Happy Meeple – Un monde joyeux

Parent pauvre de la critique et des avis utilisateurs, les plate-formes permettant de jouer en ligne aux jeux de société (dans une version numérique adaptée) gagnent pourtant en présence dans le paysage ludique. Si elles constituent encore une tendance émergente, c’est sans aucun doute une tendance de fond.

Alors que ces plate-formes commencent à se multiplier et à se diversifier, Ludovox choisit aujourd’hui de vous présenter l’une d’entre elles, un outsider qui gagne à être connu : Happy Meeple.

 

Le billet de Maître Capelludovici

À force d’utiliser le mot « meeple » on en viendrait à oublier son étymologie, pour autant qu’on l’ait jamais connue !

meeple« Meeple », c’est à l’origine la contraction de « my » et « people ». En d’autres termes : « mes gens », « mes employés », « mon peuple », « mes créatures », « ma famille »…

Dans notre usage courant de joueurs c’est devenu plus simplement « mes petits bonshommes » (ou « mes petits pions »), un usage qui fait surtout écho aux premières de ces traductions.

Mais cela revient à perdre une partie de la richesse sémantique liées aux dernières traductions proposées ci-dessus. Or, de façon assez intéressante, il se trouve que « Happy Meeple » le bien nommé ne perd pas une miette de toute cette richesse sémantique.

Nous allons y revenir…

 

Alors Happy Meeple, c’est quoi ?

Happy Meeple est un Petit Poucet dans le jeune monde des plate-formes de jeu de société en ligne. Œuvre d’un compatriote Français (Cocorico !), ce site est encore peu connu malgré des atouts certains et un positionnement assez original. Et comme à Ludovox on est des dénicheurs de talents dans l’âme et qu’on aime bien sortir du mainstream pour offrir « un autre regard »… eh bien regardons tout ça d’un peu plus près !

 

Un positionnement risqué mais why not

Depuis quelques années les jeux de société ont connu un boom spectaculaire : leur démocratisation est allée de pair avec leur diversification. Y en a pour tous les goûts.

geek

Troisième sexe

Cependant, de là à dire qu’ils sont devenus l’activité de loisir n°1 de la population… on est évidemment loin du compte. La pratique des jeux de société revient en force et c’est très bien, mais demeure minoritaire. Et même sans statistiques à l’appui, si on se penche sur la minorité de pratiquants intensifs (c’est-à-dire nous : ceux qui fréquentons Ludovox, les salons, les boutiques spécialisées, etc.) reconnaissons que nous avons plus ou moins un profil type, un profil un peu geek (voire beaucoup !).

Or Happy Meeple fait grosso modo le pari de miser… sur les autres. Sur ceux qui justement ne sont pas trop geeks mais un peu quand même, sur les pratiquants occasionnels, les néophytes mais pas complètement quand même, bref sur une population intermédiaire entre le grand public et les joueurs aguerris.

Si les joueurs de jeux de société constituent au départ une minorité dans la population générale, Happy Meeple s’adresse à un sous-ensemble encore plus spécifique d’entre eux : une minorité d’une minorité… ce qui fait pas grand monde au final.

Cet audacieux positionnement de niche explique le peu de notoriété du site, mais sa communauté de joueurs, bien que petite, grossit petit à petit (en moyenne 40 comptes utilisateurs créés par jour), et force est de constater qu’il y a des raisons à cela…

 

Une page d’accueil stratégique 1/3 : le design

Dès la page d’accueil on remarque l’accroche : « Bienvenue dans le monde des jeux de société modernes ! »

You know what ? I’m happy !

You know what ? I’m happy !

 

Le mot « bienvenue » est bien sûr une formule d’accueil générale qui vaut pour tout le monde, mais elle s’adresse particulièrement au cœur de cible, les visiteurs qui sont attirés par les jeux de société et connaissent un peu mais sans plus, et que Happy Meeple se propose précisément de convertir en gamers accomplis.

Et quand on veut attirer un public encore un peu hésitant et pas très sûr d’où il s’engage, une technique de vente redoutable est de miser sur la simplicité et le dépouillement. Ce qui semble compliqué et foisonnant effraie ; ce qui semble simple et dépouillé rassure. Les acteurs majeurs de la techno-culture d’aujourd’hui ne s’y sont pas trompés : Google et Apple doivent leur succès planétaire à cette technique de marketing imparable.

