Finspan : Nage droit devant toi !

Tout le monde a cru au poisson d’avril quand Stonemaier Games a annoncé Finspan, une itération de Wingspan ou Wyrmspan mais avec des poissons cette fois. En plus, il était annoncé pour mars/avril, comme un fait exprès. Shan mentionnait cela dans cette news. Je n’ai pas été convaincu par Wingspan, ce qui ne m’a pas empêché d’acheter la version dragon (pour la culture) ainsi que cette version poisson :). 

Finspan n’est pas un jeu d’Elizabeth Hargrave (Wingspan) ou de Connie Vogelmann (Wyrmspan), mais de de David Gordon et Michael O’Connell.

Avec Finspan on retrouve le principe de construction de moteur sous forme de tableau de cartes que l’on peut activer pour déclencher des effets. Si Wyrmspan complexifiait la chose (on en parlait dans cet article), Finspan semble plus épuré et plus simple à prendre en main, mais est-il plus intéressant ?

 

 

 

Sous l’océan

Nous voici dans la tenue de plongée d’un biologiste sous-marin qui va observer les espèces marines de différentes zones de plongée dans le monde, à différentes profondeurs. Le jeu dure 4 manches nommées des semaines, chacune se jouant en 6 actions : 24 actions en tout et pour tout. Ce qui diffère de Wingspan où l’on avait moins d’actions à chaque manche, et de Wyrsmpan où l’on peut faire plus ou moins d’actions en fonction de son jeu. En fin de manche nous marquerons des points selon des conditions, tant de points par jetons poisson, deux par petit poisson, etc.

 

Plateau joueur

 

Poisson volant

Finspan a un ADN très proche de ses deux grands frères, avec tout de même des différences bien marquées. Le plateau est en colonne et non en ligne. Et nos cartes ne se placent pas à la suite d’une autre déjà placée, mais où l’on souhaite sur le plateau. Enfin, pas tout à fait. Certaines espèces demandent à être placées plus près de la surface (zone photique), en zone dysphotique ou carrément dans les abysses sans lumière (zone aphotique). Certaines aussi correspondent à une zone de plongée.

Il n’y a que deux actions dans le jeu, soit on joue une carte poisson, soit on active une colonne de plongée afin d’activer toutes nos cartes.

Pour jouer des cartes, plus besoin de ressources de différents types, ici on va surtout à l’instar d’un Race for The Galaxy “consommer des cartes”. Cartes qui ne vont pas une défausse commune mais personnelle. Certains effets permettent de récupérer des cartes de cette zone, ce qui a tendance à fluidifier le jeu, car on rechigne moins à se défausser d’une carte, car on pourra trouver le moyen de la récupérer. Une fois placée, une carte peut avoir des effets de pose, et parfois on la choisira pour cette raison.

 

Cartes poissons

 

Certaines cartes demandent aussi un paiement avec des œufs ou des juvéniles (jeton poisson). Les prédateurs, comme ce grand requin blanc consomme des poissons sur notre plateau, mais pour cela, il faut respecter la contrainte de taille : un petit poisson ne pourra pas manger un gros.

 

Les gros poissons mangent les petits

Si l’on rechignait parfois à poser nos oiseaux qui bloquaient un espace, on est ici beaucoup plus libre et flexible. Recouvrir un de ses poissons, c’est juste ne pas gagner les points imprimés dessus en fin de partie et, en plus, chaque proie rapportant un point, le différentiel peut être intéressant. De plus, on peut toujours recouvrir l’un des trois emplacements de départ. Finspan est moins figé et plus vivant que ces prédécesseurs, le monde sous-marin est plutôt impermanent.

Si j’active un site de plongée, je descends en profondeur et active mes zones de plongée et mes cartes. Je peux y pondre des œufs ou faire éclore ces mêmes œufs, récupérer des cartes dans ma défausse et même déplacer des jetons poissons : un petit twist mécanique nouveau.

Pourquoi ferait-on cela ? Parce que nos jetons juvéniles rapportent chacun un point, si l’on en rassemble trois, cela forme un banc de poissons qui rapportera 6 points.

 

Un plateau bien rempli.

 

Cette nouvelle mécanique nous incite à nous adapter et à optimiser notre position et notre déplacement. Cela s’étend même à des aspects tels que le moment où nous pondons et éclosons. Par exemple, nous ne pouvons avoir plus d’un œuf par espèce, mais nous pouvons avoir plusieurs juvéniles. Un banc de poissons rapporte des points, mais il ne peut y en avoir qu’un seul sur une même case.

La série ne se démarque pas par son interaction. Dans l’un comme dans l’autre, on s’intéresse assez peu au jeu des autres, on reste focalisé sur notre propre tableau, même si certains oiseaux permettaient des effets qui se déclenchaient quand un joueur faisait telle action. Ici, l’interaction est surtout positive, certaines cartes permettent une action chez tous les joueurs (ponte d’un œuf, pioche, etc).

