Bad Beets – Bête rave

Bad Beets est un petit alien éditorial. Comment on en a entendu parler ? À la Gencon 2015, of course. On allait voir la dernière extension d’Ascension chez Stoneblade et hop, on nous pose une boîte de Bad Beets entre les mains. Aussi simple que ça.

Justin Gary, l’auteur du désormais célèbre Ascension, accouche cette fois-ci d’un jeu apéro de 5 minutes qui n’est pas sans rappeler Complot

Bad-beets-matos

Pas beaucoup de cartes, j’en ai profité pour les plastifier.

 

Le point import habituel : ce jeu n’existe pas encore en français… Et il est basé sur des cartes qui comportent du texte. Cependant, l’aide de jeu qui les récapitule toutes peut être francisée très facilement et donnée aux joueurs. Une fois cela fait, c’est bon, c’est accessible à tous ! (Et, au pire, les cartes sont très explicites, et indiquent le bon nombre de betteraves pour chaque action.)

 

Bête comme chou

Le but de Bad Beets sera de se débarrasser de toutes nos betteraves. Eh oui, nous sommes des enfants à la recherche du dessert, et le premier à avoir tout mangé sera récompensé d’une belle crème glacée. Autant dire que le repas des enfants va s’annoncer sauvage, parce que les bouts de chou, on le sait bien, n’aiment pas les betteraves et leur goût un peu terreux. Le premier à s’être débarrassé de toute son assiette va gagner (et perdre la faveur de sa fratrie et de ses potes de cantines au moins jusqu’à la prochaine récré).

Bad-beets-jeu-société-jetons

Des betteraves. Elles ont pas l’air trop méga chou ?

 

L’installation est fort simple : on donne une carte à chaque joueur, et deux au premier, ainsi que 8 jetons betterave à chacun. Et c’est parti.

À son tour, un joueur reçoit une carte du joueur précédent (ou, s’il est premier joueur, il commence avec deux cartes), puis choisit d’écarter une des deux cartes de sa main (celle qui passera au joueur suivant) avant de réaliser son action du tour.

Une action, c’est quoi, vous allez me dire ? Eh bien, on en a quatre types :

  • Manger une betterave (vous êtes un ange, mais votre réticence ne vous aide pas à finir votre assiette : cette action vous fera perdre une betterave, remise dans la réserve)
  • Nourrir le chien (Feed the dog : ce goulu de Sparky mange trois betteraves !)
  • Partager (Share : « parce que toi, t’aimes ça ! Non ? » Donnez 2 de vos betteraves à un adversaire.
  • Rapporter (Tattletale : si vous devinez avec exactitude la carte d’un joueur, vous lui donnez 4 betteraves. Bourrin.)

 

Bad-beets-jeu-société-actions

Oooouh yeah. Le cœur du jeu.

 

Vous pouvez réaliser n’importe laquelle de ces actions, que vous ayez la carte ou non (il n’y a pas de carte « manger une betterave »). Nourrir le chien, partager et rapporter sont des actions plus puissantes, mais si vous les effectuez, vous pouvez être plus vulnérable : on peut vous accuser de bluff. Dans ce cas, vous devez révéler votre carte. Si vous jouiez honnêtement et que vous avez la carte que vous prétendiez détenir, l’adversaire prend deux de vos betteraves et vous réalisez votre action. Sinon, vous échouez et vous prenez deux betteraves du rapporteur. De quoi faire basculer la partie !

Seules exceptions, les cartes orange ne peuvent être « prétendues » : il est obligatoire de les révéler pour activer leur effet. Même si elles sont ultra-puissantes, elles obligent à mentir à son tour… et il est risqué de se retrouver avec l’une d’entre elles au début de son tour.

Bad-beets-jeu-société-réactions

Les réactions. Enfantines au possibles, mais c’est le but !

 

Dès qu’un joueur révèle une carte (pour un effet orange, pour le bluff pour la carte bleue « rapporter »), il la remplace. Impossible, donc, de savoir ce qu’il a pioché, même si cela se mitige avec le temps, puisque les cartes sont en exemplaires limités.

L’information circule très vite, mais la partie se termine en un éclair. Trois tours de table suffiront en général au plus aguerri des joueurs pour se débarrasser des betteraves tant détestées. Des pions crème glacée permettront de rallonger la sauce, faisant office de points de victoire (en trois manches gagnantes). Sur la durée, on apprendra que partager est plus méchant, mais probablement moins risqué que Rapporter ou Nourrir le chien, car rapprochent moins de la victoire. De kingmaking acharné en décision arbitraire, tout le monde en a pour son compte, et on interagit beaucoup avec les autres.

Bad-beets-jeu-société-aide-jeu

Une aide de jeu géante qu’on pourrait franciser facilement. (pas de banane mesureuse, sorry)

Et donc… J’ai encore faim

Le jeu est rapide, plus qu’un Complot et bien plus qu’un Mascarade : on sait exactement où on va puisque les objectifs sont clairs – plus que dans les jeux sus-cités – mais, malgré l’ambiance frénétique instaurée par le jeu, il m’a manqué d’un petit quelque chose pour trouver Bad Beets excellent. Pourtant, les tables auxquelles je l’ai présenté ont aimé le bluff et bien réagi. Et avec un jeu de bluff, c’est toujours un peu délicat… Mon désamour (ou plutôt mon affection tiède) est peut-être dû à la trop grande légèreté de ce titre. C’est accessible, casual, familial, certes. Mais ça ne va pas plus loin. Dans nombre d’autres titres de cette longueur, on trouve un peu plus de profondeur et de bonheur ludique. Vraiment, c’est dommage, car entre le travail d’édition vraiment au top (illustrations, ergonomie, et systèmes fonctionnels voire très bons), le fait que le jeu marche bien, il n’y a que ce sentiment de trop grande légèreté pour ternir le plaisir qu’on trouve à cet opus. Mais je vous l’assure, ce n’est pas une corvée de patates / de betteraves que de le sortir…

Bad-beets-jeu-société-dilemme

Dilemme : que refiler à son voisin ? Si je lui file « share », carte objectivement plus stable que la 2e, il va probablement la garder. Mais Tattletale (rapporter), ça permet de capitaliser sur ce genre de comportement…

Bad Beets

Un jeu de Justin Gary
Edité par Stone Blade Entertainment
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue et traductions : Anglais
Date de sortie : 2015
De 2 à 5 joueurs
A partir de 8 ans
Durée moyenne d’une partie : 15 minutes

Laisser un commentaire