Une disposition façon WordPress qui évoque plutôt le monde de la publication en ligne ou des blogs…

Une disposition façon WordPress qui évoque plutôt le monde de la publication en ligne ou des blogs…

À noter d’ailleurs la variante sournoise de Google (également en usage sur Le Bon Coin) : ça a l’air non seulement simple mais même un peu maladroit. On dirait que ça a été codé par un lycéen dans sa chambre, le design est un peu mal léché (tout le contraire d’Apple pour le coup), ce qui invite inconsciemment à une certaine bienveillance amusée.

C’est pourquoi certains d’entre nous pourraient sourire d’être accueillis « dans le monde des jeux de société modernes » alors même que la page d’accueil a un petit côté has been qui fleure bon le site perso réalisé avec un CMS gratuit en ligne.

Mais Happy Meeple (vous reconnaissez la rime avec Google ou Apple ?) se veut « happy », c’est-à-dire décontracté et proche de nous, à notre portée de gamer débutant. C’est pourquoi dans sa forme la page d’accueil, quoiqu’elle aurait pu être conçue de mille manières différentes éventuellement tout aussi efficaces, se met indéniablement au service des objectifs du site.

 

Une page d’accueil stratégique 2/3 : des jeux !

Alors qu’y trouve-t-on d’autre, sur cette page d’accueil ?

Je passe rapidement sur les petits meeples rigolos tout souriants et colorés qui ont l’air de nous dire « Viendez les copains, on s’amuse super bien ici ! 🙂 », on a déjà compris l’idée.

« Reiner Knizia » serait-il le nom d’une mine d’émeraudes en Colombie... ?

Vous avez dit « joyau » ? « Reiner Knizia » serait-il le nom d’une mine d’émeraudes en Colombie… ?

Sur la partie gauche, on trouve l’intégralité du catalogue des jeux proposés (il n’y en a pas trop donc ça reste de taille raisonnable et donne une bonne vue d’ensemble). Pour chaque jeu un logo, une image et une courte phrase d’accroche. Plusieurs d’entre elles mentionnent « Reiner Knizia ». Il s’agit du nom d’un célèbre auteur allemand de jeux de société, mais encore faut-il le savoir, et à priori pas ce n’est le cas du public visé par Happy Meeple. Par conséquent les mots « Reiner Knizia » parachutés sans sous-titrage pourraient bien faire aux néophytes l’effet d’une incantation bizarroïde sortie tout droit des aventures d’Harry Potter.

Mieux vu, l’un des jeux est mis en avant façon « tête de gondole » avec une animation d’images de plus grande taille, ce qui donne une meilleure idée du « contenu de la boîte » et de l’atmosphère.

Ah oké, je vois mieux à quoi peut ressembler le jeu.

Ah oké, je vois mieux à quoi peut ressembler le jeu…

 

Une page d’accueil stratégique 3/3 : des messages

La partie droite de l’écran enchaîne des slogans qui permettent d’asséner en quelques lignes les messages clés concernant l’offre du site.

Dita Von Tease

Dita Von « Tease »

On attaque fort : pour commencer le site nous promet rien de moins que jouer au meilleur du meilleur du jeu de société d’aujourd’hui. Ça devrait être plutôt alléchant pour nous les wannabe gamers hésitants encore traumatisés par des souvenirs enfantins d’interminables parties de Monopoly ou d’humiliations publiques au Trivial Pursuit.

En plus c’est gratuit, c’est rapide, c’est simple et ça m’engage à rien ? Ouf, on aurait pu hésiter à se lancer sinon.

Vu qu’on est sur le site en français, pas sûr qu’on s’intéresse beaucoup de savoir qu’il existe une version allemande (peut-on y croiser Reiner Knizia ?) mais on peut toujours saluer l’aspect international de la plate-forme. Les petits drapeaux sont sans doute plutôt là à l’attention des visiteurs plus avertis, pour leur suggérer qu’ils pourront affronter des adversaires internationaux, ce qui est toujours assez cool.

Par curiosité on a cliqué sur le drapeau turc et le résultat fait mal aux yeux : la traduction est plus que partielle et la moitié des textes est en anglais (de ci de là on a même des bons petits mix de « turglish »).