 

 

Finspan a été rationalisé, et a un petit côté Prélude avec des poissons déjà imprimés sur le plateau ainsi que des œufs et juvéniles. Il n’y a plus de ressources nous l’avons vu, ni de rivière de cartes. Celles-ci sont prises sur le dessus de la pioche (en aveugle), ce qui pourrait être frustrant, mais ça réduit d’autant les temps morts.

Je l’ai trouvé plus fluide dans sa mécanique. Je considère Wingspan et Wyrmspan comme des jeux à deux, si l’on ajoute des joueurs, c’est juste plus long. Nous avons joué à Finspan à quatre, et la durée de la partie était raisonnable, avec peu de temps morts, même si, surtout en fin de partie, on active plusieurs poissons. Les effets sont simples à réaliser ; à la limite, on se demande juste où pondre un œuf, ou bien lequel éclore ou lequel déplacer, mais ça reste relativement raisonnable, et on peut se mettre d’accord avec les autres joueurs pour leur passer la main, le temps qu’on choisisse la carte que l’on va récupérer dans notre zone de défausse.

 

 

Poissons, Oiseaux ou Dragons ?

Comme dans Wingspan, chaque carte est l’occasion d’en apprendre plus sur l’espèce en question. On peut découvrir sa taille, sa zone photique, son habitat, ou une anecdote. Saviez-vous que le Voilier de l’indo-pacifique pouvait atteindre une vitesse de 110 km/h ? Pour cela, ils ont consulté des biologistes. J’apprécie aussi beaucoup le petit paragraphe dans les règles qui explique les limites mécaniques et thématiques, je prends pour exemple la chaîne alimentaire où un poisson peut manger un autre poisson plus petit ; si l’on avait dû respecter la logique thématique, certains ne sont pas comestibles, d’autres ne sont pas dans les mêmes zones, etc. Cela aurait alourdi le gameplay, de même certains poissons ne pondent pas, mais ont un autre mode de reproduction. On sent le soin apporté au jeu par les auteurs et éditeurs, et ça fait plaisir. Les illustrations signées Ana Maria Martinez Jaramillo, Mesa Schumacher sont dans le standard de la série et lui donnent un petit coté album photo qui contribue au plaisir.

J’avoue que j’étais un peu sceptique sur ce nouvel opus, et, en définitive, je l’ai trouvé intéressant, beaucoup moins complexe que Wyrmspan, plus nerveux que Wingspan. Les cartes constituent les ressources, ce qui facilite la création du moteur du jeu. Celui-ci sera composé de petits poissons au début et de plus gros, plus rémunérateurs, en fin de partie. Les bonus de fin de manche étant connus, on va tenter de planifier en fonction, mais le jeu est plus tactique que stratégique. On a aussi beaucoup apprécié la liberté en jeu, le fait de pouvoir placer son poisson où on veut, et non juste à la suite des autres, d’autant plus que cela se justifie par la thématique.

Finspan n’est pas un Wingspan avec des poissons, c’est tout simplement un jeu différent. Si une partie de Wyrmspan dure facilement deux heures, Finspan se clôt en un peu plus d’une heure. N’allez pas croire que c’est son seul avantage. Il est juste un peu plus simple et rationalisé que Wingspan et surtout beaucoup plus fluide, tout ce qui ralentissait le jeu a été compressé.

Pour ma part, je crois que c’est l’itération que j’ai préférée, s’il paraît moins “gamer” que les deux autres, on est bien loin de mon premier Wingspan ou même d’un jeu tout public. Pour se jeter à l’eau, il faut avoir quelques bases, car l’espace de décision reste conséquent, on nage dans les réflexes d’optimisation de combos et de placement. Finspan est une bonne pêche si on aime le genre et que l’on est pas trop allergique à son interaction limitée.

 

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3 Commentaires

  1. morlockbob il y a 2 jours
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    le poisson d avril c’était Frangispan, je crois

     

  2. Doc.Fusion il y a 1 jour
    Répondre

    Merci pour le retour. J’avoue qu’à son annonce, j’ai pensé « ah, encore un Trucspan« . Ce Just Played me fait changer d’avis.

    • atom il y a 1 jour
      Répondre

      Oui j’avais le même apriori, et je me suis dit, allez je suis curieux je l’achète on verra bien, au pire il me plait pas, mais j’écrirais un article ;). Et au final je le trouve plutôt intéressant. Si la gamme Span ne plait pas peut être qu’il ne faut pas faire plus que le tester, mais je l’ai trouvé surprenant, même si ça reste un solo multiplayer. Mais un solo multiplayer ou je peux accepter le downtime.

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