Shadows Amsterdam : Je suis l’ombre de ton chien

Libellud fait indubitablement montre d’un vrai savoir-faire dans les jeux d’ambiance à base de communication et de déduction avec des images. Pour preuve, la 8e extension de Dixit fête les 10 ans du jeu qui se porte bien (merci pour lui), Mysterium dans un genre entièrement coopératif a cartonné et connait lui aussi des extensions (deux sont disponibles). Dans la même veine, ce Shadows Amsterdam – sélectionné aux As d’or – propose quant à lui un nouveau défi, puisque nous allons jouer en équipe et en temps réel. 

À vos marques ! Prêts ! C’est parti !

 

À plus de cent à l’heure sur ma vespa dans les rues d’Amsterdam

Amsterdam.
Un crime a été commis, mais l’enquête policière piétine.
Un mystérieux client appelle votre agence pour résoudre l’affaire, mais vos concurrents sont sur les dents et pourraient vous damer le pion.
Votre agent de liaison est resté au QG et vous envoie des informations que vous allez décoder pour trouver les 3 indices et les remettre à votre client avant l’autre équipe.
Attention aux policiers qui n’apprécient pas trop que l’on marche sur leurs plate-bandes…

 

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Nous composons le plateau représentant la ville d’Amsterdam avec les tuiles richement illustrées et désignons deux joueurs qui seront les agents de liaison pour chaque équipe. 
Cachés derrière leur paravent, ils devront indiquer la route à leurs coéquipiers en suivant secrètement la carte plan qu’ils possèdent :

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Chaque agent de liaison à la même carte avec de légères différences

Chaque agent de liaison va indiquer le chemin aux membres de son équipe, et pour ce faire il va utiliser une carte indice parmi les 10 présentées devant lui : elle devra évoquer quelque chose qui va faire sens pour ses coéquipiers. Ceux-ci se mettront d’accord et déplaceront leur pion sur la zone choisie sur le plateau.

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À gauche, le « H » est la case du plateau que je tente de faire deviner, à droite le « pilote » est la carte indice que je joue. Avec cette image je pense que je devrais arriver à me faire comprendre par mes coéquipiers, non ?

Attention, comme dans Mysterium, l’agent de liaison caché derrière son paravent ne peut rien dire (et soupirer, ça ne compte pas, même si des fois c’est le sentiment qui domine !). Si les joueurs ont trouvé un indice, il dépose le marqueur idoine sur la case et la partie continue.

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Chaque équipe fait de même simultanément puisqu’on est en temps réel.

Si l’agent veut avancer plus vite, il peut pointer deux cartes pour indiquer que la petite figurine Vespa de nos détectives va se déplacer de deux cases. C’est un risque à prendre, mais des fois nécessaire pour couper l’herbe sous le pied des adversaires. Quand vous indiquez deux cartes, vous devez les pointer précisément en même temps (en deux temps ça serait trop facile). Aux autres de se dépatouiller avec ça pour comprendre quel endroit cela pointe sur le plateau. 

 

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Course à tombeaux ouvert

Les cartes plans des agents sont presque identiques (on prend la carte du même numéro au début de la partie), en fait nous avons des zones à notre couleur, mais aussi quelques zones qui sont aux deux couleurs et seule l’équipe la plus rapide pourra en profiter pour placer son indice. Cela crée une interaction forte qui accentue vraiment le côté course. Que c’est rageant quand l’équipe adverse trouve avant vous l’indice commun, alors que vous étiez juste à côté…!

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Police signalée sur votre trajet !

Si votre équipe tombe sur une case marquée d’une croix, vous venez de rencontrer la police, entrave aux forces de l’ordre qu’ils disent, qu’on ne vous y reprenne plus, circulez circulez ! Quoi qu’il en soit au bout de 3 erreurs c’est le game over et de fait, l’autre équipe gagne la partie par KO. La police vous met à l’ombre ^^.

 

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Ce Libellud est une vraie course trépidante, la première équipe à avoir trouvé les 3 indices (et revenue vers le commanditaire) remporte la partie, à moins que l’autre équipe n’aille à la faute avec la police. Il faut interpréter les images sans perdre de temps, ce qui change fondamentalement le ressenti par rapport aux précédents opus qui jouaient déjà sur des principes assez similaires. 

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Si je joue l’image de droite, vous ferez le lien avec l’image de gauche ? Cette rue mal famée, véritable coupe-gorge où ces loubards semblent préparer un mauvais coup. Les ombres, la luminosité tout semble raccord !

