Non ! Il ne se mange pas ! C’est un animal de compagnie. [Grumpf]

Grumpf, nous l’avions repéré pour vous à Paris est Ludique 2015, en faisant une interview de l’auteur, Pierre Compain, qui avait été récompensé pour son proto par le prix “famille” lors du festival.
Puis, nous avons réalisé une seconde interview au PEL 2016, quand le jeu avait trouvé un foyer en signant chez La boite de Jeu (l’éditeur de Outlive et 10’ to Kill).

Rappel des règles du jeu

 

Chaque joueur contrôle les membres d’un clan de « Grumpfs » symbolisés par des jetons avec des valeurs différentes de chaque côté. Les joueurs jouent simultanément et le plus vite possible pour poser leurs jetons Grumpfs sur les scènes de chasse (6 plateaux) où des animaux peuvent être capturés.

Chaque zone de chasse demande aux Grumpfs de répondre à certaines conditions (force totale entre 10 et 20, nombre minimum de chasseurs…) obligeant ainsi les joueurs à coopérer, mais seuls les clans les plus forts remportent la chasse.

La partie se déroule en 4 manches, à l’issue desquelles le joueur ayant attrapé la plus grande variété d’animaux est déclaré vainqueur. Chacun a aussi quelques Grumpfs capables d’assommer les adversaires (cela a pour effet de sortir ces derniers du décompte).


 

Lorsque nous avons reçu la boîte de jeu (haha) finale dernièrement, on a eu un peu l’impression de croiser une vieille connaissance dont on est curieux de prendre des nouvelles. Depuis PEL 2015 et 2016, Grumpf a grandi, mûri, il est devenu beau gosse grâce aux jolis coups de pinceaux de Pauline Detraz.

 

Détail d'un plateau de chasse

Détail d’un plateau de chasse


La promesse de départ est bien respectée : c’est un jeu familial, aux règles qui se lisent vite et bien, avec un temps de partie de 15 minutes durant lequel on ne s’ennuie pas. Le temps de placer les différents animaux sur les plateaux et le scoring peuvent être un peu longs, pour les plus pressés (stressés ?) d’entre vous. Mais ensuite, tout se joue simultanément, et en 4e vitesse, s’il vous plaît ! Eh oui, la pagaille est un véritable enjeu ici : elle représente le désordre de la baston et pousse les joueurs à la faute. Impossible d’avoir un oeil partout, il y a 6 plateaux de chasse et tout le monde s’agite dans tous les sens, envoyant ses petits Grumpfs chasser des animaux, ou plus drôle encore, assommer d’autres Grumpfs. Mais qu’on ne s’y trompe pas, sous ces faux-airs de real time game bordélique, Grumpf cache des petits trésors de fourberie.

Les 6 plateaux de chasse

Les 6 plateaux de chasse

 

Attention jeu méchant !

On essaie de prendre les autres de court, on met nos petites massues de côté pour assommer au dernier moment ceux qui se croient arrivés, on fonce comme des fous pour remplir “the” tableau de chasse qui-va-bien et vite mettre un terme à la manche en envoyant l’ancien dans sa cabane.

Et puis, on souffle et on fait le point.

 

« Quoi, sérieux, tu m’as assommé ici, mais pourquoi ? Ça te sert à rien tu as déjà tous les animaux de ce type-là !   

— Je sais pas. Comme ça, tu les as pas toi.

— Mais pourquoi je me suis foutu là moi ? Y a même pas d’animaux sur ce plateau.

— Ha mais noooon, fallait faire plus de 20 et on est à 19 ! Tu vois Régis, t’aurais du venir avec nous, là à cause de toi, personne ne gagne rien !

— Héhé, moi je m’en fous, j’ai récupéré tous les moustiques !

— C’est des abeilles.

