borealis : Eisbaer im kalten polar

Le nom du jeu parle de lui-même et donne un indice sur l’environnement glaciaire qui va servir de décor, nous débarquant sur les terres boréales, au cœur du Grand Nord. Notre mission, en tant que scientifique, va être de parcourir ce territoire et d’en photographier les animaux qui le peuple : ours blanc, harfang des neiges, macareux moines… Pour s’aventurer de plus en plus loin, il faut se véhiculer, que ce soit en kayak ou en dirigeable. Borealis: Expéditions Arctiques va demander de gérer les déplacements des meeple scientifiques, d’anticiper le choix des véhicules, tout en collectionnant les bonnes photos animalières et les validations d’objectifs. Dariusz Mindur signe là son premier jeu.

 

Voilà une expédition qui se donne les moyens d’y arriver. Le matériel est à la fois quantitatif (100 cartes Animal, 22 cartes Objectif/Score…) et qualitatif (36 meeple Scientifique, drapeaux). Un jeu édité par Lucky Duck games qui a belle allure une fois positionné sur la table.

 

 

Qui a encore pris les clés du sous-marin ?

Le plateau personnel est le terrain où nos scientifiques vont se déplacer, où nous allons changer de véhicule et stocker les photos des animaux. Ce jeu est un casse-tête où la gestion des meeple et surtout leur déplacement sont au cœur de l’action. Le plateau est divisé en deux parties. La ligne du haut abrite les sites d’observation, trois cases où les meeple vont se promener et où nous allons empiler nos photos. Dessous, on place un drapeau sur chaque colonne (la piste d’exploration), drapeau qui descend d’un cran quand on utilise le véhicule demandé (il est visible sur les cartes Animal). Plus on descend, plus on gagne de points. Pour finir, sur chaque bord, deux campements accueillent les scientifiques fatigués. À noter que le plateau personnel est biface, proposant une asymétrie.

 

Les scientifiques sur site, les pistes d’exploration en dessous.

 

Le camp de base étant prêt, il est temps d’aller à la rencontre de ces charmantes bestioles et de les photographier. On tire quatre cartes Animal qui forment le marché dans lequel on va puiser à la fin de son tour. On ajoute deux cartes Score et trois cartes Objectif avec leur jeton points de victoire.

Une carte Animal c’est quoi ? Une grande illustration, la direction (gauche/droite) et la couleur des meeples dont on doit obligatoirement se servir, le nom et logo Espèce de l’animal et, parfois, une rose des vents offrant 1 point de victoire.

3 sites et 3 piles de photos.

 

Le jeu va demander à la fois anticipation et programmation pour ne pas perdre des actions. Cela ne sera pas toujours faisable par rapport aux cartes du marché, il faudra s’adapter et viser le plus rentable. Pour chaque carte posée, on déplace les meeple comme indiqué par les logos, le top étant de réunir ceux dont on aura besoin pour une future action. C’est encore mieux si le véhicule figurant sur la carte permet de descendre d’un cran le drapeau sur la piste d’exploration. Scientifique ok, véhicule ok, on reprend alors une carte au marché. La phase dite d’Observation est terminée, c’est au tour de l’équipe voisine. 

Il peut arriver qu’un scientifique soit éjecté du site d’observation (un déplacement de trop du même côté). On le place alors dans l’igloo. Il se réchauffe, il boit un grog. Pour le ramener sur site, on perdra un tour. On gagne en contrepartie 1 point par scientifique de retour. C’est la phase de Regroupement, elle permet également de défausser des cartes de sa main. Loin d’être une phase punitive, il faut néanmoins s’en servir au bon moment et à bon escient. On peut très bien effectuer un regroupement sans rapatrier aucun scientifique, simplement pour renouveler ses cartes, mais est-ce bien raisonnable ?

 

Pour le moment tout le monde bosse.

 

Tout au long de la partie, les cartes vont s’empiler au-dessus des trois sites d’observation. Si un de ces sites contient 7 cartes, c’est le dernier tour. Au cours des différentes parties que nous avons faites, nous avons tenté le rush ou la temporisation, il n’y a là aucune science exacte, puisque plusieurs façons de ramener des points existent selon les objectifs, les cartes Score et le tableau de décompte final.