Bilan : Mystnames

On pourrait dire que Shadows Amsterdam est un mix’ entre Codenames pour le jeu en équipe et Mysterium pour l’interprétation d’images, mais sous amphétamines. Autant Mysterium fut à mon sens salué par la critique de façon méritée, autant il ne m’avait pas séduit plus que ça à titre personnel (parties trop longues, je m’y ennuie pas mal). Shadows Amsterdam va à 100 à l’heure, et n’autorise pas les temps morts. Voyez le comme un joyeux bazar, le temps réel fait que l’on n’a pas le temps de s’ennuyer, ni de se plonger dans une réflexion introspective à la Dixit. Il a toutefois le même défaut que Mysterium : on peut avoir la sensation de proposer des images qui ne sont pas vraiment corrélées avec la carte du jeu (parfois on va jouer sur les teintes…). Le fait d’interpréter reste un élément très dépendant des joueurs et certaines personnes peuvent se sentir sortir du jeu. En fait, comme tous les jeux du genre, l’expérience dépend beaucoup de vos coéquipiers : nous avons eu des parties où l’on faisait chou blanc, et d’autres où l’on connectait super bien. Bien sûr, si vous êtes allergique aux jeux de rapidité, ce n’est en revanche pas vraiment le jeu à proposer.

Les cases « police » apportent un élément fun bien trouvé, un peu comme la carte assassin dans Codenames. Elles obligent à temporiser, à reprendre son souffle, parfois permettent aussi à l’autre équipe de reprendre le dessus.

Là où le bât blesse, c’est la robustesse du matériel : c’est le genre de jeux où il va être mis à rude épreuve, on n’a pas le temps de ranger les cartes on les jette dans un coin une fois que l’on n’en a plus besoin, etc. Malheureusement elles sont un peu fines, les éléments du décor idem.

Un autre point qui peut questionner : la rejouabilité. Pour composer notre ville, nous allons placer 6 districts sur les 7 que comporte le jeu. Alors oui les 7 districts sont recto verso, mais on n’empêchera pas des joueurs de réutiliser les mêmes images pour faire les mêmes liens…

 

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Libellud a choisi de faire appel au studio M81 pour illustrer toutes les images, on imagine qu’ils ont supervisé tout cela de très près. Ils ont choisi des animaux anthropomorphes et le résultat fait clairement penser au film Zootopia. C’est d’ailleurs ce que m’ont dit les enfants quand ils ont vu la boîte. C’est un choix pertinent, car ça reste un jeu tout à fait familial. Les plus jeunes peuvent se créer des histoires et feront leurs propres cheminements de pensée.

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Au passage, toujours au sujet des illustrations, je ne suis jamais allé à Amsterdam, j’imaginais donc que c’était une version tout à fait fictive de la ville que l’on nous présentait, mais que nenni ! Des amis venant d’y passer leur week-end nous ont dit que c’était plutôt fidèle, et en effet en regardant de plus près, on peut déceler des éléments comme des supporters de l’Ajax Amsterdam, le fameux port de la chanson de Brel, un magasin de tulipes, les moulins, un château… Si vous cherchez un peu vous allez même trouver quelques easters eggs culturels, (ah le dude !).

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Cela ne vous évoque pas un célèbre film avec Jack Nicholson ?

 

Il y a fort à parier – si le succès est au rendez-vous, ce qui semble bien le cas ! – que le concept soit décliné avec d’autres villes, voire d’autres univers… Pourquoi pas une thématique plus dark ? Gniark ! 

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Bref, Shadows Amsterdam est un jeu familial de déduction/ interprétation par équipe qui peut être joué avec presque n’importe qui, même des enfants. De plus, il existe une application qui peut être utilisée pour jouer à 2 joueurs dans un mode coopératif et un timer entre 3 et 10 mn, ça fonctionne, mais ce n’est plus du tout le même jeu puisque c’est alors purement coopératif.
Quoi qu’il en soit, que vous ayez aimé ses grands frères ou non (Codenames, Mysterium…) il mérite qu’on s’y attarde car les sensations sont vraiment différentes. Rendez-vous à Cannes pour savoir s’il remporte l’As d’or. 

 

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2 Commentaires

  1. Photo du profil de Grovast
    Grovast 24/01/2019
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    Pas autant convaincu que ça de mon côté.

    J’ai trouvé le jeu laborieux, et/car pas mal d’aspects me gênent : l’impossibilité de savoir si on a bien interprété ou non, l’incapacité à suivre la partie de l’autre équipe, l’éventualité d’une victoire peu satisfaisante sur 3 fautes adverses, la difficulté de refaire le match après la fin.

    Dommage car l’introduction du temps réel est un bel essai.

     

    • Photo du profil de atom
      atom 24/01/2019
      Répondre

      Je suis d’accord avec ce que tu dis, mais bizarrement ça fonctionne super bien. La premiére partie que l’on a faite a été lente et on a mis un peu de temps à se lâcher, mais ensuite c’est parti sur les chapeaux de roues. C’est vrai que c’est plus compliqué de faire un debriefing que sur Decrypto par exemple, mais ça se fait. En plus comme c’est en temps réel la petite pause qui fait du bien ou l’on relâche la pression est appréciable. l’élément « police » ne m’a pas dérangé, il est la pour mettre du piment et c’est ce qui se passe.  Quand on gagne parce que l’autre s’est planté, c’est aussi parce que le joueur « agent de liaison a subi la pression ».

      Ce que je n’aimais pas dans Mystérium c’est le coté très lent du jeu, je trouvais ça pénible. ici une partie dure 20 -25 minutes et si on est motivé on fait une revanche. l’élément ou j’ai le plus de mal c’est la rejouabilité

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