Suspension des activités ludiques en prison : les associations dénoncent une mesure contre la réinsertion
Le 19 février 2025, une trentaine d’organisations, dont l’Observatoire international des prisons (OIP), la Ligue des droits de l’Homme, mais aussi l’Association des Ludothèques Françaises (ALF), la Société des Auteurs de Jeux (SAJ), le Réseau des Cafés Ludiques (RCL) et la Charte des Illustrateur·ices Ludiques (CIL) ont exprimé leur indignation face à la décision du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, d’interdire les « activités ludiques » en prison.
Dans un communiqué, les associations ludiques dénoncent cette mesure prise “sous le coup de l’urgence et sans concertation” et appellent le ministre à revenir sur sa décision. “Depuis 45 ans, les ludothèques, aux côtés de nombreuses autres fédérations d’éducation populaire, œuvrent à promouvoir le jeu comme facteur d’éducation, de prévention, de réinsertion et de culture auprès de tous les publics.” Le communiqué de l’OIP (rejoint par la CGT, l’association des avocats pénalistes, l’association Lire pour en sortir, ou encore Emmaüs France) souligne de son côté la nécessité d’une réflexion sur l’amélioration des conditions de détention et la réinsertion des détenus. « Le temps carcéral est un impensé, un temps mort. Au détriment des personnes détenues comme de la société. »
L’annonce survient après une polémique sur des soins de beauté donnés à des prisonniers à Toulouse-Seysses. Gérald Darmanin a ordonné, le 17 février dernier, la suspension de toutes les activités en prison sauf celles liées à l’éducation, la langue française et le sport. Bien que la circulaire officielle n’ait pas encore été publiée, plusieurs établissements pénitentiaires ont déjà suspendu ces activités.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a visité le centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe. IMAGE OUEST FRANCE
Les organisations dénoncent une approche purement punitive de la prison et estiment que le ministre devrait plutôt se concentrer sur les conditions de détention, marquées par la surpopulation et l’insalubrité. Elles rappellent que ces activités jouent un rôle crucial dans la réinsertion des détenus et le maintien de leur équilibre psychologique. “Le lien qui existe entre culture, bien-être et santé mentale d’une part, et réinsertion et prévention des risques d’autre part, est en effet largement attesté. En entravant l’accès à des activités ludiques dans les lieux de détention, vous portez donc atteinte à la réadaptation des personnes incarcérées, et par là-même à la sécurité des Français.es.” indiquent les associations ludiques.
La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, a également souligné que ces activités étaient inscrites dans la loi et essentielles pour préparer les détenus à leur réinsertion. Le ministère n’a pas encore réagi.
Image couverture News Ouest-France
elniamor 19/02/2025
Merci à la rédaction de relayer ce genre d’information !
Grovast 20/02/2025
Une décision d’un minable petit personnage. Au nom d’un minable petit calcul politicien : aller (supposément) racler la sympathie d’un certain électorat. Quelle petitesse d’esprit.
Souhaitons que cette personne se retrouve dans les derniers au scoring final.
atom 20/02/2025
Pour filer la métaphore, s’il pouvait aller en prison, sans passer par la case départ, sans toucher les 20 000 francs …
Dino il y a 29 jours
Décision révoltante ! Merci pour la mise en lumière. A noter que les détenus peuvent continuer à pratiquer les échecs, qui sont répertoriés officiellement comme un « sport » (et donc exclus de l’interdiction) sur le site du gouvernement : https://www.sports.gouv.fr/jeu-d-echecs-109
Jean-Maurice il y a 22 jours
Je trouve cela parfait !
narnokatt il y a 17 jours
C’est bien de donner son avis jeune homme, mais maintenant il faut écouter ce que les spécialistes du sujet en pensent.
C’est toujours tristement amusant de constater comme chez les droitistes vous ne retenez de la science que ce qui vous arrange…