Les slogans « Fixez vos propres objectifs » et « Bâtissez votre monde » sont particulièrement attractifs et s’adressent à toutes les catégories de joueurs. Ils suggèrent que le site ne permet pas « que » de jouer en ligne mais possède une réelle diversité de modes d’utilisation et pourra offrir une expérience renouvelée dans le temps. Très bon point ! On est intrigué et on a envie d’en savoir plus… Un petit texte situé au dessous développe certains de ces éléments pour compléter la présentation. 

Plein de petits liens tout caca pas beaux

Plein de petits liens tout caca pas beaux

Enfin, si on est courageux et on peut faire défiler la page jusqu’à très… très… très… très bas. Et au moment où on approche les confins de l’Australie on finit par découvrir un bas de page reculé qui arbore des dizaines de liens. Il n’y a que du texte et c’est assez moche (pour le coup ça pue le CMS à plein nez). Seuls les visiteurs déterminés qui cherchent quelque chose de très précis ou qui veulent le plan complet du site y trouveront leur compte. Les autres regretteront d’avoir scrollé si bas et remonterons vite fait.

Pour résumer, une page d’accueil pas exempte de défauts, mais des défauts objectivement assez mineurs et dont les principaux sont un flou occasionnel dans le niveau de lecture (certains messages orientés « joueurs débutants » côtoient bizarrement d’autres messages orientés « joueurs expérimentés » ; en même temps, il en faut pour tout le monde) et ce look un peu « old school »… mais peut-être délibérément voulu par l’auteur. Au rang des bonnes choses : une interface très lisible et dont la sobriété rime davantage avec simplicité qu’avec austérité, une vue d’ensemble du catalogue des jeux et des teasers efficaces.

Y a plus qu’à rentrer dans le vif du sujet…

 

Les jeux

Happy Meeple n’aligne pas un nombre énorme de jeux au compteurs, moins d’une dizaine à ce jour. Si on compare à Game Board Arena avec ses presque 100 jeux, on comprend tout de suite qu’on ne joue pas dans la même cour.

 Mais la quantité n’est pas tout et le positionnement très spécifique du site mise sur des critères qualitatifs précis :

  • Mettre le paquet sur la pédagogie grâce à des tutoriels bien conçus allant de pair avec des jeux dont les règles sont assez simples de base, ce qui garantit une « mise en jeu » rapide.
  • Concentrer l’offre sur quelques jeux seulement, mais les plus addictifs possible (jeux déjà best sellers dans leur version IRL et/ou œuvres de grands noms du jeu de société… enfin… quand je dis « grands noms » au pluriel euh… Reiner Knizia, quoi ! ;-))
  • Des jeux rapides (10 minutes en moyenne) qui évitent le syndrome des parties interminables (on connaît tous les joueurs qui mettent 3 plombes à réfléchir, quittent leur écran pour aller faire la grosse commission ou jouent intentionnellement juste avant la fin du temps imparti pour contrer les joueurs suivants).
  • Des jeux mêlant à la fois hasard et technique, ce qui permet un certain équilibrage entre les joueurs aguerris et très tactiques, et les joueurs débutants ou moins cérébraux.
  • Uniquement des jeux à deux, ce qui permet de s’offrir des petits duels Man vs. Machine contre l’une des intelligences artificielles du système.
  • Les ayants droit des jeux originaux sont impliqués dans la démarche et tous les copyrights sont respectés, gage de sérieux et de qualité.

 

Nota bene : tous les jeux actuellement proposés se déroulent en temps réel. Les deux joueurs doivent être présents en même temps devant leur écran. 

 

Et je remets le son

Le jeu d’origine

Le jeu d’origine

Comme l’objet de ce dossier n’est pas de passer en revue l’intégralité des jeux proposés par le site, attardons-nous simplement sur un exemple : Migrato.

Oui je sais, j’ai choisi pile poil l’un des jeux dont l’auteur n’est justement pas une célébrité d’Outre-Rhin dont le nom rapporterait des points au Scrabble. Mais comme on n’a pas le droit aux noms propres au Scrabble c’est pas grave.

Migrato est un jeu à vocation écologiste, éco-conçu en France, ce qui cadre parfaitement en ces temps récents de COP21. Il est centré sur le thème des oiseaux migrateurs et a été réalisé avec une volonté de précision scientifique et de pédagogie grâce à l’aide de la Ligue pour la Protection des Oiseaux.