— Ouais ben c’est pareil. Mais bon, en fait ça me sert à rien, j’en ai déjà plein. »

 

Oui, on a bien affaire à un jeu de rapidité où il faut foncer dans le tas, mais intelligemment. Attention d’ailleurs pour les nuls en calcul mental, il va falloir évaluer les forces des petits Grumpfs en temps réel. Un plateau de chasse nécessite par exemple que la force totale soit comprise entre 10 et 20 (inclus). Quand quelqu’un pose un 4, un autre assomme le 3 déjà présent, et que vous rajoutez 2 et 5… est-ce que ça passe ? Dans la panique, vous pourriez mal juger. Mais l’erreur fait partie du jeu. On se goure et c’est ça qui est drôle. Au pire, les plus mauvais en arithmétique développeront des stratégies à base de coups de massue pour compenser. Les bras ou la tête, comme dans la vraie nature.  

 

Détail d'un autre plateau

Alors, on pêche ?

 

5 fruits et légumes 

En plus de ça, il ne s’agit pas juste de taper sur tout ce qui bouge. Comme je le mentionnais avec subtilité dans les dialogues criants de vérité ci-dessus, avoir juste une longue série de moustiques abeilles ne servira à rien au final. Ce qui compte c’est la biodiversité monsieur, manger équilibré, tous les médias vous le rabâchent à longueur de temps alors ne faites pas les étonnés.

 

En effet, quand on compte les points en fin de partie, seules les séries de 5 animaux différents seront vraiment rentables. Un animal tout seul ne vaut rien, deux animaux différents valent un petit point. Trois valent deux points. À partir de 4, ça devient un peu plus payant, puisqu’ils valent 4. Mais si on a la série complète de 5 animaux différents, c’est champagne, on a carrément un point bonus, youhou !

Les séries d'animaux

Les séries d’animaux

 

Et là où ça se corse, c’est qu’aucune espèce d’animal n’est évidemment présente en même quantité. S’il y a 14 abeilles, on a que 5 mammouths dans le jeu. Bref, autant tout le monde pourra faire du miel, autant la cape à la Jon Snow* en peau de mammouth, y aura clairement pénurie et ça sera uniquement pour les plus valeureux.

*ou un tapis Ikea

 

Vous le comprenez entre les lignes car vous êtes un lecteur éminemment subtil, empêcher les autres de pouvoir compléter leur série représente le summum de la perfidie. Heureusement il y a un plateau de chasse un peu différent où la tuile “sorcier” vous attend (enfin, si vous le méritez). Elle permettra de doubler n’importe quel jeton déjà possédé, pour aider une série à se compléter.

 

Back to the trees !

Back to the trees !

 

Bref !

Côté édition, on a là quelque chose de très agréable et de bien pensé. Les jetons joker pour aider le plus jeune ou celui qui débute, les plateaux double face avec d’autres effets pour la rejouabilité, les petites cabanes en 3D (là où on se rue pour clôturer la manche) bien solides… Bref, ce jeu de majorité avec ses petits plateaux fait un peu penser à un Medieval Academy sous amphét. Et en fait, croyez-le ou non, il y a carrément une place dans ma ludo pour un jeu comme ça, facile à sortir, drôle à jouer, mi-speedy mi-fourbe, et qui se paie le luxe d’avoir un thème sympa donnant envie de revoir les Croods. Tout ça pour environ 20€, rien à redire. Se lassera-t-on d’aller chasser au bout d’un moment ? Seul l’avenir nous le dira, en attendant, voilà un fort joli petit jeu familial de rentrée.

 

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La fiche de jeu Grumpf

Un jeu de Pierre Compain
Illustré par Pauline Detraz
Edité par La Boite De Jeu
Distribué par Blackrock Editions
Pays d’origine : France
Langue et traductions : Français
Date de sortie : 08-09-2017
De 2 à 6 joueurs 
A partir de 8 ans 
Durée moyenne d’une partie : 15 minutes 

 

« -Non ! Il ne se mange pas ! C’est un animal de compagnie.
-Qu’est-ce que c’est ?
-Vous savez, un animal qu’on ne mange pas …
-Ah ! Nous on appelle ça les enfants ! »        – Les Croods

 

 

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