme InPatience, spécialisée dans le jeu en solitaire, existe depuis 2014 et nous avons suivi bon nombre sorties depuis Onirim :
- Onirim (2014) : Ludochrono, Test
- Sylvion (2015) : Ludochrono, Test
- Urbion (2017) : Ludochrono
- Stellarion (2022) : Ludochrono
- Skoventyr (2022) : Solo is Beautiful
- Cyberion (2023) : Small is Beautiful
- A.V.E.L (2025) : Small is Beautiful
- Last Minute (2025) : Small is Beautiful
Depuis quelques années, la gamme semble se diversifier dans les thèmes et les gameplays proposés, et a même récemment inclus du temps réel (Last Minute). Freigard, inspiré de la mythologie nordique, marque l’entrée d’un auteur célèbre dans cette gamme : j’ai nommé Reiner Knizia. Ce cher docteur n’est pas un habitué des jeux Solo mais il nous passionne par son inventivité, par la pureté de son gameplay, et Freigard ne fait pas exception.
Le jeu consiste à affronter trois ennemis, des châteaux ambulants, en un maximum de 4 manches. Pour cela, vous aurez uniquement un paquet de cartes à votre disposition. Chaque tour vous aurez trois cartes en main, en piocherez une, puis n’aurez qu’un choix à faire : soit défausser une carte pour en obtenir de nouveau trois en main, soit « scorer » votre main. Scorer consiste à défausser vos trois cartes de la même famille (golems, dragons ou Ents). Vous ne pourrez donc le faire qu’à cette condition (en réalité il existe une exception, mais je ne rentrerai pas dans ce détail !). Des possibles combinaisons de cartes qui vous donneront accès à plus de points. Par exemple, si vos dragons ont tous deux têtes, vous marquerez 3 points au lieu de 1. S’ils sont tous de la même couleur, vous doublez ces points, etc. Chaque famille ayant ses spécificités. Une première lecture des règle, nous imposera de mémoriser ces combinaisons, mais c’est globalement le seul effort qu’il y aura à faire.
Toute l’importance du choix tient en une phrase : « Est-ce que je m’arrête là et je score avec ma main, ou bien est-ce que je pioche pour tenter d’améliorer ma combinaison, au risque d’épuiser ma pioche pour rien ? ». Et voilà, ce simple petit dilemme perpétuel suffit à stimuler notre esprit durant toute la partie. Est-ce du stop ou encore ? Cela m’en a bien l’air, sous une forme intéressante, où on ne perd pas de manière violente, mais où l’on risque de gaspiller sa réserve, victime de l’appât du gain. En face de nous, les trois châteaux ont chacun un montant de points à atteindre pour les vaincre : un plus facile, un intermédiaire et un autre plus difficile. On cherchera à optimiser, économiser l’exploitation de notre paquet de cartes afin de scorer le plus de points possible en une manche et d’obtenir ainsi suffisamment de points pour déboulonner chacun des châteaux.
Chaque manche a pour objectif d’éliminer un des trois châteaux. Une petite pression plane car si nous n’y parvenons pas, la partie est tout simplement perdue ! Enfin, un petit grain de sel s’ajoute avec 4 cartes Totem dont nous disposons pour toute la partie. Chacune d’elle permettra soit de rechercher une carte dans la défausse, soit de rechercher une carte dans la pioche, soit de mettre une carte de côté soit de ne pas perdre la partie si une manche n’a pas été favorable.

Toujours ce dilemme : il me faut défausser une carte, mais quelle famille choisir ? Évaluer le potentiel de sa main est central.
Dans l’ensemble, le jeu est extrêmement fluide. Une fois les familles et combinaisons mémorisées, il n’y a plus de temps d’arrêt. Le gameplay pur, simple, marque de fabrique de cet auteur, nous permet d’apprécier le moment sans devoir réfléchir sans cesse à de la maintenance ou à des petites exceptions de règles. Le jeu propose 4 niveaux de difficulté, donc 4 trios d’ennemis, ce qui laisse une certaine marge de progression. Malgré la petite taille de la boîte, il y a de quoi faire pendant une bonne dizaine ou quinzaine de parties.
Freigard et pour moi une réussite, justement dimensionnée. Un jeu solitaire court, jouable partout, suffisamment profond pour nourrir mon esprit. C’est probablement mon titre préféré de la gamme. Docteur Knizia a encore réussi son coup après un excellent Rebirth, signe que cette période est apparemment créative pour lui.
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