Au moment d’en réaliser l’adaptation numérique Happy Meeple aurait pu trahir cet esprit. Bien au contraire il le prolonge et le fait accéder à une dimension inédite grâce au multimédia. L’esthétique nature, épurée et sereine du jeu est préservée et mise en valeur par une bande son qui nous fait voyager avec les oies sauvages : vent, pépiements d’oiseaux et crissements d’insectes, orages, échos lointains de la vie au ras du sol… C’est simple, on a l’impression de sentir les gouttes d’eau glisser sur notre plumage tandis qu’on survole la campagne. L’immersion est magique, on pourrait se contenter de fermer les yeux et d’écouter… C’est là le travail d’un authentique preneur de sons professionnel spécialisé dans les bruits de la nature ; les battements d’ailes et cris des oiseaux entendus sont véritablement ceux des espèces migrateuses du jeu. De la belle ouvrage… 

Un portage numérique soigné et respectueux

Un portage numérique soigné et respectueux

 

Si les autres jeux du catalogue Happy Meeple ne se prêtent pas forcément à un tel travail d’orfèvre en raison de thématiques plus fantaisie, on y reste néanmoins plongé dans une ambiance sonore immersive. Les musiques de fond tiennent clairement leur rang. En écoutant la musique de Sibéria on réajuste frileusement son gilet autour de ses épaules, et celle de Lost Cities nous fait patauger dans un lit de rivière tropicale au milieu une jungle étouffante, tous les sens aux aguets.

 

Mais on joue contre qui ?

  • picto_femmeDes femmes !

Happy Meeple s’adresse à des personnes curieuses de voir ce que peut donner un jeu de société « en ligne » et qui souhaitent avant tout passer le temps de façon agréable. D’où l’effort sur la pédagogie, une interface simple et pas trop m’as-tu-vu, des images colorées des musiques sympas… Et cet effort sur la simplicité et la déco a un résultat surprenant : les femmes constituent un tiers des membres du site et carrément la moitié des donateurs ayant contribué à son financement ! On n’est pas à une parité hommes/femmes 50/50 mais c’est très honorable quand même.

 

  • picto_alienDes étrangers !

Le site étant multilingue (adjectif à prendre au pied de la lettre pour les Turcs, notamment  ;-)), on a l’opportunité de jouer avec des gens originaires d’un peu partout.

 

 

  • picto_david_goliathDes bons et des moins bons !

Même s’ils ne sont pas le public principal visé, on peut bien sûr trouver des joueurs aguerris. Si ce n’est pas votre cas et que cela vous arrive, pas de panique. En effet il existe un classement des joueurs qui permet de se faire une idée de la force de l’adversaire. En outre les adversaires sont rétribués équitablement en points de victoire en fonction de l’importance du challenge grâce à une pondération bien pensée. Vous gagnerez beaucoup de points en tant que joueur « faible » si vous battez un « fort », et peu de points si vous êtes un « player killer » (joueur fort se payant un faible rien que pour le plaisir). À vaincre sans péril on triomphe sans gloire !

 

  • hal9000Des robots !

Autre typologie d’adversaire digne d’être mentionnée : les bots. Sur certaines plate-formes en ligne il arrive qu’on ouvre des tables de jeu et qu’on attende en vain que des joueurs s’y connectent. Happy Meeple a résolu le problème en ne proposant que des jeux à deux (ça dure moins longtemps quand on n’attend qu’une seule personne) et en offrant la possibilité de jouer contre un robot lorsqu’il n’y a décidément pas d’adversaire disponible.

Pour chacun des jeux il existe 12 bots de niveaux différents, ce qui permet de jouer contre un adversaire synthétique de force équivalente à la sienne. L’auteur du site est en effet un ingénieur informatique spécialisé dans le développement d’intelligences artificielles et il a particulièrement soigné cet aspect de la plate-forme. Il a poussé le vice jusqu’à pourvoir ses bots non seulement de forces différentes mais même de styles de jeu différents ! Chapeau l’artiste…

Au passage on le soupçonne d’être un lecteur assidu d’Astérix ou Iznogoud car les petits noms de ses bots fleurent le calembour bon et le jeu de mots laid : Lechebot, Botox, Saboteur et j’en passe…

 

  • picto_vipDes VIP !

Eh oui, on se mesure même à des VIP sur Happy Meeple ! Vu que le site est essentiellement l’œuvre personnelle du créateur d’IA dont je parlais ci-dessus, celui-ci est très impliqué dans la vie de son bébé. Dès lors il n’est pas rare de le croiser et de se mesurer à lui.

