Akropolis – Ne sortez plus sans votre Panthéon

Le succès d’Akropolis, sorti en 2022, n’est plus à discuter aujourd’hui. Pour celles et ceux qui auraient raté la vague, un petit Ludochrono ne vous fera pas de mal. En 2024, Jules Messaud a placé la barre encore plus haut avec son extension Athena. D’aucuns vous diront qu’il n’est plus possible aujourd’hui de sortir le jeu sans inclure cette dernière. Alors forcément, lorsque la nouvelle extension Panthéon pointe son nez, l’attente du public est grande. Cette petite boîte transformant le jeu en version coopérative est-elle à la hauteur ? On vous répond tout de suite !

 

Les nouveautés : capitale, autels et objectifs

À l’intérieur de la boîte, vous trouverez de nouvelles tuiles de départ ainsi qu’une vingtaine de tuiles objectif avec leurs petits meeples Autel associés.

 

 

Chaque joueur dispose d’une tuile de départ pour construire sa propre cité, comme dans le jeu de base, mais celle-ci aura une importance moindre. Au milieu de la table, on placera la capitale avec les tuiles de départ restantes. Chacun leur tour, les joueurs pourront placer leurs tuiles soit chez eux soit sur la capitale, mais au prix d’une pierre (c’est cher !). En fin de partie, les points seront comptabilisés uniquement sur la capitale. Elle représente donc l’enjeu coopératif central.

Alors me direz-vous, à quoi servent les cités individuelles ? Sur ces dernières seulement et nulle part ailleurs, les objectifs aléatoires pourront être validés par les joueurs. Valider un objectif permet de poser un meeple Autel sur une des places de la capitale. Comprenez que seules les places avec un Autel placé dessus compteront pour la totalisation des points finaux. Pour rappel, les places sont les quartiers marqués d’une étoile et qui servent de multiplicateur.

 

Quand je valide un objectif d’une couleur, une place de la capitale de la même couleur pourra être comptabilisée dans le décompte final des points

 

Le nombre de tuiles que l’on va affecter sur sa cité devra être savamment économisé afin de ne pas priver la capitale de points. Cela implique aussi qu’il faudra le plus possible laisser les places en priorité pour la capitale, afin de pouvoir placer plus tard un meeple dessus et ainsi multiplier les points, même si la tuile en elle-même permet d’avancer sur un objectif.

Enfin, les petits cubes de pierre auront aussi leur importance. Non seulement ils sont le seul moyen d’accéder à la capitale, mais ils permettront aussi de changer une tuile Objectif, ou même d’ajouter un emplacement supplémentaire (au prix de 5 cubes tout de même).

Les enjeux de validation d’objectifs sur les cités individuelles, de scoring sur la capitale et de gestion de la pierre sont étroitement et intelligemment liés, ce qui créée des dilemmes intéressants tout le long de la partie.

 

 

Il faudra également jongler avec l’ordre d’arrivée des éléments et leurs couleurs. Parfois vous piocherez des places trop tôt ou trop tard, ou bien des objectifs aux couleurs qui ne correspondent pas à celles de vos places, etc. Vos chances de succès vont donc dépendre de votre capacité à temporiser avec vos tuiles. Par exemple, en attendant de pouvoir valider des objectifs, vous pourrez éventuellement prendre le temps de préparer un socle en sacrifiant quelques tuiles, afin de construire une structure plus concentrée et plus élancée en hauteur, donnant plus de points à la fin. Ce n’est qu’un exemple, mais vous avez l’idée.

 

Partie en solitaire

 

 Travailler plus pour scorer plus

Pour un néophyte, il parait clair que le jeu coopératif sera contre-intuitif ou trop chargé. Combiner d’un coup la problématique des quartiers & places d’Akropolis avec la gestion de la capitale et des objectifs de Pantheon risque de faire trop. Je l’ai d’ailleurs déjà expérimenté. L’extension s’adresse aux connaisseurs et amateurs du jeu et elles/ils seront très bien servis !

En effet, la boîte propose 3 cités à difficulté croissante, chacune donnant 3 objectifs de score final calibrés en fonction du nombre de joueurs. Les joueurs solitaires ne seront pas sans reste, car un barème de points est prévu pour eux. Lors de ma première partie, j’ai non sans peine accompli l’objectif facile de la première cité (Corinthe) ! On comprend vite qu’il y a une courbe de progression, notamment pour mieux optimiser l’équilibre entre les trois enjeux que je citais plus haut. Cette perspective motive à rejouer et à se perfectionner. Car vous l’aurez compris, atteindre le dernier niveau de la dernière cité demandera de l’expérience et de nombreuses tentatives, voire de l’acharnement !

 

 

Un défi coopératif à la hauteur

Panthéon ne se positionne pas comme une extension fun le temps d’une découverte, mais comme une véritable source de défis sur le long terme, que vous pourrez poncer pendant longtemps. Il invite tous les amoureux du jeu à revisiter leurs stratégies avec un nouveau gameplay, sans pour autant changer l’essence du jeu. Est ce pour autant plus compliqué que le jeu de base ? Non, car vous aurez la problématique du draft en moins, et pourrez demander conseil à vos coéquipiers. D’ailleurs, la dimension coopérative est réussie, car durant la partie on communique, on se répartit les tâches entre validation d’objectifs, acquisition de pierre et construction de la capitale. Les aficionados du jeu coopératif s’y retrouveront, car si les premiers niveaux sont accessibles, la suite est difficile et donne un vrai challenge.

 

 

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