When I dream : Je rêve de jeux qui seraient sublimes

Il y a quelques années, au détour du off de Cannes, une amie est venue me dire : « Hey, viens, là-bas ils jouent au prochain As d’Or ». Je suis allé voir et c’est ainsi que paf, j’ai vu pour la première fois Concept. Tout ça pour vous dire que la pote en question, elle a quand même un peu de flair. Quand elle me dit « Regarde, ça c’est le prochain As d’Or », et bien, je l’écoute. Je vais donc vous parler de sa prochaine intuition : When I dream.

À propos de ramage et de plumage.

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Non mais voilà, c’est chouette quoi

Je vous avais déjà parlé de ce jeu il y a quelques mois, sans pouvoir à l’époque vous montrer des photos. Et je vantais déjà les illustrations, sous-entendant au passage une grosse bêtise, à savoir qu’elles étaient du seul fait de Vincent Dutrait. Grossière erreur, car ce sont pas moins de 20 illustrateurs et illustratrices regroupé.e.s ici : (Comme j’en ai cité un, il ne serait pas poli d’oublier les autres) à savoir Gaël Lannurien, Cyrille Bertin, Nicolas Fructus, Frédéric Navez, Anne Heidsieck, Julien Delval, Jonathan Aucomte, Loïc Billiau, Cyril Nouvel, Eric Azagury, Sébastien Caiveau, Zong, Maëva Da Silva, Swal, Régis Torès, Asterman Studio, Christine Deschamps, Ismael Pommaz et Miguel Coimbra. Rien que ça. 

Il faut avouer que le travail est superbe et les cartes du jeu sublimes. On se croirait dans un Dixit ou un Mysterium (je fais pas mieux comme compliment quand on parle des illustrations d’un jeu).

Et c’est là que je dois aborder un aspect important de When I Dream : ces illustrations superbes et ultra-créatives, pleines d’idées et d’inspirations… C’est bien, mais elles n’ont, pour moi et les gens avec qui j’ai joué, pas vraiment de rôle à jouer dans le gameplay. On n’est pas dans un Dixit ou un Mysterium. Ici, elles ne vont ni aider, ni perdre les joueurs : on reste focalisé sur les mots. Certains joueurs pourront quand même essayer d’y puiser de l’inspiration, mais ceux qui ont essayé pendant mes parties ont laissé tomber car cela ne fonctionnait pas. Des cartes sans illustrations comme dans Codenames auraient finalement parfaitement faites l’affaire (voire auraient été plus ergonomiques pour que tout le monde puisse bien les lire), et le jeu aurait été le même. En plus, comme il y a une notion de « rapidité », on a bien peu de temps pour profiter des cartes. Dans Dixit ou Mysterium, on les a en main, on peut les regarder, les admirer, elles sont là pour ça. Ce n’est pas le cas ici, et c’en est presque frustrant pour moi.

On est donc avec ce When I Dream clairement sur une édition en mode Deluxe, avec un vrai effort mis sur l’immersion, ce qui est plutôt rare dans un party-game. Le reste du matériel ne vient pas démentir. Le lit est lui aussi un petit « plus » pour l’ergonomie, tout comme le plateau et l’oreiller, mais on pourrait largement jouer sans. C’est donc un choix important qui est fait ici par Repos, à savoir de vraiment mettre le paquet sur l’édition et le look du jeu. Pour autant, cette édition ne me semble pas être à un prix exorbitant (il est un petit poil plus cher qu’un Codenames), mais c’est à chacun d’en juger. Reste qu’il ne faut pas s’y tromper : les illustrations ne sont pas au cœur du jeu comme on aurait pu s’y attendre.

Bon, mais de quoi il s’agit alors ?

Alors oui, le jeu quand même. À chaque tour, un des joueurs sera le Rêveur, et il lui faudra deviner des mots selon les indices que lui donneront les autres joueurs. Il mettra un bandeau sur ses yeux et aura le temps d’un sablier pour trouver un maximum de mots. Chaque autre joueur, à tour de rôle, lui donne un indice, et quand le Rêveur pense avoir trouvé, il fait une proposition, et on passe au mot suivant, sans qu’il sache s’il a répondu correctement ou non. Il aura un point par mot correctement deviné.