Il est Français, très sympa et accessible, et s’intéresse beaucoup au ressenti et aux suggestions des joueurs. C’est pour les usagers l’occasion de s’impliquer et de contribuer à rendre le site encore meilleur et plus attractif. Et je ne vous apprendrai rien en vous disant que c’est toujours très gratifiant pour les joueurs de faire entendre leur voix et d’être entendus : c’est le credo (et l’étymologie) de Ludovox !

Hormis le créateur du site, on pourra à l’occasion jouer avec un distributeur voire avec un créateur de l’un des jeux adapté sur Happy Meeple, curieux de voir ce que donne la version numérique de son œuvre.

On le savait, c’est un petit monde que celui des jeux de société. Il nous offre fréquemment l’occasion de jeter un œil du côté des coulisses et de rencontrer ceux qui participent à cette industrie créative, souvent des gens sympas, accessibles et qui sont avant tout des joueurs tout comme nous. Malgré l’obstacle du virtuel et de l’écran, Happy Meeple reste fidèle à cet esprit et nous offre des opportunités de ne pas être de simples consommateurs passifs.

 

My people : mon peuple, ma famille

world

Home sweet home

En introduction nous parlions des diverses traductions de « meeple »/« my people ».

« Mon peuple » est l’une d’elles et nous emmène vers une dimension quelque peu démiurgique : comme dans SimCity le joueur va pouvoir créer au fil du temps un village avec château, auberge, marché, grenier… Ce monde virtuel, une sorte de jeu dans le jeu, permet d’engranger des bonus qui augmentent les possibilités de jeu. En effet pour jouer sur Happy Meeple il faut consommer du crédit (de la « nourriture ») et on pourra jouer d’autant plus souvent et plus longtemps qu’on aura de greniers pour stocker les vivres dans son monde virtuel.

Autre traduction possible de « my people » : ma famille. On fera ici référence aux fenêtres de chat très présentes qui encouragent les joueurs à discuter et à constituer une petite communauté en ligne, une petite famille virtuelle… Happy Meeple ne s’adresse pas préférentiellement à des gamers acharnés mais plutôt à des personnes venues passer un bon moment. Papoter avec d’autres joueurs s’inscrit tout à fait dans cet esprit et participe à la bonne ambiance générale.

 

Gravir les échelons, gagner des thunes

Au fur et à mesure du temps passé sur le site, on acquiert de l’expérience. Celle-ci se matérialise par un petit meeple de couleur qui va du blanc (nouvel arrivant) au noir (vieux routier du site) en passant par tout un tas de nuances intermédiaires.

C’est un peu comme les ceintures au judo, sauf que ce n’est qu’à partir de la ceinture noire euh pardon, du meeple noir qu’on voit apparaître un système de « dan » qui reflète réellement le niveau du joueur et non plus seulement son ancienneté. Eh oui, les premiers meeples la jouent en mode fonctionnaire !

Le « dan » est représenté par un dé situé sur le ventre du meeple noir, et la valeur du dé reflète la valeur du dan. Un joueur au top possède donc un meeple noir 6ème dan, c’est-à-dire avec un D6 sur le ventre.

La fierté des meeples

La fierté des meeples

 

Un Hall Of Fame permet de connaître les meilleurs joueurs avec un classement par points.

En parallèle de la progression matérialisée par le meeple ou le classement par points, il existe tout un système de récompenses sous forme de pièces d’or gagnées

  • Lorsqu’on grimpe dans l’échelle des meeples
  • Lorsqu’on enchaîne les victoires contre des bots
  • Lorsqu’on enchaîne les victoires tout court
  • Lorsqu’on bat son propre record
  • Lorsqu’on coopte un nouveau joueur
  • Lorsqu’on partage un lien vers Happy Meeple
  • Lorsqu’on achète des pièces d’or en ligne avec des vrais sous

 

Les pièces d’or n’influent pas sur la progression du meeple ou le classement mais permettent d’étendre son monde virtuel, acheter des greniers, construire des routes, etc.