Objectifs

Il y a trois objectifs disponibles concernant les animaux, les véhicules et les scientifiques. Ils rapportent chacun 5 points. Seule contrainte, on a un tour pour le valider lorsqu’un scientifique se positionne dessus. Les Score sont importants et, comme leur nom l’indique, donnent des bonus de points à la fin (2 points par scientifique sur un même site/5 points pour 3 animaux d’une même espèce sur une même ligne…). Le décompte additionne la somme donnée pour chaque groupe d’une même espèce sur un même site (ce qui peut coller parfois avec un objectif).

 

Décompte animalier

 

Refroidi ou prêt à partir ?

Malgré un enrobage apaisant, Borealis, répétons le, est un casse-tête. Il faut assembler les bons symboles (véhicule, espèce) pour marquer des points, gérer et temporiser ses déplacements pour éviter les temps morts ou au contraire, perdre un tour pour ralentir le déroulement de la partie (7 cartes dans un site d’observation et c’est fini), s’occuper des objectifs, récupérer des scientifiques fatigués et recharger sa main. Le thème est accessoire, avec les mouvements des meeple, on aurait pu imaginer un jeu sur la danse. It’s Madison time ! Un pas sur la gauche, un vers la droite… mais, on l’a vu avec Tango ou Grace, ce n’est pas un univers spécialement vendeur. Mieux vaut être transporté par de belles illustrations animalières sur les étendues blanches et neigeuses.

Si quatre illustrateurs, illustratrices sont crédités, les dessins sont disparates, allant d’une certaine vérité à des images choupi, voire amusantes et sur lesquelles plane l’ombre de l’IA. Ce n’est pas préjudiciable mais une cohérence de style, sérieuse ou BD, aurait apporté une unité appréciable. 

Niveau mécanique, c’est fluide, plus sur le terrain que dans notre petite tête. Il faut mentaliser deux, voire trois tours à venir pour être efficace, Borealis est un jeu de programmation. Ce n’est pas toujours évident car il faut posséder les bonnes cartes, et que les bonnes cartes apparaissent au marché (on peut perdre un point pour renouveler le marché). Le coup idéal de coller au bon déplacement, au bon véhicule et à l’objectif ne se manifeste pas si souvent, il faut choisir au mieux. Tout comme il faut choisir de perdre un tour pour se regrouper et renouveler sa main si besoin.

 

Borealis, à l’image souriante de sa couverture est un jeu gentil, il faut vraiment en vouloir pour se retrouver bloquer ou effectuer des actions nulles (animal qui n’amène rien et éjecte un meeple par exemple). Cet univers de glace est plutôt chaleureux. On ne peut pas toujours réaliser une phase d’observation parfaite mais on peut jongler aisément entre gérer le déplacement de ses meeple et/ou descendre sur la piste d’exploration et/ou avancer vers l’objectif. Il faut équilibrer ses gains en fonction du décompte final mais aussi des autres équipes. Car si le jeu est assez dans son coin, il parvient à créer de l’interaction sur la course aux objectifs. Ici, ce n’est pas premier arrivé, premier servi, mais premier arrivé et pression sur les autres joueurs. Le premier qui réclame le contrat demandé remporte un jeton 5 PV, les autres ont jusqu’à la fin de la manche pour valider ce même objectif. Le contrat est ensuite retiré du jeu. 5 points, c’est un bonus qu’il ne faut pas négliger, même s’il y a d’autres moyens de grimper dans les scores.

 

6 points dans la poche.

Borealis est un jeu tranquille. La course des objectifs l’empêche de tomber dans le solo multi joueurs même si l’interaction n’est pas au cœur du jeu. On essaie d’accorder ses prises de photos avec les contraintes et cela suffit à se poser des questions. Tranquille mais pas gnan gnan, l’optimisation est loin d’être anodine. Cette expédition trouve le bon compromis pour des parties plaisantes et réfléchies, le tout servit par un matériel agréable à regarder et manipuler.

 

Le titre de cet article fait référence à ce morceau  qu’on vous conseille d’écouter, et aussi de regarder le nom de ses membres…

 

***

Depuis sa création en juin 2014, Ludovox a à cœur la pertinence et l’intégrité des contenus proposés par une rédaction indépendante et l’établissement d’une charte que vous pouvez retrouver ici. Cet article a été écrit avec boîte ne provenant pas d’une copie presse. Si vous aimez notre travail, n’oubliez pas de nous soutenir sur Tipeee

 

LUDOVOX est un site indépendant !

Vous pouvez nous soutenir en faisant un don sur :

Et également en cliquant sur le lien de nos partenaires pour faire vos achats :

Laisser un commentaire