À la fin du tour, le Rêveur raconte son rêve : il décrit une petite histoire dans laquelle il doit placer (de mémoire) chacun des mots qu’il a trouvés. S’il y parvient, paf, 2 points de plus.

Facile ? Oui mais j’ai oublié un détail : les autres joueurs ne seront pas tous de son côté. Des rôles sont attribués secrètement. Les « Fées » seront ses alliées et essaieront de lui faire deviner correctement chaque mot. Elles marquent elles-aussi un point par carte trouvée par lui. Mais il y a aussi les « Croques-Mitaines », qui eux, marquent un point chaque fois que le Rêveur se trompe. Et là voilà, ça complique tout de suite les choses. D’autant que les « Marchands de Sables », les troisièmes larrons, eux, marquent des points si les cartes bien et mal devinées sont en même nombre. Et bien sûr, on change secrètement de rôle à chaque manche ! Tout de suite plus corsé là, non ?

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Nos trois équipes

Rêve ou Cauchemar ?

Je dois dire que je passe de très bon moments quand je joue à When I Dream. Moi qui suis plutôt sensible aux jolies éditions, le matériel me fait bien plaisir. Mais au delà de ça, le jeu est assez sympathique. Le fait de changer de rôle à chaque manche le rend ainsi plus varié.

C’est peut-être en tant que Fée que le jeu est le moins intéressant : donner des indices pour faire deviner des mots… Bon on a déjà fait ça des dizaines fois depuis le Taboo. C’est toujours sympa mais bon. En revanche, lorsqu’on est Croque-Mitaines ou Marchand de Sable, là c’est une autre histoire ! On pourrait croire que ces deux rôles sont très faciles, parce que induire en erreur le Rêveur est aisé. Pas du tout : en effet, si le Rêveur nous identifie trop vite comme n’étant pas de son côté, il nous écoutera plus, tout simplement. Il va donc falloir être subtil, ruser, et donner des indices pour faire trouver un mot proche, mais différent, car le Rêveur n’a qu’une seule proposition. Par exemple, s’il doit deviner « Crabe » et a déjà entendu « Crustacé » et « Pince », rajoutez un petit « Zodiaque » pour le faire partir sur « Cancer ». Hop, ni vu, ni vu. Et quand ça marche, c’est particulièrement jouissif, je peux vous le dire (je suis fourbe non ?). Côté Marchand de Sable, il va falloir également jongler entre les camps pour maintenir l’équilibre. Cela rajoute encore un petit challenge pour ne pas se tromper d’objectif à chaque mot et bien aider celui qu’il faut.

Côté Rêveur, il y a plusieurs choses à faire : l’une d’elle va consister à essayer de débusquer les Croques-Mitaines pour les empêcher de nous nuire trop. Il faudra se concentrer sur les mots qu’on nous annonce pour tomber juste, trier le bon grain de l’ivraie, et enfin bien tout mémoriser pour pouvoir restituer le rêve. Vous vous en doutez, voilà une gymnastique mentale non aisée et on a vite fait de se perdre ! Et c’est là que le jeu est malin. Reste que Rêveur n’est pas mon rôle préféré, mais vous aviez compris que cette place était occupée par celui du Croque-Mitaine, gniark…

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C’est quand même du beau matos !

 

Au final, je ne suis pas sûr d’aller au delà de « sympathique » pour qualifier le jeu. Certes, il est accessible à tous, très facile à expliquer/appréhender, superbement édité et on passe un bon moment. Seulement, il arrive après des jeux comme Codenames et Concept, que je trouve proches dans les sensations de jeu : on utilise des indices pour faire deviner des choses. Il a quand même pour lui le petit plus du rôle de croque-mitaine que j’aime personnellement beaucoup (mais qui est assez dificile à jouer pour certains joueurs). Du coup, ayant déjà Concept dans ma ludothèque, je ne suis pas certain d’y rajouter When I Dream. Maintenant, je pense que cela reste un jeu qui saura sans aucun problème trouver son public, et que je vous recommande très chaudement d’essayer. À chaque fois que je le propose, les joueurs sont conquis. Le serez-vous aussi ?

 

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1 Commentaire

  1. morlockbob 27/12/2017
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    Pas accroché et je suis arrivé à la même conclusion… il arrive un peu trop tard

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