 

Mes objectifs

Pour finir, tout comme MacDo Happy Meeple offre la possibilité de venir comme on est, avec son propre style de jeu et ses propres objectifs. La façon de faire n’est pas unique et on peut s’attarder à sa guise sur tel ou tel aspect de l’expérience offerte par le site : 

  • Se mesurer aux IA et accrocher les uns après les autres tous les bots à son tableau de chasse.
  • Devenir un meeple sensei 6ème dan sur chaque jeu.
  • Être au sommet du classement par points des joueurs.
  • Accumuler des pièces d’or façon Onc’Picsou pour être le plus riche de Canardville.
  • Se bâtir un univers virtuel de folaïe pour augmenter ses options de jeu ou juste pour le fun.
  • Prendre un bon bain chaud moussant et fermer les yeux en écoutant la bande son de Migrato. 😉
  • Se faire des amis en ligne et taper la discute.
  • Juste passer du bon temps en jouant sur le site.
  • Etc.
Un classement pour les écraser tous

Un classement pour les écraser tous

 

Lors d’une prochaine évolution du site, l’auteur prévoit d’ajouter un mode de jeu supplémentaire en intégrant la notion de quête quotidienne, genre « gagner x parties de tel jeu aujourd’hui » ou « battre 3 humains aujourd’hui », ou « jouer 2 parties en ligne de Siberia Card », etc.

 

Conclusion

Happy Meeple n’est pas une révolution absolue du jeu de société en ligne. Ce serait plutôt une collection de plein de bonnes idées rassemblées en un lieu unique. En fait, on a le sentiment qu’au départ il y a derrière tout ça un joueur qui, ne trouvant pas dans l’offre déjà disponible le site dont il rêvait, a tout simplement décidé de l’inventer, en espérant que d’autres partageraient ses centres d’intérêts personnels.

Cela positionne naturellement Happy Meeple sur une niche, mais le site y gagne au passage une personnalité originale, qui va de pair avec un respect des auteurs et des joueurs, une vocation à l’accompagnement des joueurs débutants et un amour du travail bien fait.

Tout ça à la fois, nous on dit : pas mal du tout ! Alors longue vie à Happy Meeple ! 🙂

11 Commentaires

  1. Photo du profil de Grovast
    Grovast 17/02/2016
    Répondre

    Intéressant, ce positionnement (et cette chronique)

    J’aurais eu tendance à dire que les joueurs en ligne sont les plus geeks des geeks, mais à bien y réfléchir, pas forcément en effet.

    • Nicolas Guibert 17/02/2016
      Répondre

      Je pense aussi que ce sont les plus mordus qui jouent en ligne sur les sites tels que BGA ou BàJ.

  2. Photo du profil de morlockbob
    morlockbob 17/02/2016
    Répondre

    Je dois être un peu à la ramasse je vous ai confondu avec super meeple !!!

    l attrait basique ne me pose pas pb, c est évidement le choix qui va pousser à aller vers x ou y. Généralement on aime y retrouver un jeu qu on apprécie beaucoup. C est plutôt bien fait et je m en vais essayer migrato au plus vite.

    merci d avoir éclairé notre lanterne..

     

  3. Nicolas Guibert 17/02/2016
    Répondre

    Bonjour à tous,

    Tout d’abord un grand merci à Ludovox et à Inky pour ce long article. Cela fait très plaisir d’autant que, comme le dit l’article en préambule, le travail énorme réalisé par les développeurs de plateformes de jeux de société en ligne n’est quasiment jamais mis en valeur. Pourtant, il y a beaucoup à dire sur le sujet. J’invite au passage Ludovox à continuer la série en s’intéressant de près à Boargamearena ou Boîte à Jeux, deux projets d’envergure (et français bien entendu).

    Je reviendrai un peu plus tard sur le contenu de cet article (et en particulier la notion de niche de niche qui me chagrine un petit peu).

    Mais avant cela, je me permets, si cela est possible, de demander à Ludovox de bien vouloir rajouter un lien vers http://www.happymeeple.com/fr/. A moins que ma vue n’ait baissé, je ne vois pas de lien vers la plateforme. Cela est probablement un simple oubli.

    Une nouvelle fois, merci pour votre soutien !

    Nicolas.

  4. Nicolas Guibert 17/02/2016
    Répondre

    Je reviens un instant sur le positionnement d’Happy Meeple.

    J’ai toujours vu et je vois toujours Happy Meeple comme une startup qui apporte un nouveau produit sur le marché.

    La cible d’Happy Meeple est celle du casual gaming, autrement dit les joueurs qui jouent un peu à des jeux relativement simples (voire simplissimes) sur leur PC, leur tablette ou leur mobile. Ces joueurs ne se définissent pas comme des joueurs. Ils représentent beaucoup beaucoup de monde : les jeux casual les plus populaires sont joués par plus de cent millions de joueurs par mois.

    Bien entendu, Happy Meeple ne détrônera pas Candy Crush ou Angry birds, en premier lieu parce que ces jeux ne nécessitent aucun effort de la part des joueurs : les jeux qui fonctionnent n’ont pas besoin d’explication (ou alors 3 secondes et puis c’est tout).

    L’équation de la startup Happy Meeple est simple : réussir à simplifier au maximum l’accès aux jeux de société modernes tout en en gardant la substance.

    Je demeure tout aussi convaincu aujourd’hui qu’au lancement du site, qu’il y a de la place pour une plateforme de jeu de société accessible au grand public. Les jeux de société d’aujourd’hui ont des qualités que nous connaissons tous ici. Inutile d’en faire la liste. Et je ne vois pas d’argument valable pour qu’un jeu comme Lost Cities reste confiné au monde des joueurs de jeu de société.

    Le pari d’Happy Meeple est de parvenir à touver la bonne formule pour que cette belle idée fonctionne. Mais bien sûr, il y a une infinité de manières de mettre en oeuvre une idée alors rien n’est facile.

     

    • Photo du profil de Cormyr
      Cormyr 18/02/2016
      Répondre

      Le positionnement est clair. Mais si la cible est celle du casual gaming, ne faudrait-il pas viser Facebook ou les mobiles ? Les casual vont-il vraiment passer du temps sur un site dédié ?

      (pas de critique dans ma remarque, juste une interrogation sincère pour mieux comprendre le projet)

  5. Nicolas Guibert 18/02/2016
    Répondre

    Merci de ton intérêt Cormyr,

    J’avais prévu de lancer le projet sur Facebook au départ mais pour des raisons de droit, je n’ai pu le faire. Aujourd’hui, ce serait possible, je pense, moyennant quelques discussions. Mais cela s’ajoute à une to-do liste déjà impressionnante. Les couches s’empilent au fur et à mesure des mois, la plateforme progresse donc régulièrement. Mais parmi toutes les nouveautés, peu de choses ont vraiment changé la réponse du public, à part ces derniers mois (sans que je sache exactement ce qui a amélioré les choses, il y a un net progrès, il faudra bien que je comprenne ce qui a déclenché le progrès, peut-être est-ce juste une meilleure présence sur Google).

    Pour le mobile, le site était au début accessible en 2 formats, un format déployé et un format replié (taille de l’iPhone 3 à l’époque). Cela fonctionnait bien mais malheureusement cela compliquait nettement la programmation sans qu’il y ait bcp de joueurs sur mobile. J’ai donc décidé de ne plus m’embêter avec ce format. Cela fonctionne bien sur mobile bien sûr mais ça n’est pas optimal.  Je sais bien que c’est l’avenir ou plutôt que c’est déjà le présent 🙂 mais on ne peut pas tout faire (là encore). Et après tout, si le concept prenait sur web, il serait bien temps de démultiplier les efforts pour aller chercher tous les joueurs potentiels.

    Pour l’instant, je continue à chercher, à améliorer, à tester (cherchez A/B testing). Certains tests sont faciles à faire, d’autres remettent en cause la structure du site complètement et sont donc remis à plus tard, et encore à plus tard. 🙂

    Je ne crois pas aujourd’hui que le problème soit essentiellement celui de la découverte de la plateforme mais plutôt celui de la rétention des joueurs.

    Enfin pour faire venir des joueurs, il y a pas mal d’autres moyens que Facebook ou les apps pour mobile (qui ont une concurrence terrible d’ailleurs, il y  a tellement de morts dans le domaine, c’est effrayant).

    Je pense en premier à la viralité naturelle. Puisque nous proposons des jeux à 2, il est naturel pour les joueurs d’inviter leurs amis ou famille à participer aussi. Je pense aussi aussi soutien d’une communauté telle que celle des joueurs. C’est ce qu’on appelle le prosélytisme.

    Encore merci pour la question qui me permet d’en dire un peu plus sur ce projet. C’est loin d’être complet bien entendu mais cela répond un peu à ta question j’espère.

    Au plaisir.

     

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